[Fou, ou possédé, cabriolant sur son lit]. Gravure anonyme, vers 1659. Rijksmuseum, Amsterdam, inv. n° RP-P-OB-81.862.

… à dormir debout


avril 2024

Dans l'inépuisable fonds d'archives des affaires criminelles des capitouls, nombre de situations décrites, tant par les plaignants que les témoins, nombre d'excuses fournies par les accusés, donnent quelquefois matière à de véritables histoires à dormir debout sorties tout droit de l'imagination des uns et des autres.
Les plus flagrantes se trouvent dans les plaintes pour cas (supposés) d'adultère. Là, les plaintes portées par les maris1 donnent déjà le ton : invariablement leurs épouses volages se prostituent outrageusement, dilapident les biens du foyer et, pour la bonne mesure, s'arment de poignards, de pistolets et de poison afin se débarrasser de ces maris gênants. Tout ceci n'est que rhétorique attendue, bien loin de la réalité et, finalement, assez peu efficace.
Lors du procès fait à Honorée C. en 1772 ; la plainte portée par Joseph Dardene, son mari, est en tout point conforme à cette norme, si ce n'est qu'en plus l'épouse, un temps enfermée au couvent du Refuge2, s'en est évadée « par le secours de ses draps et de quelques personnes inconnues qui lui tinrent la main pour cet effet »3.

Mais le meilleur reste à venir : en effet, les témoins soigneusement choisis par les plaignants, s'en donnent à cœur-joie. C'est à qui inventera avoir assisté aux scènes les plus scabreuses, presque orgiaques. La chose est d'autant plus perceptible lorsqu'il s'agit de jeunes témoins qui, quelquefois peu au fait des choses de l'amour, s'ingénient à inventer des situations qui défient les lois de la mécanique des corps et de la gravité.
Nous vous en ferons grâce ici, nous bornant au seul cas de mademoiselle de L, fille d'un conseiller au parlement, et épouse de monsieur de P., substitut du procureur général au parlement4.
En 1741, après avoir quitté son mari pour la deuxième ou troisième fois dans l'année, supposément pour rejoindre un comédien, elle aurait vidé les armoires de la maison conjugale. Jusque là, tout reste plausible. Et voilà que les témoins viennent déposer. Ils se complaisent à lui attribuer une troupe entière de galants, mais cela reste timide, on ne leur rien vu faire ensemble. Voilà qui est gênant dans un tel procès. Heureusement pour monsieur de P., la déposition de Jeanne G. vient à point : selon elle, mademoiselle de L. serait enceinte du fameux comédien, mieux, ils auraient fait cela au nez et à la barbe du mari alors qu'il dormait profondément. Et puis vient le pompon : « elle avoit toujours eu des galans depuis l'âge d'onze ans , auquel tems elle étoit penssionnaire à Grenade. Que pour sortir du couvent elle se frottoit les bras et les mains avec des orties pour se faire venir du mal, dizant à la suppérieure du couvent qu'elle avoit la gale et qu'elle avoit besoin de s'aler baigner ».
D'autres témoins, plus timides pourtant, évoquent qui un escalier dérobé, qui une porte condamnée que l'on fait rouvrir, qui un déguisement d'amazone ; bref, nous sommes littéralement transportés dans un roman ; à tel point que l'on pourrait presque imaginer que ces témoins ont lu l'Histoire de dom B…, ouvrage licencieux précisément édité en cette même année 1741.
Trois siècles plus tard, nous ne pouvons qu'être fascinés par ces contes souvent immoraux, mais qui finalement portent en eux une morale : le mensonge exagéré ne paie pas, puisque quasiment aucun de ces maris n'arrivera à obtenir gain de cause devant les capitouls ; pire certains se voient ensuite poursuivis pour diffamation et subornation de témoins.

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1. Les femmes ne peuvent pas poursuivre leurs époux sur ce chef d'accusation.
2. Lieu de « pénitence » pour les femmes mariées.
3. A.M.T., FF 816/2, procédure # 026, du 23 février 1772.
4. A.M.T., FF 785/3, procédure # 062, du 2 mai 1741.

"Vrees" [la crainte]. Aquarelle sur papier par Pieter van den Berge, entre 1675 et 1737, d'une série de "Représentations de personnages, de traits, de vertus et de vices", entre 1675 et 1737. Rijksmuseum, Amsterdam, inv. n° RP-T-1887-A-1352.

Bouh !


janvier 2023

Nous avons déjà traité de la peur dans un précédent numéro d'Arcanes (février 2021), ainsi que dans deux "Procédures criminelles à la carte" (n°18, octobre 2020 et n°23, mai 2022). Nous allons donc ici dévier légèrement afin d'évoquer une autre facette liée à cette émotion : la peur liée à la surprise et, par ricochet, les syncopes, évanouissements et pamoisons qu'elle entraîne. Les archives criminelles des capitouls sont en cela toutes indiquées.

