Fonds de la justice des capitouls
Un fonds exceptionnel
Des procès criminels de la justice des capitouls, seuls ont été conservés ceux entre 1670 et 1790. Leur classement récent a permis de mettre à disposition des chercheurs et des curieux la majeure partie de ces procédures.
De nombreuses études universitaires ont été lancées autour de ce fonds exceptionnel qui semble inépuisable par sa richesse et la variété des sujets qu’il permet d’aborder.

Les dossiers ci-dessous sont destinés à tous : étudiants, chercheurs, curieux, actifs, inactifs, passifs ou agités. Ils sont à télécharger, à lire et à relire sans modération.
Chacun de ces dossiers aborde une thématique quelquefois centrée sur un aspect de la justice, ou bien sur des aspects de la société d’Ancien Régime. Il est composé d’un article, puis du fac-similé intégral d’une procédure qui illustre cette thématique.
Les dossiers
Quarante-deux dossiers publiés entre janvier 2016 et mai 2022, classés par année de parution.
- Pis que pendre — n° 43, mai 2022. Sous l’Ancien Régime, les insultes liées aux peines de justice — « tu seras pendu », « visage de galérien » — forment un répertoire particulier. Quelquefois, la pique fait mouche : la personne visée a effectivement été punie, ou un parent a été pendu. Ces cas révèlent une mémoire vive de la justice, prête à ressurgir pour blesser et humilier, parfois plusieurs décennies plus tard. Télécharger le dossier (PDF)
- L’arme du crime, acte cinq — le fer et le feu — n° 42, juin 2019. Pour clore la série sur l’arme du crime : l’épée et le sabre, le fusil et le pistolet. L’épée toulousaine se brisait souvent ; le pistolet faisait faux-feu une fois sur deux. Une annexe liste les cas où ces armes ont fait leur office sans laisser de chance à leurs victimes. Télécharger le dossier (PDF)
- L’arme du crime, acte quatre — l’art de sabler — n° 41, mai 2019. L’anguille séchée farcie de sable, surnommée « anguillade », servait de matraque molle. Ceux qui en subissaient les coups « se faisaient sabler » : sans blessure visible, leurs lésions internes étaient souvent irréversibles. Télécharger le dossier (PDF)
- L’arme du crime, acte trois — l’âge du bois — n° 40, avril 2019. Le bâton et la canne se révèlent être les armes les plus courantes. La canne s’impose en ville, le bâton règne dans les faubourgs et la campagne. Souvent brandis comme menaces, cannes et bâtons suffisent parfois à faire trembler l’adversaire. Télécharger le dossier (PDF)
- L’arme du crime, acte second — martel en tête — n° 39, mars 2019. Dans les ateliers toulousains, le marteau frappe et façonne. Mais lorsque la colère gagne, il retrouve un lustre d’antan. Son lointain cousin, le maillet du jeu de mail, peut aussi se révéler un formidable instrument de terreur. Télécharger le dossier (PDF)
- L’arme du crime, acte premier — n° 38, février 2019. État sommaire des armes, outils, ustensiles et objets au service de la violence à la fin de l’Ancien Régime. Inclut un panorama des femmes « armées » qui s’équipent pour corriger une voisine ou tenir tête à un homme. Télécharger le dossier (PDF)
- Par le trou de la serrure — n° 37, janvier 2019. Les procédures criminelles révèlent un monde où les gestes des uns sont scrutés par les autres : espions aux portes, observateurs depuis les fenêtres ou à travers les fentes des cloisons. Un dossier sur la surveillance et le voyeurisme sous l’Ancien Régime. Télécharger le dossier (PDF)
- Premiers soins et derniers secours — n° 36, décembre 2018. Des âmes charitables improvisent des soins — fomentations à l’eau-de-vie, bandages de fortune — avant de transporter les blessés chez un chirurgien. Le rôle des femmes est souligné : plus réactives et habiles que les hommes dans ces moments d’urgence. Une annexe évoque les secours spirituels administrés aux mourants. Télécharger le dossier (PDF)
- Les pigeons de la discorde — n° 35, novembre 2018. Élevé pour sa chair, le pigeon est objet de convoitise et source de nuisances. Il sert aussi d’appât : sous l’Ancien Régime, qui saurait résister à un pigeon à la broche ? Les jeunes filles naïves s’y laissent prendre, pour se retrouver dans des situations scabreuses. Télécharger le dossier (PDF)
