Arcanes, la lettre


Chaque mois, l'équipe des Archives s'exerce à traiter un sujet à partir de documents d'archives ou de ressources en ligne. Ainsi, des thèmes aussi variés que la mode, la chanson, le cinéma, le feu sont abordés...

BOUT


novembre 2019

DANS LES ARCANES DE


Plan rapproché d'Henri Salvador lors d'une interview pour la sortie de son film "Et que ça saute !". 17 mars 1970. André Cros - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 53Fi2547 (détail).

L’avoir sur le bout de la langue


novembre 2019

Quelle est la thématique de ce numéro d'Arcanes… ? Je l'ai sur le bout de la langue… Généralement, la photo aide… Henri Salvador, doryphore, forsythia, siamois, moisissures ? Ah, non ! Pas de moisissures aux Archives ! Ananas, nasale, saleté ? Décidément ! J'en ai marre ! Marabout, bout d'ficelle… Le voici le titre de ce numéro : « bout ». Et des bouts aux Archives, nous en conservons de différentes sortes : des bouts de ficelle, effectivement, mais aussi des bouts de papier, des p'tits bouts, des bouts de vie. À la lecture de ce numéro, vous ne serez pas au bout de vos surprises : vous vivrez une course haletante, vous découvrirez le fonds du photographe Marius Bergé, les secrets du conditionnement des plans, les lieux de la protection sociale au fil des siècles, la face cachée de la cathédrale Saint-Étienne, et le Bulletin municipal de la ville de Toulouse. Et si nos jeux de mots vous poussent à bout, vous n'aurez plus qu'à mettre les voiles en partant au bout du monde. Cependant, j'espère vivement que vous serez là le mois prochain, pour discuter le bout de gras.

ZOOM SUR


.

Départ de la course rue du Moulin du Château. Toulouse 1910. Vue d'ensemble des concurrents avant le départ d'une course cycliste donné depuis la rue du Moulin-du-Château. L'un des concurrents s'appelle Jacques Leufroy. Mairie de Toulouse, Archives municipales, 1Fi48.

Je mets les bouts


novembre 2019

J'enfourche, relève avec énergie la pédale avec le bout de mon pied droit puis pose sa pointe sur la petite plateforme mobile. J'aime la sensation que ce geste produit, il me galvanise. Je suis prête. J'attends de faire enfin tourner la transmission, de me balancer de tout mon poids sur une jambe puis sur l'autre. J'emmagasine l'adrénaline ; dès le coup de feu, je me jetterai avec elle et avec puissance sur mon guidon, le dos plat, le buste au-dessus de la roue avant. La vision en tunnel, je fixe déjà mon point de fuite, droit devant. Au bout de la première ligne droite, quand les autres prendront le virage, je prendrai la poudre d'escampette, et à moi la liberté ! Finie la course, vive les vacances, un bout de saucisson par ci, un grand bol d'air par là, je me poserai sur un bout de gazon et compterai fleurette aux coccinelles en regardant les nuages, les oreilles bercées par les grillons et chatouillées par les bourdons butinant leur trèfle.


Pas sûr que ces fiers cyclistes aient eu de telles pensées, ils ont l'air plutôt ravi, prêts à lancer leurs jambes droites par-dessus leurs selles comme dans un ballet classique, à virevolter de part et d'autre de leurs montures en poussant leurs corps au-devant des gravillons, un sourire à bouffer du moustique en travers de leurs gueules d'anges. Mais au bout du compte, pour eux comme pour moi, l'important est de prendre du bon temps et de revenir contents.

DANS LES FONDS DE


.

A S.A. Mohammed [sic] el Habib, Bey de Tunis et à M. Lucien Saint, résident de France, Toulouse a ménagé un accueil enthousiaste et franchement sympathique (1923). Marius Bergé - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 85Fi147.

Aboutissement


novembre 2019

Autant vous le dire tout de suite : le traitement des reportages photographiques du publiciste toulousain, Marius Bergé (1874-1959) – journaliste pour Le Télégramme, L'Express du Midi, Le Bulletin municipal, fondateur du Cri et de La Gazette de Toulouse – m'a occupée un bon bout de temps ! Plusieurs semaines en effet m'ont été nécessaires pour mener à bout la description et l'analyse de chacune de ces 1 900 plaques de verre documentant la vie toulousaine de l'entre-deux-guerres. Des semaines entières passées à parcourir et éplucher la presse de l'époque pour contextualiser ces photographies et retrouver les articles dont elles étaient souvent l'illustration. Un travail d'enquête immersif qui m'a permis d'identifier les lieux, les événements représentés, et d'exhumer parfois certains pans et personnalités de l'histoire locale, de la fin du premier conflit mondial à l'avènement du Front populaire.
Un traitement passionnant, dont l'aboutissement a été la conception d'un plan de classement permettant à chacun, selon ses envies et axes de recherches, d'accéder au fonds et de le prendre ainsi par le bout qu'il souhaite !
Cher Marius Bergé, cela a été un honneur et un plaisir non dissimulé que de passer ce bout de temps en compagnie de vos photographies que les lecteurs d'« Arcanes » peuvent désormais découvrir en suivant ce lien…

LES COULISSES


.

