Giscard, une manufacture dans la ville
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Ancien contremaître à la manufacture Virebent de Launaguet, Jean-Baptiste Giscard (1824-1906) obtient l’autorisation préfectorale le 31 mai 1858 pour établir sa propre usine au 25-27 avenue de la Colonne, dans le quartier de Terre-Cabade. Propice à la récolte d’une terre glaiseuse, le site s’étend sur 4 800 m². Simple tuilerie à ses débuts, la fabrique est rapidement réorientée par son fils Bernard Giscard (1851-1926) vers la production de mobilier religieux (statues, chaires, autels, chemins de croix).
Grâce à une diversité de matériaux (terre cuite, plâtre, carton romain, staff, stuc, pierre, bois), la manufacture permet à de nombreuses églises de se doter d’un riche mobilier. L’activité connaît son apogée au début du 20e siècle, employant jusqu’à 55 ouvriers dans les années 1920 et exportant ses créations dans toute la France et à l’étranger. Après la Première Guerre mondiale, l’entreprise élargit son catalogue en concevant des monuments aux morts, dont le premier modèle est commandé en 1919 par la paroisse de Pouvourville.
Henri Giscard (1895-1985), professeur aux Beaux-Arts de Toulouse, reprend la direction de 1926 à 1965 et apporte un nouveau souffle artistique en créant de nombreux modèles originaux.
À partir de 1955, le désintérêt progressif pour le mobilier religieux réduit considérablement l’effectif de la fabrique. En 1965, Joseph Giscard (1931-2005), dernier héritier de la dynastie, réoriente la production vers les objets décoratifs (cariatides, vases, ornements de jardin) en rachetant une partie des moules de la maison Virebent tout en perpétuant les savoir-faire traditionnels.
Afin de préserver cet héritage unique, Joseph Giscard lègue ce qui reste de la manufacture (500 m²) ainsi que l’ensemble de ses archives à la Ville de Toulouse.
Désireux de faire de l’atelier un lieu de transmission et de mémoire de l’art de la terre cuite, Joseph Giscard en aura ouvert les portes aux écoles et au grand public lors des Journées du Patrimoine jusqu’à la fin de sa vie.