- Pris au corps : l’arrestation — n° 34, octobre 2018. Les techniques d’arrestation à Toulouse : qui arrête, comment on approche discrètement l’accusé, les moyens de l’appréhender et de le mener en prison. Les résistances du prisonnier et des badauds qui prennent parfois son parti, au péril du guet ou de l’huissier. Télécharger le dossier (PDF)
- La grande évasion — n° 33, septembre 2018. Une cinquantaine d’évasions des prisons de l’hôtel de ville : ruses, brusquerie, violence. Avec une simple cheville de fer, des brèches s’ouvrent dans les murs ; les couteaux-scie font céder planchers et plafonds ; les cordes de draps noués permettent de jouer les filles de l’air. L’année 1766, particulièrement faste pour les candidats à la liberté. Télécharger le dossier (PDF)
- Le cordonnier, la femme et son amant — n° 32, août 2018. Un épouillage sensuel mène à un premier baiser, puis à une fuite sur le canal royal avec le mobilier de la maison. Tel un fin limier, le mari retrouve la trace des fugueurs à Toulouse et les surprend au lit. Son épouse sera enfermée au quartier des femmes débauchées de l’hôpital de la Grave. Télécharger le dossier (PDF)
- Le mari vertueux et la souillon de cabaret — n° 31, juillet 2018. Une servante d’auberge engrossée accuse un commerçant de passage. Les capitouls, constatant que l’homme a voyagé sous un nom d’emprunt, ne doutent plus de sa culpabilité. Sa défense naïve et cocasse ne l’aidera guère. Télécharger le dossier (PDF)
- Autopsie d’un criminel — n° 30, juin 2018. Lorsque médecins et chirurgiens ont besoin d’un sujet pour leurs expériences ou leçons d’anatomie, quoi de plus indiqué que le corps d’un pendu ? Entre 1721 et 1786, ce catalogue des criminels au service de la science, suivi d’une évocation du body snatching et d’une vivisection manquée par des étudiants facétieux. Télécharger le dossier (PDF)
- In bed with… — n° 29, mai 2018. Le lit dans sa matérialité, ses composants et accessoires. Ses occupants multiples, la façon de s’habiller pour y aller. Les ébats joyeux et le long sommeil. Le lit de douleur du blessé ou du malade. Le lit-cachette pour l’objet incongru. Les lits toulousains sous l’Ancien Régime dans tous leurs états. Télécharger le dossier (PDF)
- Les charrettes de la mort — n° 28, avril 2018. Accidents causés par les véhicules roulants et les montures galopantes dans les rues étroites de Toulouse sous l’Ancien Régime. La ville est-elle si dangereuse qu’on voudrait l’imaginer ? Y a-t-il une réglementation ? Une annexe compare les traumatismes relevés par les chirurgiens sur les corps des victimes. Télécharger le dossier (PDF)
- Que recèlent donc ces poches ? — n° 27, mars 2018. Couteaux, lettres, pièces de monnaie, mouchoirs, bouts de ficelle… Le greffier inscrit scrupuleusement ce que la main de la justice exhume dans les poches des suspects, des morts, des vagabonds. Un exercice périlleux qui interroge l’individualité de personnes muettes à jamais. Télécharger le dossier (PDF)
- Sleeping rough ; à la dure — n° 26, février 2018. Dormir à la dure s’impose au pauvre, au vagabond, au fugueur, à l’ivrogne. Sous les arbres, dans les trous et les fossés, dans les paillers — nids à débauche surveillés. Une annexe présente un système de chauffage public aménagé certains hivers par les capitouls. Télécharger le dossier (PDF)
- Cabots, dogues, mâtins et bassets — n° 25, janvier 2018. À Toulouse au XVIIIe siècle, le chien est partout, il ignore les barrières sociales. Chiens battus, volés, trafiqués, utilisés pour les expériences médicales. Et la peur permanente de la rage. Une vie de chien que celle des cabots urbains ? Pas si sûr. Télécharger le dossier (PDF)
- Le grand soulagement — n° 24, décembre 2017. La matérialité des déjections dans la ville. Les coins de rues rendus glissants, le pot de chambre qui se déverse, les latrines privées et leurs vapeurs méphitiques lors de la vidange. Le périple se termine sur une note plus légère : le lavement, grande passion de la fin de l’Ancien Régime. Télécharger le dossier (PDF)