Au bout du rouleau ...


novembre 2019
 

Quel est le comble de l'archiviste ? Finir au fond d'une boîte ? Hum, possible... Être au bout du rouleau ?! Ça, certainement pas, car le rouleau, l'archiviste n'en viendra jamais à bout.

Qu'il soit en plastique ou en carton neutre, de section ronde ou de format carré, le tube est l'accessoire idéal pour protéger au mieux les plans et autres cartes aux formats récalcitrants. L'archiviste roule, enroule et déroule sans cesse les forêts anarchiques de documents pour arriver à les discipliner à son regard, sans jamais pour autant en venir à bout !

 

DANS MA RUE


.

Scène de repas à la crèche du Taur, ancienne Maison de charité de Saint-Sernin, 73 rue du Taur. 1938-1940. Photographie Marius Bergé, Bulletin municipal de la ville de Toulouse, 1940. Marie de Toulouse, Archives municipales, 85Fi226 .

Quand on a du mal à joindre les deux bouts : bref panorama des lieux de la protection sociale


novembre 2019

Les pauvres (mendiants, vagabonds, clochards et une catégorie que l'on croyait voir disparaître, les travailleurs pauvres), s'ils ne sont pas à l'origine d'une architecture spécifique avant le 19e et surtout le 20e siècle, ont été pris en charge dans des lieux voués à l'assistance dès le Moyen Âge, dont on peut encore aujourd'hui retrouver la trace.
Jusqu'à il y a peu, l'aide aux plus démunis était avant tout une affaire de religion, liée à la charité chrétienne. Au Moyen Âge, elle s'incarne dans l'hôpital, fondation religieuse chargée de soigner les malades mais aussi d'accueillir les pauvres passants, les vagabonds ou les pèlerins. À Toulouse, les fouilles archéologiques menées au musée Saint-Raymond ont mis au jour les vestiges d'un hôpital fondé vers 1170. De l'autre côté de la Garonne, les hôpitaux Sainte-Marie de la Daurade (futur Hôtel-Dieu) et de La Grave sont connus dès le début du 12e siècle.
L'image du pauvre au Moyen Âge, instrument de salut pour les plus riches, change avec l'Ancien Régime : d'intercesseur privilégié avec le divin, il devient un personnage dangereux, menaçant l'ordre social. Le 17e siècle voit ainsi la transformation de l'hôpital en un lieu d'enfermement pour les pauvres, les enfants abandonnés, les vieillards et autres filles de joie. Le « bon pauvre », qui pour une raison quelconque ne peut travailler, mérite d'être secouru, tandis que le « mauvais pauvre » doit être puni et forcé à travailler.
Au tout début du 18e siècle, la première maison de charité est créée derrière l'actuelle Halle aux grains, dirigée par les sœurs de la Charité de Saint-Vincent de Paul. Grâce à de nombreux dons et legs, ces maisons se multiplient durant tout le siècle, assurant un secours à domicile et un service médical minimum dans les principaux quartiers toulousains. Elles ne disparaissent pas après la Révolution mais sont gérées à partir de 1845 par le bureau de bienfaisance jusqu'à leur laïcisation en 1903. Également administrée par les sœurs de la Charité, la première crèche toulousaine est créée en 1857 par Hippolyte Olivier, industriel et philanthrope, rue de Varsovie. En permettant aux mères de travailler, on cherche ainsi à supprimer un système jugé amoral d'aide sans travail, œuvre économique autant que de bienfaisance.
Durant tout le 19e siècle, les pouvoirs publics prennent de plus en plus le pas sur la charité privée dans le financement de l'assistance. C'est également à cette époque que l'hôpital se médicalise et perd sa vocation d'accueil des indigents.Détail des bains-douche de Saint-Cyprien. Détruits en 1994 pour y installer un commissariat. Seule la porte en fer forgé au monogramme VT (Ville de Toulouse) ornée de son enseigne « douches municipales » en mosaïque de gré-flammé a été conservée et intégrée dans le nouvel édifice. Phot. Soula, Christian (c) Inventaire général Région Occitanie, 1993, IVR73_19933100199XA.
Dans les années 1920, les services du bureau de bienfaisance se réorganisent, les dispensaires sont créés, assurant une assistance médicale gratuite et entreprenant de grandes campagnes de vaccination. En 1925, Étienne Billières, à la tête de la nouvelle municipalité socialiste, lance un grand programme destiné à la classe laborieuse et déshéritée d'amélioration de l'hygiène publique, d'enseignement, d'assistance et de protection des travailleurs, ainsi qu'une politique de construction de logements sociaux d'envergure : des bains-douches, des écoles, des cités-jardins et des immeubles collectifs sont construits, ainsi que la bibliothèque municipale et le parc des sports, avec l'idée de nourrir aussi bien l'esprit que le corps.