La mésaventure de François Faramond en est une illustration : harponné par des inconnus rue des Tourneurs, conduit sans ménagement l'épée dans les reins dans un lieu inconnu et séquestré une partie de la nuit les yeux bandés, puis enfin relâché au petit matin, on le retrouve défaillant, hagard, presque en syncope. Ses amis parlent même du « grand trouble où il est qui luy oste presque la raison »1.
En 1738, Jeanne Marie Goume se voit affreusement insultée par le curé du Taur. Sa surprise est telle, « qu'après avoir amèrement pleuré, elle tomba en pamoison », au point «  qu'elle en a été réduite aux bouillons pendant cinq ou six jours »2.
François Labeirie est en état de choc ce 28 mai 1772, tellement qu'il se trouve mal en sortant de l'appartement de sa femme et de l'amant de celle-ci, et que l'on est obligé de le soutenir. Les voisins « le mirent sur un fauteuil et lui jettèrent de l'eau sur le visage, qui le remit à lui-même ». Il faut dire que son état vacillant tient autant de la surprise de trouver sa femme avec un autre homme, que de la tentative de strangulation dont il vient d'être victime3.
En 1782, lors d'une course organisée entre Croix-Daurade et la porte Matabiau, le ton monte entre certains des spectateurs, et il laisse vite place à une explosion de violence. Anne, assiste à la scène, et « elle se troubla beaucoup » ; quant à Marie, elle « se troubla & fut s'asseoir »4. Trois ans plus tard, Jacques Monna reçoit une décharge de fusil en pleine face, sans surprise, il tourne de l'œil, tout comme un témoin de la scène qui « se troubla si fort qu'il perdit presque connaissance »5.
Les faiblesses peuvent évidemment être causées par une action mécanique où la surprise et la peur n'ont rien à faire ; à l'exemple de Peyronne Bétignol abordée par Cappelou et ses insinuations salaces, auxquelles elle répond qu'ils n'ont « pas gardé les cochons ensemble ». Vexé, Cappelou lui décoche un magistral coup de poing. Et « on eut toutes les peines du monde à la faire revenir de l'évanouissement dans lequel elle estoit tombée »6. Ou encore Guillaume Rigal qui, en 1769, « tomba à terre en cinqoppe, à demi-mort, sans mouvement et sans parolle victime d'un coup judicieusement placé dans ses parties nobles »7.

Le rideau tombe sur cet éventail sommaire de sources, il tombe d'ailleurs un soir d'opéra en 1772, où l'on joue La fée Urgelle. Le sieur Bourdette y tient le rôle de la Hire. Dès qu'il paraît, les sifflets venant du parterre ont raison de ses nerfs : « il s'est évanoui et a quité la scène »8.

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1 - FF 747/1, procédure # 021, du 1er avril 1703.           2 - FF 782/3, procédure # 088, du 18 août 1738.             3 - FF 816/4, procédure # 094, du 2 juin 1772.
4 - FF 826/6, procédure # 105, du 26 août 1782.           5 - FF 829/6, procédure # 122, du 22 juillet 1785.           6 - FF 785/4, procédure # 115, du 17 juillet 1741.
7 - FF 813/4, procédure # 099, du 1er juin 1769.            8 - FF 816/6, procédure # 136, du 9 août 1772.

[Le génie retrouve la folle Julie sous un arbre au bord de la route]. Gravure de Daniel-Nikolaus Chodowiecki, Berlin, 1780. Illustration pour l'ouvrage "Histoire d'un génie", Leipzig, Weygandschen Buchhandlung, 1780. Rijksmuseum, Amsterdam, inv. n° RP-P-OB-14.213.

Les yeux dans les Dieux


décembre 2021

Lorsque Jeanne-Marie Dupuy se couche, « elle sent qu'on lui prend le bout des pieds et qu'on lui grate le chevet du lit »1. Jusque-là, il n'y a pas à s'inquiéter, mais c'est qu'elle ne s'arrête pas là ; elle rajoute entendre aussi des voix par la cheminée, en particulier cet appel pressant : Actuelement tu ez à moy, je te prens ! Et là, Jeanne-Marie est convaincue que c'est le Diable qui l'interpelle ; d'ailleurs, ajoute-t-elle, celui-ci lui jette même de l'eau bénite (!) par la cheminée. Seul remède, et « quoyque elle ne sache point lire : elle prent tous les jours et à certaines heures un alphabet de Bordeaux et, en l'ouvrant, le Bon Dieu lui donne les lumières nécessaires pour lire ce qui est contenu dans l'alphabet, qu'elle répète tout haut. Elle ajoute encore qu'elle a conversé pleuzieurs fois avec le Bon Dieu tant dans sa chambre que dans la rue ».
Nous n'en saurons pas plus des entretiens célestes ou des tourments infernaux de Jeanne-Marie, parce que les capitouls jugent plus prudent de clore là l'audition de la jeune femme (23 ans, veuve, un enfant) pour s'en remettre à la décision des deux experts. Ceux-ci estimeront qu'elle n'est pas entièrement folle, mais qu'elle est toutefois prête à basculer dans la démence.
Ce n'est là qu'un exemple parmi de nombreux autres de cas de folie – ou bien de ses prémices, où les capitouls se trouvent confrontés à des individus qui leur font état de considérations mystiques. Car, en cette fin de 18e siècle, les magistrats municipaux toulousains ont désormais à « juger » sur les cas potentiels de démence qui leurs sont présentés. Ainsi, chaque affaire donne lieu à des dépositions de témoins, une audition de l'individu, et surtout une expertise médicale dont le résultat paraît sans appel2. Trouvé dément, l'individu est retranché de la société pour être envoyé au nouveau quartier des fous de l'hôpital de la Grave.