- Règlements de comptes à l’affachoir — n° 22, octobre 2017. Les bouchers, chevrotiers, égorgeurs de cochons et tripiers seraient-ils plus enclins à la violence dans les abattoirs qu’ailleurs ? Les belligérants préfèrent souvent les poings ou des instruments étonnants aux couteaux et hachoirs. L’affachoir se révèle finalement comme un lieu débordant de vie, de cris et de rires. Télécharger le dossier (PDF)
- L’homicide de soi-même — n° 21, septembre 2017. Le suicide est un crime atroce sous l’Ancien Régime : sacrilège et meurtre du sujet du roi. Pourtant les Toulousains semblent rarement jugés pour ce crime. Signe d’une complaisance de la justice des capitouls pour protéger l’honneur des familles ? Télécharger le dossier (PDF)
- Le trésor des quatre spectres — n° 20, août 2017. Dans le faubourg Saint-Michel, la veuve Bounemaison est perturbée par quatre spectres, gardiens supposés d’un fabuleux trésor. L’abbé Dupont prétend avoir été agressé par eux et s’en retourne « noir comme un charbon ». Une étonnante procédure criminelle de janvier 1738. Télécharger le dossier (PDF)
- Honey trap, le piège de l’amour — n° 19, juillet 2017. En août 1768, quatre étudiants irlandais et anglais arrivent chez Catherine Dubois pour goûter à des fruits qui leur furent défendus. D’une joute amoureuse déçue à une joute réelle, épée à la main, le tout se terminant par une passionnante joute entre avocats. Télécharger le dossier (PDF)
- Mignonne, allons voir si la rose — n° 18, juin 2017. Les fleurs dans les archives de la justice des capitouls : fleurs offertes à la belle, guirlandes accrochées, bouquets dans la rue. Un bretteur gardant jalousement son jasmin l’épée à la main, une jardinière désespérée devant ses plants d’œillets et de violettes enlevés. Télécharger le dossier (PDF)
- Couvrez cette marque que je ne saurais voir — n° 17, mai 2017. La flétrissure au fer rouge, synonyme d’infamie à vie. Mais certains condamnés arrivent à la supprimer en s’arrachant la peau, en la brûlant et la scarifiant. Les médecins appelés à contrôler les récidivistes potentiels sont souvent en proie au doute devant ces cicatrices illisibles. Télécharger le dossier (PDF)
- Votez pour moi ! — n° 16, avril 2017. Les élections des corporations de métiers, confréries et assemblées paroissiales sous l’Ancien Régime donnaient lieu à de véritables joutes verbales. Les procédures criminelles nous invitent à observer les manigances et à nous délecter des mots bien sentis. Un glossaire des insultes les plus en vue est proposé en annexe. Télécharger le dossier (PDF)
- Aux bigames : les quenouilles — n° 15, mars 2017. La bigamie, crime rare mais sévèrement puni : pendaison jusqu’au début du XVIIIe siècle, puis bannissement, voire galères. Avant toute peine, le bigame est exposé au public, affublé de quenouilles, attributs infamants signalant son statut à tous. Télécharger le dossier (PDF)
- Je vous écris mon amour éternel — n° 14, février 2017. Les fonds de justice recèlent des lettres enflammées, billets doux, petits poèmes et rendez-vous secrets. Lorsque la belle tombe enceinte, ces lettres tendrement conservées deviennent pièces à conviction, et le galant pourra difficilement nier ses serments d’amour éternel. Télécharger le dossier (PDF)
- Les fourches patibulaires — n° 13, janvier 2017. Les deux « salades » de Toulouse — Saint-Roch au sud, des Minimes au nord — étaient destinées à exposer les corps des suppliciés pour donner de la terreur aux méchants. Petit à petit les mentalités changèrent et elles furent démolies à la fin de l’Ancien Régime. Un dossier sur ces constructions, le devenir des corps exposés et les croyances liées à ces lieux. Télécharger le dossier (PDF)
- La comédie interrompue — n° 12, décembre 2016. Depuis 1737, le théâtre du Capitole est la salle officielle des spectacles. Les troubles rapportés dans les verbaux de justice révèlent un parterre bruyant : sifflets, huées, interruptions. En 1738, le jeune Pordéac trouve la mort en s’opposant à une arrestation. Frondes d’étudiants, querelles d’ego entre comédiens, scandales d’actrices. Télécharger le dossier (PDF)
- Au bonheur des chirurgiens — n° 11, novembre 2016. Depuis la simple bosse jusqu’à la plaie ouverte ou le cadavre à autopsier, plaignants et magistrats font appel au chirurgien. Ses interventions donnent lieu à un verbal ou à une relation d’expertise. Ce dossier s’intéresse aux compétences et aux limites de leur action dans les procédures criminelles. Télécharger le dossier (PDF)