Alors que jusqu'au 19e siècle, l'architecture de l'assistance n'a pas de caractéristiques particulières, s'installant dans des maisons ne se différenciant pas des autres constructions, les réalisations de la municipalité socialiste, toutes conçues par l'architecte de la ville Jean Montariol, sont typiques de l'architecture des années 1930, dans un style Art déco très homogène, adapté au terroir toulousain. Ou quand les pouvoirs publics mettent l'art au service de grands idéaux...

SOUS LES PAVÉS


.

Semelle de fondation des arc-boutants du chevet de la cathédrale de Toulouse, Août 2015, Photographie numérique, Nicolas Delsol, service archéologique de Toulouse Métropole

Je m’applique quand j’arc-boute


novembre 2019
Les cathédrales ont un statut particulier. Propriétés de l'État, surveillées par le service des Monuments historiques, étudiées par les historiens et les archéologues du bâti, elles sembleraient n'avoir plus rien à nous apprendre. On n'est pourtant pas à l'abri d'une surprise. Notamment lorsque le service archéologique de Toulouse Métropole a effectué des sondages au pied du chevet de la cathédrale Saint-Étienne, en août 2015. Est alors apparue une énorme structure maçonnée en briques, montrant un parement externe très soigné. Le premier réflexe fut d'évoquer les murs d'un bâtiment disparu, antérieur à l'église actuelle et enfoui par les siècles. Mais il fallut se rendre à l'évidence : il s'agissait là d'une semelle de fondation sur laquelle s'appuient les piliers des arc-boutants qui soutiennent la cathédrale. Elle était destinée à rester enterrée et invisible, mais les bâtisseurs avaient néanmoins pris la peine d'en parfaire l'aspect, autant que pour une maçonnerie extérieure. Son utilité est d'unir tous les arc-boutants par leur base pour empêcher que l'un d'entre eux bouge indépendamment des autres, ce qui entraînerait immanquablement un désordre dans les superstructures. Y avait-il danger ? Probablement. La cathédrale repose apparemment sur une couche de remblais peu stable. En 1914, lors de travaux de fondation sur le côté nord de l'édifice, il fallut creuser sur plus de six mètres de profondeur avant de trouver un sol géologique ferme.

EN LIGNE


.

Bulletin municipal de la ville de Toulouse (1871-1969) : page de titre. Mairie de Toulouse, Archives municipales, PO1 (détail).

Tenir le Bulletin par le bon bout...


novembre 2019
Vous le savez sûrement, la bibliothèque des Archives conserve une collection complète (et en grande partie numérisée) du Bulletin municipal de la ville de Toulouse : 1671 numéros, publiés entre 1871 et 1969, où l'on retrouve aussi bien les comptes-rendus du conseil municipal ou les statistiques mensuelles de la commune que des articles d'information générale (entre 1926 et 1940) évoquant les visites de personnalités politiques, les collections des musées, l'histoire des jardins publics, la rénovation des métiers, la défense passive ou les saisons du théâtre du Capitole...
Cependant, l'accès à cette ressource si riche pour l'histoire de notre ville restait complexe, avec une liste de résultats très longue et une consultation parfois laborieuse. Nous avons donc réfléchi à une autre approche et construit un nouvel accès, sous forme de calendrier. Désormais, en plus de tous les numéros parus, il vous est également possible d'accéder à la liste de toutes les délibérations votées et, le cas échéant, à tous les articles généraux publiés dans l'année. Autrement dit, l'intégralité des richesses du Bulletin en un seul clic (ou presque).

Ce nouvel outil s'inscrit dans un projet plus général d'amélioration de l'accès à nos collections. N'hésitez donc pas à l'utiliser et même, si le cœur vous en dit, à nous faire des retours d'expérience : ils nous seront très utiles pour poursuivre efficacement notre démarche. Merci de votre aide !