À Dieu corps et âme
Hélène de Valette n'est peut être pas folle, mais elle refuse de se laisser troubler pendant qu'elle s'adonne à ses dévotions dans sa chambre. Ce qui fait qu'elle entend parfaitement le voleur qui pénètre dans la pièce et qui lui prend sa montre en or, mais elle ne réagit pas, entièrement absorbée par sa prière. En revanche, une fois le signe de croix final effectué, elle revient à elle, carrément furieuse. Un peu tard, car le voleur est déjà reparti... Ite missa est3.
Marianne Viguier est (un peu) religieuse postulante et (surtout) bonne à tout faire dans le couvent du Bon-Jésus. On la dit « entièrement dans la démence, tenant des propos singuliers et contraires à la raison, disant qu'elle est la parente du Roi, de monsieur de Périgord, quelle est la supérieure du présent couvent, qu'elle voit Dieu, qu'elle l'entend parler, qu'elle le voit travailler, que tous les hommes qui viennent dans le présent couvent comme le médecin, le chirurgien et ouvriers sont des apôtres »4. Mais comme le témoignage ci-dessus vient d'une consœur et pourrait être taxé de partialité, rendons sa voix à Marianne et laissons-la s'expliquer elle-même :
« Elle s'occupe à balayer toute la maison, qu'elle est la servante du Bon Dieu, qu'elle s'est adonnée entièrement à lui, qu'elle voit quelquefois le Bon Dieu en personne, vêtu d'un habit couleur d'olive, dans l'église du présent couvent et à sa main gauche, auquel elle adresse les prières pour toute l'Europe, pour les nègres, pour les esclaves, en un mot pour tout.
Elle ajoute qu'elle est la ville de Jéruzalem, autrement dit l'arbre de vie ; que son intention est de sortir de ce couvent qui est actuellement bien en règle pour aller joindre le Sr Bichon, son confesseur, Trinitaire, qui est à cinq lieues au-delà de Bordeaux, pour se joindre à lui afin d'établir un autre couvent, que c'est le Bon Dieu qui lui a inspiré pareille chose et de se dépêcher vite pour cela ; qu'elle est de grande condition et parente de la famille royale et de monsieur de Périgord, à consulter les écritures.
Elle ajoute que lorsqu'elle entra dans le présent couvent, le Bon Dieu la nomma supérieure, mais comme il est venu une autre supérieure et chanoinesse, les religieuses du présent couvent ne regardent en rien la répondante, ce qui fait que le Bon Dieu lui a dit de quiter cette maison pour aller joindre son confesseur au-delà de Bordeaux. La répondante dit de plus que saint Pierre, apôtre, est venu dans la présente maison et a seigné au bras droit la répondante ainsi que plusieurs autres religieuses ; saint Jean de Kirielison est venu aussi dans la présente maison pozer des vitres ».

Devant ce flot de paroles d'une incohérence manifeste pour le magistrat, celui-ci met fin à l'audition, mais Marianne parvient toutefois à glisser une dernière phrase, saisie in-extremis par le greffier : « elle est le bon Lazare, qu'elle est ressuscitée ». De la couleur des habits de Dieu à la saignée mystique opérée sur elle par saint Pierre, les capitouls n'ont aucun doute : Marianne a bien l'esprit aliéné, les experts vont le confirmer, et elle sera donc envoyée aux quartier des fous jusqu'à résipiscence – s'il plaît à Dieu.

Quatre-vingt-sept, année mystique
Qu'est-ce qui fait qu'en 1787 nous trouvions plus de cas de personnes tourmentées par le Ciel et/ou les enfers ? Nous n'en saurons jamais rien. En voici une sélection de quatre seulement, évidemment choisis pour la pertinence des citations.
Tourmentée par une voisine, Marie Descazeaux « s'en fut devant Dieu pour l'implorer de lui tracer la conduite quelle devoit tenir pour se mettre à l'abri des tracasseries qu'on lui fait. Et Dieu s'étant fait entendre à elle d'une manière très intelligible, elle suivit de point en point ce qu'il lui avoit dit ». C'est-à-dire qu'elle fut acheter un pistolet, le chargea, et le déchargea à bout portant sur sa voisine ! Ô miracle, cette dernière en sort quasiment indemne5.
Magdeleine se confie à un voisin « d'un ton et d'un air évaporé ; lui dit qu'elle venoit du fauxbourg St Michel où elle avoit vu dans une grange le Bon Dieu avec St Joseph et la Ste Vierge et toute la Ste Trinité ainsi que ses père et mère ». Peut-être est-elle effectivement l'Élue car, se rendant ensuite « dans l'église de St Etienne pendant que M. le curé disoit la messe, elle lui avoit crié Papa, papa, tant elle étoit charmée de le voir »6.
Quiterie passe son temps dans l'église des grands Carmes, elle n'en sort quasiment pas de la journée. De telles marques de dévotion indisposent grandement lors des offices car elle « donne des marques de démence, tantôt chantant et riant, et pour ainsi dire dans le même moment, pleurant, tantôt se plaçant au milieu du chœur, fixant certains religieux auxquels elle fait des signes au moyen du doigt qu'elle met sur le nez, ce qui a troublé très souvent le service divin »7.
Quant à Blanche Chapel, on la voit prendre « avec les mains une poignée de braize du feu, qu'elle répendoit ensuite dans la chambre, voulant se jetter sur les personnes qui se présentent à elle pour les mordre, criant Alléluya, alléluya »8. On peut avancer sans crainte que le feu de Dieu l'habite – ou la dévore.

Et nous réalisons maintenant qu'aucun homme ne figure dans cette petite sélection. Que l'on se rassure, ils peuvent eux aussi être atteints de folie, mais leur mysticisme semble moins se manifester dans leurs accès de démence ; peut-être sont-ils plus adeptes de dialogues intérieurs, noyés au fond d'une bouteille…
Nous nous efforcerons toutefois de clore avec un cas masculin, car il y en a bien un, et qui de surcroît a certainement vu Dieu avant les autres. Certes, pour atteindre cette première place, Bernard Tesseyre a dû recourir à une méthode extrême – et pas très catholique : en septembre 1775, « fêlé par trop de dévotion »9, il se pend au plafond de son appartement10.

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1- A.M.T., FF 826/7, procédure # 146, du 15 décembre 1782.
2- extrêmement concis, ce rapport d'expertise laisse portant quelquefois percevoir un réel intérêt pour le « patient » et de touchantes notes de compassion.
3- A.M.T., FF 805/5, procédure, # 135, du 29 août 1761.
4- A.M.T., FF 829/5, procédure # 078, du 21 mai 1785.
5- A.M.T., FF 831/8, procédure # 155, du 11 août 1787. Cette procédure est intégralement reproduite en fac-similé des Bas-Fonds n° 42 : « Le fer et le feu ».
6- A.M.T., FF 831/12, procédure # 237, du 31 décembre 1787.
7- A.M.T., FF 831/8, procédure # 150, du 6 août 1787
8- A.M.T., FF 831/4, procédure # 069, du 26 avril 1787
9- Mémoires manuscrite de Pierre Barthès, 7e volume. B.M.T., Ms 705, p. 81-82.
10- A.M.T., FF 819/8, procédure # 154, du 5 septembre 1775.

