Nombre d’évènements remarquables se sont déroulés un 10 août. En 1519, Fernand de Magellan s’embarque à Séville pour son voyage autour du monde. En 1535, Jacques Cartier arrive en vue de l’estuaire du fleuve qui allait prendre le nom de Saint-Laurent en l'honneur du saint fêté à cette date. En 1792, la commune insurrectionnelle de Paris organise la prise des Tuileries, le massacre des gardes suisses et décrète l’abolition de la monarchie, entraînant la Révolution sur la pente de la Terreur.
L’année suivante se tiennent à Toulouse des cérémonies dans toute la ville en souvenir de cette journée décisive. Un cortège regroupant « les autorités constituées, la société des amis de la République, l’état-major, les corps armés, les représentants du peuple, la garde nationale… » part de la place du Capitole vers le Grand-Rond où s’élève « une montagne surmontée de l’arbre et du bonnet de la Liberté ». Après un feu d’artifices, des chants et discours patriotiques, le défilé retourne à son point de départ où l'on brûle « au pied de la statue de la Liberté, les titres et les portraits des anciens capitouls » conformément à la délibération prise le 9 août précisant que l’autodafé sera pratiqué « sur l’autel de la Patrie à six heures du soir aux cris de Vive l’égalité ! ».
Ainsi, la collection des Annales de la ville, couvrant la période de 1295 à 1787, est irrémédiablement dissoute dans le fracas de l’Histoire, amputée d’une partie de ses illustrations. Ironie de l’histoire, à cette même date est officiellement inauguré à Paris le Muséum national des arts, futur Musée du Louvre, qui place sous la protection du nouveau régime les œuvres des collections royales. Malgré ces péripéties les Chroniques des capitouls demeurent un ensemble exceptionnel, sans équivalent en Europe. Pour en savoir plus sur ce véritable trésor national nous vous invitons au colloque intitulé « La ville manuscrite, quand les Capitouls racontaient Toulouse » organisé par les Archives les 22 et 23 septembre prochains à la salle du Sénéchal.