Domaine de Candie

Présentation du domaine

Le domaine de Candie se situe au sud-ouest de Toulouse, dans le quartier de Saint-Simon, à proximité de l’aéroport de Francazal et du site industriel de Thibaud. Propriété de la Ville de Toulouse depuis 1976, la régie agricole y exploite les terres pour produire du vin et des céréales.

Outre son terroir, le domaine conserve des bâtiments dont l’origine remonte pour certains au Moyen Âge : un château, une chapelle et une ferme constituent un ensemble patrimonial remarquable, aujourd’hui objet d’un programme actif d’étude et de valorisation.

Château de Candie – façade Sud, Friquart et Krispin, 2010. Mairie de Toulouse, Direction du Patrimoine et Région Occitanie, IVC31555_20123101118NUCA.

Le château : huit siècles d’évolution architecturale

Construit à la fin du XIIIe siècle ou au début du XIVe siècle pour ses parties les plus anciennes, le château de Saint-Simon est un bâtiment massif entouré de douves sur deux de ses côtés. Longtemps considéré comme un château fort, les études d’archéologie du bâti menées par l’université Jean-Jaurès ont révélé qu’il s’agissait plutôt d’une demeure de plaisance, comme l’indiquent les larges baies géminées visibles dès l’origine.

La façade principale est éclairée à l’origine par six fenêtres jumelées. Le rez-de-chaussée est percé d’un portail en arc brisé orné d’un blason aujourd’hui disparu, et de petites ouvertures ressemblant à des archères. Une tour, plus haute qu’aujourd’hui, prend l’apparence d’un donjon. Ce vocabulaire militaire est toutefois contredit par la présence de grandes baies au premier étage, difficiles à défendre en cas d’attaque.

Le château se compose de deux bâtiments principaux : le corps principal pourvu d’une tour, ouvrant sur la façade sud, et un bâtiment de moindre importance sur la façade nord. Un corps de bâtiment supplémentaire est ajouté dans l’angle nord-est un peu plus tard au XIVe siècle.

À noter un système d’écoulement des eaux particulièrement élaboré : au-dessus des fenêtres, une série de trous d’évacuation, aussi appelés exutoires, est aménagée, avec à l’intérieur des briques formant des éperons dirigeant l’eau vers les orifices. Le mur se poursuivait au-dessus, masquant la toiture et renforçant l’aspect de forteresse.

Proposition de restitution des bâtiments d’origine, fin du XIIIe siècle, Gérardin et Foltran.
Château de Candie – détail d’une croisée du 1er étage, Peiré, 1992. Mairie de Toulouse, Direction du Patrimoine, IVR73_92310135X.

Les fenêtres médiévales sont remplacées par des croisées ornées de motifs floraux caractéristiques, encore visibles aujourd’hui. La volonté d’afficher les codes de l’architecture militaire perdure : à chaque angle de la façade sud, une échauguette (petite tour en surplomb) est ajoutée. L’échauguette sud-ouest a aujourd’hui disparu ; seuls quelques vestiges subsistent à l’intérieur.

Les modifications du XIXe siècle transforment le château pour l’adapter à sa fonction de l’époque : espace de stockage de matériel et de production agricoles. La façade nord, tournée vers le domaine, devient la façade principale : un grand portail y est percé, et la construction de l’échauguette nord-ouest renforce à la fois l’aspect militaire et la symétrie de cette nouvelle façade principale.

C’est vraisemblablement à cette même époque que la nef et le transept de l’ancienne église sont démolis, transformant l’édifice en chapelle privée, et que la tour est reconvertie en pigeonnier.

Château de Candie – façade Nord et Ouest, Peiré, 1992. Mairie de Toulouse, Direction du Patrimoine, IVR73_92310130V.

La chapelle, vestige de l’ancienne église paroissiale

Chapelle du domaine de Candie, Friquart et Krispin, 2010. Mairie de Toulouse, Direction du Patrimoine et Région Occitanie, IVC31555_20103101877NUCA.

La chapelle actuelle est ce qui reste de l’ancienne église paroissiale de Saint-Simon, abandonnée en 1777 après la construction de la nouvelle église sur le chemin de Basso-Cambo. Seul le chevet de l’édifice a survécu ; la nef et le transept ont été détruits, et un mur a fermé l’ensemble au milieu du XIXe siècle. La vue aérienne laisse encore percevoir au sol les traces des anciens murs disparus.

La chapelle conserve plusieurs éléments patrimoniaux remarquables.

Le bas-relief du XIVe siècle

Ce bas-relief représente Le Christ au tombeau dans la vision de saint Grégoire entre la Vierge et saint Jean l’Évangéliste. L’original est conservé au musée des Augustins depuis 1978 ; une copie est installée à l’emplacement qu’il occupait vraisemblablement depuis la construction du mur pignon au milieu du XIXe siècle.

Bas relief montrant le Christ au tombeau dans la vision de Saint-Grégoire, entre la Vierge et Saint-Jean l’Évangéliste, Martin. Mairie de Toulouse, Direction du Patrimoine, inv. 02_78-4-2.

La Piéta

Cette sculpture, qui se rapproche d’un type de Vierge de Pitié de la fin du XVe siècle répandu dans la région, était placée dans une niche au-dessus de l’autel jusqu’en 1978, date à laquelle elle rejoint les collections du musée des Augustins.

Statue représentant la Piéta, Marin. Mairie de Toulouse, Direction du Patrimoine, inv.05_78-4-1.

Les litres funéraires

On perçoit encore sur l’enduit extérieur les traces de deux bandes noires peintes, les litres funéraires, destinées à honorer un défunt. Postérieures à 1830, elles ont vraisemblablement été apposées à l’occasion du décès de Jean-Marie Théodore Élisabeth Candie en 1867.

Chapelle du domaine de Candie, Friquart et Krispin, 2010. Mairie de Toulouse, Direction du Patrimoine et Région Occitanie, IVC31555_20103101883NUCA.