"Samson s'approcha de Mme de la Motte et lui imprima un fer rouge sur la peau". gravure sur bois (détail), s.d., Bibliothèque Inter-Universitaire Santé, Paris-Descartes, réf : CISB0591.

À fleur de peau


janvier 2020

Si les tatouages les plus divers ont le vent en poupe depuis quelques années, il fut un temps où les marques sur la peau se portaient aussi – mais elles étaient toutefois réservées à une sorte d'élite : les criminels condamnés.
Généralement placées sur l'épaule droite, ces marques apposées au fer rouge par le bourreau (ce qui est autrement plus douloureux que l'aiguille d'un tatoueur) n'étaient guère variées : seule la fleur de lys venait orner les épaules des voleurs et autres malfrats.
Puis, la palette de cette marque d'infamie s'est élargie et, en 1738, fleurissaient désormais des V, des GAL et des W, quelquefois encore des M (pour cette dernière lettre, nous ne savons toujours pas si la marque était vraiment au fer rouge).
Marque indélébile ? Pas nécessairement, puisque l'on s'ingéniait à masquer, brouiller, voire enlever complètement ces marques, au prix de douleurs inconcevables et au péril d'infections aussi diverses que fatales.

Le fonds d'archives de la justice criminelle des capitouls offre un large éventail de cas, tant de coupables condamnés à la marque, que de rapports d'expertises d'épaules de suspects, jusques là même aux ratées du bourreau, et deux dossiers spéciaux des Bas-Fonds publiés en 2016 (« La marque de l'infamie » – n° 02) et 2017 (« Couvrez cette marque que je ne saurais voir » – n° 17) invitent les chercheurs à explorer plus avant les thématiques et problématiques liées à la marque de l'infamie.

Portrait d'Émilienne Gosse posant à l'avant d'un canot sur la Seine à Courbevoie, 7 septembre 1917, négatif N et B stéréoscopique. Raoul Berthelé - Ville de Toulouse, Archives municipales, 49Fi1189 (détail).

Sans voix


décembre 2018

Il en est un qui n'a pas voix au chapitre au sein de la rédaction d'Arcanes. « Trop déprimant ! », s'entend-il répondre à chaque proposition d'article.
Pauvre de lui ; torturé depuis son enfance par des clowns faussement gais, des cirques miteux, des trapézistes rampants et des numéros d'écuyères sur de poussifs poneys, il porte cette indélébile blessure et traîne son mal ; il cherche sa voie dans une thérapie fort peu académique : l'image du moi(s) qu'il présente régulièrement sur le site des Archives.
Rejeté par Arcanes, contraint à faire cavalier seul, P... (nous pourrions aussi l'appeler Z...) nous offre depuis 2013 des billets d'humeur mensuels (mensuelle conviendrait aussi bien) autour d'une image forte conservée dans les collections des Archives. Au fil des mois, des années, nous avons pu mesurer l'océan infini de sa déprime devant les gens heureux, les vélos, les enfants, les walkman, les ados, les mobylettes, les post-ados, les quarantenaires en trottinette, les vieux-beaux gominés, sans oublier cette profonde aversion pour les clowns en tout genre.

L'écriture comme catharsis. Nul ne saurait dire si sa thérapie marche, mais, finalement, il faut avouer que l'on s'en moque : s'il écrit, c'est avant tout pour notre plus grand plaisir.

Hôpital de Varsovie, actuellement hôpital Joseph-Ducuing, élévation antérieure. Phot. Chloé Baychelier, Région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées – Inventaire général / Toulouse Métropole / Ville de Toulouse, 2007, IVC31555_20073100662NUCA (détail)

Un « château » de l'Espagne républicaine à Toulouse


octobre 2016

On peut avoir été élevé dans la Manche et ne pas avoir lu Don Quichotte.

De la même façon, on peut être passé devant l'hôpital Joseph-Ducuing, y avoir rendu visite à un proche malade ou à une jeune maman, et ne pas savoir qu'il est l'héritier de l'hôpital Varsovie, fondé en 1944 par les républicains espagnols exilés dans le sud de la France.
Alors, pour remédier à cette fâcheuse situation, je vous invite à découvrir son histoire méconnue, singulière, pleine de rebondissements et d'implications géopolitiques.

Vous apprendrez ainsi que cet hôpital, installé dans un « château » de la rue Varsovie, fut d'abord un hôpital militaire, créé par les guérilleros en vue de l'opération Reconquista de España ; qu'il devint ensuite un hôpital civil destiné à soigner l'ensemble des réfugiés et des survivants espagnols des camps de concentration nazis ; qu'il bénéficia de l'aide humanitaire internationale, MARTINEZ VIDAL, Àlvar. L'Hôpital Varsovie : Exil, médecine et résistance (1944-1950), Portet-sur-Garonne : Nouvelles éditions Loubatières, Collection « Libre parcours », 2011, 104 p. Ville de Toulouse, Archives municipales, 3527.notamment nord-américaine, qui lui permit de développer un centre de formation pour son personnel soignant, des recherches cliniques et des campagnes sanitaires ; puis qu'en 1950, en pleine guerre froide, les médecins espagnols qui le dirigeaient furent arrêtés parce que membres d'un parti communiste étranger.

C'est alors grâce à Joseph Ducuing, professeur de chirurgie à l'université de Toulouse et directeur du centre régional anticancéreux, que l'hôpital fut sauvé de la disparition pure et simple. Vingt ans plus tard, le nom du professeur lui fut donné pour lui rendre hommage.