- Haro sur la maquerelle ! — n° 10, octobre 2016. Les peines spécifiques aux maquerelles : la Gabio, cage immergée trois fois dans la Garonne, puis l’asinade, promenade infamante à califourchon sur une ânesse à travers la ville. Suivies souvent du pilori, de la fustigation, du bannissement ou de l’enfermement à l’hôpital de la Grave. Télécharger le dossier (PDF)
- Le temps des maquerelles — n° 9, septembre 2016. Depuis la suppression du bordel public en 1550, la prostitution toulousaine est devenue illégale. La justice des capitouls préfère poursuivre les maquerelles, qui incitent les filles à la débauche et perçoivent une part de leurs gains. Leur quotidien et leur commerce des corps révélés au fil des enquêtes et interrogatoires. Télécharger le dossier (PDF)
- Le devin Baron — n° 8, août 2016. En 1775, des bouteilles de vin disparaissent chez un particulier. Joseph Baron, un devin-sourcier octogénaire, est accusé d’avoir utilisé sa baguette pour retrouver les coupables. Les juges ont du mal à définir clairement le crime : en cette fin d’Ancien Régime, la divination n’est plus le méfait atroce qu’elle fut jadis. Télécharger le dossier (PDF)
- La rôtisserie du père Varennes — n° 7, juillet 2016. En janvier 1725, au marché de la place de la Pierre — actuelle place Esquirol —, un pâtissier-rôtisseur manque de se faire embrocher lors d’une altercation avec un jeune aristocrate armé d’une canne et de son épée. Une promenade au cœur de la ville, avec ses bruits, ses odeurs, de quoi tenter les papilles. Télécharger le dossier (PDF)
- … et tombent les perruques — n° 6, juin 2016. La perruque est omniprésente dans les procédures criminelles toulousaines. De celle qui tombe lors d’une rixe à celle qu’on moque car passée de mode. Le greffier des capitouls note les gestes, dépeint les ateliers des perruquiers et décrit parfois leurs outils devenus armes du crime. Télécharger le dossier (PDF)
- L’exécuteur dans ses œuvres — n° 5, mai 2016. Le bourreau, ou exécuteur de la haute justice, entre les XVIe et XVIIIe siècles : dans l’exercice de sa fonction officielle comme dans l’intimité de son foyer. La répulsion qu’il inspirait pouvait-elle aller de pair avec une intégration sociale certaine ? Une étonnante procédure de 1770 oppose l’exécuteur à son prédécesseur. Télécharger le dossier (PDF)
- L’exécution par effigie — n° 4, avril 2016. Lorsqu’un condamné à mort est absent, la justice procède à l’exécution de son tableau ou effigie, qui subit la peine à sa place. Pratique confirmée par l’Ordonnance criminelle d’août 1670. Un corpus d’une vingtaine de cas permet d’observer les circonstances, les sentences et le cérémonial de ces exécutions figuratives. Télécharger le dossier (PDF)
- Courent dans la campagne — n° 3, mars 2016. Dans le gardiage de Toulouse, brebis, bœufs, chiens, ânes, cochons, canards et oisons sont souvent les vrais contrevenants. La dépaissance sauvage, due à la négligence ou à la malice des pâtres, est à l’origine de nombreux conflits portés devant la justice des capitouls. Télécharger le dossier (PDF)
- La marque de l’infamie — n° 2, février 2016. La flétrissure ou marque au fer chaud sur la peau, réservée aux condamnés pour vol. La fleur de lys remplacée en 1724 par les lettres V pour voleur, W pour récidiviste et GAL pour condamné aux galères. Le flétri restera sa vie durant un perpétuel suspect, menacé du châtiment capital à la moindre récidive. Télécharger le dossier (PDF)
- Morne pierre, la pierre morne — n° 1, janvier 2016. Que faire d’un corps sans vie et sans identité trouvé dans un champ ou une ruelle ? La justice des capitouls avait recours à la pierre morne, bloc de pierre dans la cour de l’hôtel de ville où l’on déposait le corps pour exposition publique et identification. Durée d’exposition, précautions prises, questions sur la procédure d’identification. Télécharger le dossier (PDF)
Glossaire pour qualifier le crime
Les qualifications des délits et crimes proposées dans les inventaires sont celles en usage sous l’Ancien Régime, et en particulier à Toulouse. Certains termes nécessitent quelques explications.
