Novembre 2026

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Quelle courge !

Du fait de sa morphologie, la courge a longtemps été associée à une forme de stupidité. Non pas extérieurement, car sa forme peut varier de la rondeur de la citrouille, à la joufflue du potiron en passant par l’oblongue du butternut, mais bien intérieurement. Le plus ou moins large espace vide qui siège en son centre a servi d’analogie pour décrire les gens qui n’avaient pas grand-chose dans la tête. Si bien qu’être une courge aujourd’hui est un sort peu enviable, à part peut-être si on est un navet. Tout cela était plus amusant qu’effrayant et les seuls tressaillements d’horreur qu’elle pouvait susciter étaient gastronomiques lorsqu’on servait à table une soupe ou un velouté de potiron au goût doucereux et à la texture épaisse. Mes papilles en frissonnent encore.

La bascule a eu lieu avec l’arrivée progressive de la fête d’Halloween en France, à laquelle les films américains ne sont pas étrangers. Pour être honnête, il faut reconnaître que la version païenne de cette cérémonie était déjà célébrée par les Celtes de la Gaule antique. Ces derniers, à l’instar de leurs cousins irlandais et britanniques, aimaient à pratiquer la sculpture sur cucurbitacées en forme de figures humaines effrayantes lors de la fête de Samain au début de l’automne. Le nom de ces objets « grinche-dents » est d’ailleurs resté dans le patois normand.

Pour ma part, j’ai découvert Halloween grâce au film éponyme de John Carpenter, au début des années 1980. Et pour tout dire j’ai été assez déçu que le tueur psychopathe, Michael Myers, contrairement à ce que laissait supposer l’affiche, ne porte pas un masque en forme de citrouille, mais bien une version dépareillée de celui du capitaine Kirk dans Star Trek. Toutefois, il faut reconnaître que c’était peut-être encore plus effrayant.

Citrouille sur le marché des allées Jean-Jaurès, novembre 1946. Jean Ribière – Mairie de Toulouse, Archives municipales, 41Fi235.