Voilà, désormais, vous en savez un peu plus. Mais pour poursuivre sur votre lancée, n'hésitez pas à consulter l'ouvrage coordonné par Àlvar Martínez Vidal disponible dans notre bibliothèque.

¡ Et promis, très bientôt, je lirai Don Quichotte !

Capture d'écran du plan local d'urbanisme dans le plan dynamique interactif de Toulouse Métropole, 2015.

Qui peut le PLU, peut le moins... !


septembre 2015

Et le PLU peut beaucoup pour vous ! Cet acronyme savant désigne en réalité le Plan Local d'Urbanisme, outil de planification de l'urbanisme au niveau communal et intercommunal. On y présente la situation du territoire d'une commune et les projets d'aménagement et de développement durable envisagés. Pour cela, les collectivités s'appuient sur une carte qui délimite des zones (zones urbaines, à urbaniser, agricoles, naturelles et forestières,..) et les règles d'urbanisme qui s'y appliquent. Vous pouvez consulter ces données sur le site du plan dynamique interactif de Toulouse Métropole, et ainsi voir quelles sont les règles propres à votre quartier ou à votre rue !

De nombreux dossiers relatifs au PLU et au POS (le Plan d'Occupation des Sols, son illustre ancêtre) sont également consultables aux Archives municipales de Toulouse. Exemples : mallette du PLU de 2004, Plan d'urbanisme directeur et POS 1975-1995 et POS 1979-2004.

Place Occitane. Finitions d'aménagement de la dalle de la « Place Occitane », (pavage), ensemble d'immeubles et de commerces agencés autour d'un espace et de promenades agrémentées d'eaux courantes. Au premier plan, un espace béant destiné à recevoir les aérateurs du parking souterrain. Le muret en brique au milieu de la place est l'escalier d'accès au parking et abritant une des machines de paiement automatique. 6 juillet 1976. Atelier municipal de photographie. Photographie N&B, 18 x 24 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 2 Fi 2149.

Occitan, occitane : trouvez l'intrus !


juillet-août 2015

Toutes les bibliothèques de Toulouse se doivent de posséder au moins quelques ouvrages en occitan, et les Archives municipales ne dérogent pas à la règle. Alors, bien sûr, je pourrais vous en dresser un inventaire à la Prévert, mais je ne le ferai pas : à vous de les trouver dans notre catalogue en ligne.

Pour vous aider, sachez que nous possédons des dictionnaires, des grammaires, des manuels, des revues, des bulletins pédagogiques, des anthologies de littérature et des bibliographies. Tout n'est pas rédigé en occitan (ce qui est, il faut l'avouer, beaucoup plus pratique pour les bibliothécaires venues des contrées lointaines du nord de la Loire...) mais la culture occitane fait l'objet d'un joli corpus dans nos collections.

Toutefois, lorsqu'on recherche le mot « occitan » dans le catalogue de la bibliothèque, notamment dans le champ « titre » et grâce à la troncature automatique (notez les indices...), on tombe sur un « intrus », avec une cote étrange... Titre : « Mutations et aménagements d'un espace central : la place Occitane à Toulouse » ; cote : TU31. Mais qu'est-ce donc ?

Il s'agit d'un mémoire de recherche, rédigé en 2005 par Paola Consonni, alors étudiante à l'Institut d'études politiques de Toulouse, sous la direction de Robert Marconis. Dit comme çà, çà ne semble pas exceptionnel... mais pourtant, ce travail très intéressant est désormais catalogué et conservé dans notre collection de « Travaux universitaires », cotés en TU (TU31).

Cette nouvelle rubrique a été créée récemment, afin de mettre en valeur cette typologie particulière de documents, qu'on ne s'attend pas toujours à trouver en dehors des bibliothèques universitaires. Pour y accéder, déployez le plan de classement de la bibliothèque, choisissez la rubrique adéquate puis votre domaine de prédilection, et laissez-vous tenter !

« A la poumpozi è grosso tailluro de la carriero des Capelies, que s'apélo M... D... ». chanson diffamatoire imprimée, 1740. Pièce à conviction jointe à la procédure criminelle, Passeray contre Idrac, du 2 mars 1740. Ville de Toulouse, Archives municipales, FF 784/1, n° 30.

Perles méconnues de la « langue vulgaire »


juillet-août 2015

Avant Mistral et le Félibrige, les poètes s'exprimant en occitan avaient déjà fait leurs armes. Et si les ancêtres du Félibrige n'ont jamais reçu la Cigale d'argent, beaucoup n'eurent certainement pas à rougir de leurs œuvres en des temps reculés.

Non, nous ne parlerons pas de Peyre Godolin ou d'autres poètes qui trônent aujourd'hui avec les muses.

Aujourd'hui nous remettons à l'honneur certaines œuvres anonymes ou sensées le rester.

J'admets qu'elles sont probablement d'une qualité douteuse (car trouvées dans des procès en diffamation, y versées comme pièces à conviction), et qui, si elles étaient en français, feraient rougir certaines dames et s'étrangler quelques bons messieurs.

Ces productions fleurissaient à Toulouse (comme ailleurs) particulièrement au moment du carnaval. La démocratisation de l'imprimerie dans le courant du 18e siècle permettait alors de débiter dans le public nombre de ces chansons ou « poèmes » caustiques, sarcastiques, licencieux, voire franchement orduriers. On trouve toutefois quelques exemplaires manuscrits, copiés à la main.

L'avantage de mes origines britanniques fait que je puis vous les livrer ici en toute innocence, et prétendre n'en comprendre un traître mot (j'en veux pour preuve de mon ignorance de cette langue « vulgaire » que je descends régulièrement à la mauvaise station de métro lorsque l'annonce de l'approche d'un quai est faite par la speakerine occitane).