A
Abstention (de la ville) — peine modérée enjoignant à une personne de quitter rapidement la ville, avec ou sans restriction de temps. À ne pas confondre avec le bannissement.
Affrontement — refus d’obéissance, insolence ou manque de respect envers un représentant de la justice ou tout autre officiel dans le cadre de ses fonctions.
Asinade — châtiment réservé aux maquerelles : parcours infamant à travers la ville, juchées à califourchon sur une ânesse, la tête tournée vers la queue de l’animal, coiffées d’un bonnet à grelot et plumes. Remplace la peine de la Gabio vers 1760.
Assassinat — guet-apens impliquant une préméditation et un effet de surprise. Peut s’accompagner d’insultes, de coups — voir Excès — et peut éventuellement mener à un meurtre.
Assesseur — officier de justice nommé par les capitouls pour les assister. Jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, souvent un ancien capitoul.
B
Bannissement — condamnation exécutée par l’exécuteur de la haute justice, chassant une personne de la ville ou du royaume pour une durée précise ou à vie. Souvent assortie du fouet et de la marque.
Brief intendit — questions préparées à l’avance, souvent très orientées à charge, à poser aux témoins voire à l’accusé.
C
Cage (Gabio) — châtiment anciennement réservé aux blasphémateurs puis aux maquerelles : le condamné est placé dans une cage et immergé brièvement par trois fois dans la Garonne. Remplacé par l’asinade au milieu du XVIIIe siècle.
Chaise (à porteur) — moyen régulièrement utilisé pour amener devant les juges une personne décrétée de prise de corps, préservant l’anonymat du suspect et le garantissant de l’infamie.
Chariot de la justice — charrette ou tombereau utilisé pour transporter le condamné, bien en vue du public, lors de son amende honorable ou jusqu’au lieu d’exécution.
Confrontations — après les récolements, l’accusé est mis en présence des témoins, dont les dépositions lui sont lues. Il peut les commenter, les rejeter ou y acquiescer.
Congé — certificat remis à un galérien ayant effectué sa peine. Marqué du GAL sur l’épaule droite, ce document lui permet de prouver qu’il n’est pas un évadé des galères.
D
Dizenier (dixainier) — personne responsable d’un îlot en ville ou d’un quartier dans le gardiage. Lien entre les capitouls et le public. Ses fonctions l’amènent à pacifier des conflits, dénoncer les suspects, organiser les secours lors d’incendies.
Décret d’ajournement personnel — ordre donné par les capitouls à un particulier, lui enjoignant de se présenter devant la justice dans les trois jours.
Décret de prise de corps — ordre donné par les capitouls pour l’arrestation d’un particulier afin de pouvoir l’interroger.
Démence — à la fin du XVIIIe siècle, les cas de folie apparaissent régulièrement dans les procédures. Les sujets sont interrogés et soumis à expertise ; s’ils sont reconnus atteints, ils sont envoyés au quartier des fous.
E
Effigie — tableau représentant un condamné absent. Par extension, l’exécution publique dudit condamné par le biais de ce tableau, suspendu à une potence.
Excès — coups, et blessures éventuelles, donnés avec le poing, le pied ou un instrument.
Excès réels — coups suivis de blessures évidentes et jugées sérieuses.
Excuses publiques — l’accusé condamné à cette peine devra prononcer des excuses devant le rapporteur du procès, le plaignant et un certain nombre de témoins.
Exécuteur de la haute justice — officier municipal, bourreau de la ville, également employé pour les exécutions ordonnées par d’autres cours de justice que celle des capitouls.
Expert — professionnel choisi par la justice et assermenté. Selon les besoins de la procédure : médecin, chirurgien, notaire, orfèvre, maçon, serrurier, sage-femme, pâtissier, jardinier… Son rapport écrit est appelé « relation ».
F
Factum — supplique adressée aux juges par l’accusé pour sa défense, ou par le plaignant pour ajouter aux charges. Vers la fin du XVIIIe siècle, souvent imprimé.
Fleur de lys — marque au fer rouge apposée sur l’épaule droite de certains condamnés. Après 1724, remplacée par les lettres GAL, V ou W.
Fourches patibulaires (Salade) — lieu d’exposition des corps des suppliciés. Deux Salades à Toulouse : l’une au nord, proche des Récollets, l’autre au sud, près des Minimes.
Fustigation — peine du fouet, précédant souvent le bannissement ou l’enfermement. Le condamné est fouetté publiquement « jusqu’à effusion de sang ».