Ceux qui voudraient mêler les plaisirs de la paléographie à ceux de l'occitan peuvent télécharger cette gentillette chansonnette manuscrite datée de 1770 (FF 814/6, n° 157, pièce à conviction), qui aura tout de même coûté à ses auteurs 120 livres d'amende ainsi que des excuses publiques devant la justice et les témoins choisis. Quant à la pièce imprimée de 1740, afin d'en profiter en plein écran, on se donnera la peine de cliquer ici.

Le Journal de la Résistance, n° 1009-1010, juillet-août 1991, première de couverture, détail. Ville de Toulouse, Archives municipales, REV 190.

" Le Journal de la Résistance " : pour ne pas oublier ceux qui ont su dire non


juin 2015

Dans la bibliothèque des Archives, il y a d'un côté les ouvrages, brochures, mémoires, rapports et autres livres anciens qui occupent sagement les étagères en attendant d'être consultés. Et puis, de l'autre, il y a les « périodiques », également appelés « publications en série », qui, comme leur nom l'indique, sont constitués de numéros qui paraissent plus ou moins régulièrement, au gré des jours, semaines, mois, saisons ou même années. Il s'agit de journaux, de bulletins, de revues, de presse généraliste ou spécialisée, de publications officielles ou d'organes de sociétés savantes. Bref, un joyeux mélange. De plus, certains titres sont « vivants », car la collection est en cours, et d'autres sont « morts », car leur parution a désormais cessé. Un vrai casse-tête en terme de gestion de l'espace, mais arrêtons-là avec les problèmes personnels...

Parmi « nos » périodiques, se trouve Le Journal de la Résistance, qui porte la cote REV190. Publié depuis 1969 par l'Association nationale des anciens combattants et amis de la Résistance, il s'agit d'un mensuel « vivant » (c'est la Bibliothèque nationale de France qui le dit : ici), même si la parution s'est quelque peu espacée ces dernières années.

Ce journal est très intéressant car il traite d'un sujet dont il n'est plus contemporain, ce qui lui autorise un certain recul sur les événements, mais avec une mise en page digne d'un quotidien national et même une rubrique « actualités » (liée notamment aux diverses manifestations de l'association). Malheureusement, notre collection est lacunaire et ne concerne que la période allant de 1983 à 1991. Toutefois, grâce à la généreuse proposition des Archives départementales de l'Aveyron, elle devrait bientôt s'étoffer de plus d'une cinquantaine de numéros manquants.

En effet, et c'est une grande chance, la coopération entre bibliothèques en Midi-Pyrénées est largement répandue, encouragée notamment par l'existence d'un plan de conservation partagée des périodiques. Cette bonne attitude (et habitude), qui consiste à connaître les différents titres conservés par les autres partenaires régionaux et à leur en proposer d'éventuels numéros en cas de désherbage des collections, est également adoptée pour les titres qui ne font pas partie du plan, comme c'est le cas pour Le Journal de la Résistance.Périscope [Sudoc] : copie d'écran

C'est ainsi que le journal de ceux qui ont su dire non pourra désormais être mieux conservé et partagé, parce que les bibliothèques de deux institutions différentes dans deux départements différents ont réussi à se dire oui.

L'asinade, ou le parcours infamant d'une maquerelle juchée sur un âne, d'après une gravure conservé aux Archives Nationales, ad-III-7.

Dire non avec aplomb


juin 2015

Des interrogatoires menés par les capitouls ou leurs assesseurs dans le cadre des procédures criminelles, nous ne connaissons que les verbaux consignés par les greffiers ; il y a fort à parier que ce sont là souvent des termes édulcorés, des phrases raccourcies qui furent notés.

A partir ce ces verbaux, impossible de déceler si l'on pratiquait une certaine forme d'intimidation, de persuasion, voire de violence afin d'obtenir des aveux (les annuaires n'existaient pas encore, et les Almanachs Baour qui firent leur apparition à la fin du 18e siècle n'étaient que de petits volumes).

Il est évident que les prévenus mentaient bien souvent et que ceux qui étaient coupables devaient nier tant qu'ils le pouvaient. Même face à la torture (rare et fort bien réglementée) on devait bien mentir.

Mais il y a une différence entre nier en bloc afin d'échapper à un châtiment que l'on sait peu agréable, et nier avec aplomb et arrogance.

Sur les quelque 3 000 affaires de justice criminelle des capitouls (en fin de la série FF) désormais disponibles aux chercheurs, il n'en existe que très peu où les accusés auront défié la justice par des réponses provocantes, ce qui se conçoit aisément quand on imagine que la peine risquait alors d'être alourdie en conséquence.

La palme revient donc à Françoise Peyrille, accusée (et plus tard convaincue) de crime de maquerellage. Dans un premier interrogatoire qui dut être mémorable, elle va tout nier en bloc, mais encore elle va jouer tour à tour la sotte et l'impertinente.

Malheureusement pour elle les témoignages à charge sont extrêmement accablants, et elle sera finalement condamnée à l'enfermement à vie au quartier de force de l'hôpital de la Grave (ce qui finalement n'est pas si mal, car de pareils cas prévoyaient la cage (plongée trois fois dans la Garonne) ou l'asinade (juchée à l'envers sur un âne, la coupable est promenée dans la ville à la vue de tous, puis bannie ou enfermée à vie).

Pour consulter l'ensemble de la procédure, il vous faudra venir en salle de lecture (FF 779/4, procédure n° 90) en revanche, afin de permettre à tous de se délecter de l'aplomb de Françoise Peyrille, vous pouvez incontinent télécharger la transcription de son interrogatoire du 7 août 1735.

Manuel Philè. De animalium proprietate, 1566. British Library, Burney ms. 97, fo 26 v., détail : dessin d'un porc épic et d'un serpent.

Le bibliothécaire, un rongeur qui s'ignore...


mai 2015

C'est bien connu : quand on aime les livres, qu'on passe le plus clair de son temps parmi eux, on est un « rat de bibliothèque ».

Quand, en plus, on les collectionne et les emmagasine, pour proposer au public des ouvrages de référence et de solides pistes de recherche, on s'apparenterait presque à un écureuil.

De fait, en y regardant de plus près, on pourrait également se trouver des points communs avec le chien de prairie, toujours à l'affût... des nouvelles publications qui pourront enrichir nos collections. Collections jalousement et précieusement conservées par nos soins qui, à défaut de se manifester en montrant les dents (les incisives bien sûr), se traduiraient plutôt par une certaine propension à se mettre en boule, à la manière du porc-épic.

Alors, oui, cela peut faire peur, mais c'est pour la bonne cause ! Car tel un castor qui construirait un barrage contre l'obscurantisme (oups, là je m'enflamme un peu), nous tirons notre satisfaction des petits trésors, parfois méconnus, qui émaillent notre bibliothèque et viennent enrichir le bien commun.

Pour le constater par vous même, et consulter le catalogue de la bibliothèque en un clic de souris, rendez-vous ici.

Et rappelez-vous bien, la prochaine fois que vous croiserez un bibliothécaire, de vous méfier du porc-épic qui sommeille en lui !

Dessin pour les costumes des souris-laquais, ballet de Cendrillon. Michel Barthe, encre et gouache sur papier. Archives municipales de Toulouse, 20 Fi 716.

Eh bien : dansez maintenant !


mai 2015

Non, le titre ne s'adresse pas à la cigale de la fable mais bien aux souris qui logent présentement dans le magasin 12 des Archives de Toulouse (premier sous-sol, à droite en sortant de l'ascenseur principal).

Des souris aux archives ? Oui mais des souris danseuses. De celles que l'on a pu voir au Capitole en 1985 dans Cendrillon, le ballet de Prokofiev (chorégraphie de Jacques Fabre), et dont Michel Barthe imagina les costumes.

Car l'atelier des costumes du théâtre du Capitole, s'il n'habille évidement pas le personnel des Archives, effectue des versements réguliers de ses archives, et c'est ainsi que nombre de cartons, esquisses et même échantillons de costumes se retrouvent désormais dans nos fonds (magasin 12, vous vous rappelez), pour le plus grand bonheur des amateurs de théâtre, opéra et ballet.

Et pour ceux à qui le gris souris ne sied pas au teint, ils trouveront toute une variété de costumes masculins comme féminins, à porter à la ville comme à la campagne.

Bref, si vous êtes de ceux-là, un petit détour par la série 20 Fi s'impose immédiatement.

Toulouse accueille la Coupe du Monde en juin 98. 6 matchs à Toulouse ! , Mairie de Toulouse. 1998. Carte postale couleur, 9 x 14 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 9 Fi 3701.

Toulouse, ville de Coupes du Monde


avril 2015

Toulouse a eu la chance d'accueillir certaines rencontres de deux coupes du monde de football : la première (mais que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître) en 1938 et la seconde, 60 ans plus tard, en 1998, remportée par l'Équipe de France par une belle (et festive) soirée d'été.

Au sein de nos fonds audiovisuels, la Coupe du Monde 1998 tient une belle place avec près d'une soixantaine de vidéos (majoritairement des rushes) réalisées par la Direction de la Communication de la Mairie de Toulouse sur le sujet tout au long du mois de juin : rencontres entre supporters au sein du « Village occitan » créé pour l'occasion au Cours Dillon, expositions culturelles organisées autour du ballon rond, spectacles et concerts, avant-matchs… Le résumé de cette Coupe du Monde, vécue par les Toulousains de l'intérieur, a fait l'objet d'un documentaire réalisé par la Direction de la Communication à partir de ces nombreux rushes. L'occasion pour Toulouse d'accroître sa notoriété à l'international en accueillant de nombreux supporters en provenance du Paraguay, du Danemark, du Japon, du Cameroun, des Pays-Bas, du Nigeria, d'Argentine ou encore d'Angleterre et d'Afrique du Sud. Voilà de quoi se réjouir dans la perspective du retour des grandes compétitions du ballon rond dans notre ville, d'ici un peu plus d'un an avec l'Euro 2016.

Et comme la Ville Rose reste la capitale de l'ovalie (et pour ne pas faire de jaloux), il existe aussi, dans nos archives audiovisuelles, des témoignages des matchs de la coupe du monde de rugby 2007 à Toulouse.

La plupart de ces vidéos sont accessibles en consultation sur rendez-vous aux Archives municipales de Toulouse.

« La Gazette du Tango », n° 38, janvier 1992, première de couverture, détail. Ville de Toulouse, Archives municipales, REV 132.

Le tango : une discipline artistique et sportive chère à Toulouse.


avril 2015

En effet, contrairement à la légende qui le dit né en Uruguay, c'est à Toulouse que naît le 11 décembre 1890 Carlos Gardel, l'inventeur emblématique du tango chanté, quand il s'appelait encore Charles Romuald Gardes. La preuve : ici

Surnommé le « Zorzal Criollo » (Rossignol créole), célèbre dans le monde entier, il disparaît tragiquement le 24 juin 1935 dans un accident d'avion, près de Medellin en Colombie. L'avion était immatriculé F31, F comme France et 31 comme la Haute-Garonne, le département où il naquit...
Pour préserver son souvenir, sa voix a été inscrite en 2003 au Registre «  Mémoire du Monde » par l'Unesco, à la demande de l'Uruguay.

Mais le tango à Toulouse est aussi lié à l'Aéropostale, la mythique compagnie aérienne qui desservait l'Amérique du Sud. Le festival international de tango de la Ville rose s'intitule d'ailleurs maintenant « Tangopostale ».

Il n'est donc pas surprenant de trouver dans nos collections des publications liées à cette danse si caractéristique, et notamment cette revue, réalisée par l'association « Carlos Gardel – Amis du Tango – Toulouse Tango » : La Gazette du Tango.