G
GAL — depuis 1724, marque au fer rouge apposée sur l’épaule droite de ceux condamnés aux galères à temps ou à vie.
Galères — peine envoyant les condamnés ramer sur les galères royales. À partir de 1748, les galères deviennent surtout des chantiers navals, préfigurant les travaux forcés des bagnes.
Gardiage — troisième couronne de la ville, après la cité intra-muros et le faubourg. Le terme « banlieue » est aussi utilisé.
Géhenne (chambre de la) — salle au sein de l’hôtel de ville servant pour la torture. On y dépose aussi les corps des victimes avant leur inhumation.
Grossesse (dénonce de) — dénonce obligatoire faite par toute femme non mariée ou veuve de son état de grossesse. Permet aussi de poursuivre son séducteur et d’obtenir compensation, voire mariage.
Guet (famille du) — main-forte armée, composée de 40 soldats, sous le commandement d’un capitaine et aux ordres des capitouls.
H – I
Homicide de soi-même — suicide. Un procès accompagne toujours ce crime. Convaincu d’un tel acte, le corps sera traîné dans les rues sur une claie, puis jeté à la voirie, privé de sépulture.
Inquisition (cahier d’) — cahier où sont consignés les différents témoignages. Aussi appelé cahier d’information.
M
Miséricorde — nom donné aux prisons de l’hôtel de ville de Toulouse, correspondant à une des chambres des prisons.
Monitoire — texte publié par l’autorité ecclésiastique, incitant les témoins d’un crime particulier à venir déposer devant leur confesseur puis devant la justice.
Morne (pierre morne) — bloc de pierre à l’hôtel de ville où l’on déposait les corps d’inconnus afin de les exposer à la vue de tous pour permettre leur identification.
P – Q – R
Pignorer — saisir du bétail trouvé dans son champ ou son pré, puis le mettre sous séquestre chez un dizenier.
Provision — somme allouée au plaignant, victime d’un excès, pour pourvoir à ses soins en attendant le jugement définitif.
Quenouille — attribut infamant dont on affuble l’homme bigame lors de son amende honorable ou de son exposition au carcan.
Question — torture judiciaire, très encadrée et rarement ordonnée. Sert généralement à tenter d’obtenir des noms de complices.
Quartier de force — lieu d’enfermement des femmes malversantes et des maquerelles. Certains vagabonds y sont aussi envoyés. Un quartier spécial y accueille ceux atteints de démence.
Récolement — relecture faite aux témoins de leurs dépositions respectives, qu’ils doivent confirmer ou préciser.
Récuser — lors des confrontations, l’accusé peut rejeter un témoin et sa déposition s’il présente des arguments valables. Dans de rares cas, il peut récuser ses juges.
Relation — rapport et conclusions remis à la justice par tout expert assermenté par les capitouls.
Ronde (du guet) — patrouilles régulières, souvent nocturnes, faites par une escouade du guet dans la ville et les faubourgs.
S – V – W
Sellette — siège bas sur lequel s’asseyait l’accusé passible d’une peine afflictive lors de son dernier interrogatoire avant la sentence.
Satisfaction (verbal de) — pièce attestant que les excuses publiques ont bien été faites par la personne condamnée à cette peine, en présence du nombre de témoins requis.
V — depuis 1724, marque au fer rouge apposée sur l’épaule droite de ceux condamnés pour vol.
Verbal (du chirurgien) — rapport écrit par un chirurgien juré décrivant l’état d’un blessé, la nature de ses blessures, les causes probables et le temps estimé de guérison. À ne pas confondre avec une relation d’expertise.
Viol — terme utilisé dans les inventaires à la fois pour définir un viol et une tentative de viol restée infructueuse.
Voie de fait — poussade, bousculade, soufflet donné la main ouverte. Ce terme peut aussi être utilisé lorsqu’un plaignant reçoit le contenu d’un pot de chambre sur sa tête.
W — depuis 1724, marque au fer rouge apposée sur l’épaule droite des récidivistes à nouveau condamnés pour vol, qui ont le bonheur d’échapper à la corde.
Ressources complémentaires
- Criminocorpus : ressources en ligne sur l’histoire de la justice criminelle
- Meurtres à la carte : le crime à Toulouse, 1670-1790, sur Urban-Hist
- Clamor : sacs à procès du parlement de Toulouse
- Clio@Themis : revue en ligne
- Centre toulousain d’histoire du droit et des idées politiques
- Association française pour l’histoire de la justice