Pour connaître les numéros que nous conservons dans notre bibliothèque : cliquez ici.

« Livres des cries et proclamations commancé en l'année 1592 », registre des cris de Mathieu Micheau, crieur de la ville, puis verguier de la maison de ville. Archives municipales de Toulouse, BB 153 (ici folio premier)

Sonnez trompettes, résonnez hautbois, la lettre d'information Arcanes vient de tomber dans votre boite de messagerie !


fevrier-mars 2015

Imaginez maintenant  une cité moderne sans son magazine municipal d'information ni de propagande, sans presse quotidienne, sans chaîne de télé locale, ni site web, ni compte twitter, encore moins de newsletter électronique émanant de ses divers services, sans même une chaîne YouTube, bref un impensable retour à l'âge de bronze pour certains de nos ados boutonneux.

Et pourtant, il n'y a pas si longtemps que cela, l'information municipale circulait aisément (pas instantanément je vous le concède) par le biais d'un homme incontournable : « le crieur de ville ».
Cet homme, gagé par la municipalité était chargé de la publication des ordonnances promulguées par nos capitouls : interdiction de jeter des boules de neige, ban des vendanges, feu de joie en raison de la prise de Saint-Omer par les armées du roi, publication de la paix entre la France et l'Angleterre, fixation du prix de la viande de boucherie, bref tout y passait.
Précédé des trompettes de la ville, l'homme s'en allait par les rues de la ville, criait l'information, affichait des exemplaires imprimés aux principaux carrefours, et chacun en était ainsi informé.

Attendez, le crieur de ville a beau être un employé municipal, il peut aussi être engagé par d'autres institutions : le parlement fait appel à lui pour la publication de certains arrêts, le sénéchal, le viguier, l'archevêché, en usent aussi.
Et pour finir les simples particuliers ne sont pas en reste : vous avez perdu votre mâtin, une bague égarée, ..., faites-les crier (proposez aussi une récompense ça rend la chose plus efficace). Il ne vous restera plus qu'à convenir du circuit choisi et de la fréquence des arrêts et « cris », prix à débattre.

« Livres des cries et proclamations commancé en l'année 1592 », registre des cris de Mathieu Micheau, crieur de la ville, puis verguier de la maison de ville. Archives municipales de Toulouse, BB 153 (détail du folio premier).

« Livres des cries et proclamations commancé en l'année 1592 », registre des cris de Mathieu Micheau, crieur de la ville, puis verguier de la maison de ville. Archives municipales de Toulouse, BB 153 (détail du folio premier).

Certificats de criées rédigés par Jean-Pierre Sempé, huissier et crieur de la ville ; afin d'obtenir paiement, Sempé, et Pierre Pelissié, lors trompette, remettent aux capitouls un exemplaire imprimé de chaque ordonnance où il inscrivent leur « justificatif » de criée et affichage. Archives municipales de Toulouse, BB 166.

Copie d'écran de la page d'accueil du compte Scoop it ! des Archives municipales de Toulouse

Bibliothèques 2.0 : les Archives aussi s'y mettent !


fevrier-mars 2015

On a souvent une image un peu désuète des bibliothèques, temples du savoir un peu poussiéreux, où rôdent sans bruit de vieilles personnes qui, binocles sur le nez, vous intiment, avec force et détermination, le silence. Cela est encore plus vrai dans un service d'archives, où l'on ne sait pas toujours qu'il existe même une bibliothèque.

Eh bien, cette époque est non seulement révolue, mais loin derrière nous. Désormais, les bibliothèques font du bruit, notamment sur internet où elles s'affichent (catalogue en ligne, bibliothèque numérique, blog... ) et, c'est nouveau, partagent. Et qu'ont-elles à offrir ? Des ressources et un savoir-faire, pardi !

La bibliothèque des Archives met ainsi à votre disposition trois pages sur « Scoop it ! », un outil de curation en ligne, qui permet de partager des articles d'actualité en lien avec des problématiques que nous avons préalablement choisies : revue de presse des Archives municipales, patrimoine et archives à Toulouse, valorisation du patrimoine architectural toulousain. Cette veille documentaire est quotidienne et les pages sont régulièrement mises à jour. Elles s'adressent à tous et sont librement accessibles ici.

Il est vrai qu'on peut légitimement se demander quel est le rapport avec les bibliothèques classiques, celles où l'on venait consulter des ouvrages... Techniquement, aucun, si ce n'est la capacité du bibliothécaire à dénicher pour vous l'information qui vous sera utile, et qui vous manquait, qu'elle soit bien cachée au fin fond d'un rayonnage ou noyée au milieu des flux d'informations qui inondent la toile...

Alors, profitez-en, nous sommes à votre service !

T.L.T, le plateau à 19h30. Alexandre, Francis. 1988. Négatif noir et blanc, 24x36. Archives municipales de Toulouse, 15FI5774

Un média audiovisuel local : TLT


fevrier-mars 2015

Le fonds audiovisuel des Archives municipales de Toulouse est majoritairement constitué des prolifiques productions de la Direction de la communication de la ville. En effet, ce sont quelques 3500 documents conservés au frais et au sec qui retracent les grands événements, les grands chantiers, les grandes innovations de la ville rose depuis le milieu des années 1980.

Parmi ces productions figurent bon nombre de magazines, reportages ou émissions destinés à une diffusion sur la chaîne télévisée locale : Télé Toulouse. Plus connue sous le sigle « TLT », elle a été créée en 1988 et a vu les débuts de quelques personnalités locales comme les Chevaliers du Fiel. Aujourd'hui, TLT émet depuis l'Arche Marengo, à deux pas de la Médiathèque Cabanis et de l'INA Pyrénées. Ses programmes sont variés : retransmissions sportives, débats, émissions culturelles, reportages sur des sujets d'actualité...

Certaines de ces productions destinées à TLT sont consultables (selon les supports) sur rendez-vous aux Archives municipales.