Arcanes, la lettre


Chaque mois, l'équipe des Archives s'exerce à traiter un sujet à partir de documents d'archives ou de ressources en ligne. Ainsi, des thèmes aussi variés que la mode, la chanson, le cinéma, le feu sont abordés...

TRI


octobre 2019

DANS LES ARCANES DE


Usine de produits explosifs, dite la Poudrerie Nationale, siège SNPE à Toulouse, 1 rue de la Loge. 1916-1918. Vue intérieure du bâtiment de l'usine où est effectué le triage du coton brut nécessaire à la fabrication de coton-poudre ; ouvrières en habit de travail blanc avec coiffe. Mairie de Toulouse, Archives municipales, 16Fi22/63.

Plus on est de fous, plus on trie


octobre 2019
Dans la vie, il faut savoir faire du tri : du tri dans ses idées, du tri dans son assiette et, bien entendu, du tri dans ses papiers !
Si vous croulez sous les dossiers et que vous êtes dans le péTRIn, cherchez un archiviste, TRIé sur le volet, pour vous mettre le pied à l'éTRIer. Rapidement, vous oublierez que vous étiez une TRIple buse en classement et que votre organisation ne valait pas TRIpette.
Eh oui ! Faire du tri, c'est parfois coton ! Alors, il ne faut pas hésiter à s'y mettre à plusieurs. Et quand, comme ces ouvrières de la Poudrerie nationale, on trie du coton, cela devient impératif.

ZOOM SUR


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[13-14 juillet] 1949. Cyclisme. Jour de repos Tour de France. Boulodrome à Toulouse. Vue de quatre hommes verre à la main ; de gauche à droite : les cyclistes René Vietto, Apo (Jean-Apôtre dit) Lazarides et Lucien Teisseire lors d'une partie de pétanque. André Cros - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 53Fi6552.

Triplette


octobre 2019

Si d'aucuns trouvent du patrimoine sous les sabots d'un cheval, ici, aux archives, nous pouvons dire que nous sommes assis sur une mine. Quand, de surcroît, les fonds photographiques se recoupent et qu'on y on trouve des pépites, l'iconographe atteint la quête ultime, l'absolu, et porte un toast au travail des photographes qui nourrissent chaque jour son cerveau d'hirondelle et lui permettent de tricoter entre les cotes.
L'album « sport » du fonds Dieuzaide dispose, dans la catégorie « cyclisme », de quatre contacts qui n'ont, à première vue, rien à voir avec la petite reine. Sous les pavés, le boulodrome… Les quatre hommes en train de rejouer la partie ne sont pas boulistes, mais cyclistes en plein Tour de France, et précisément en plein jour de repos avant d'attaquer les étapes de montagne le lendemain. C'est André Cros qui documente le moment, lequel a repris possession de ses négatifs et en a fait don aux Archives municipales de Toulouse. Pendant ce temps, Jean Dieuzaide était au bord d'une autre piste, celle du Grand Prix d'Albi où Fangio prenait le départ…
Le fonds Cros est entièrement numérisé et en ligne. Le fonds Dieuzaide, qui est en cours de traitement et de numérisation, est consultable sur place et sur rendez-vous.

DANS LES FONDS DE


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Homme poignardé dans son lit. Gravure de Caspar Luyken, 1704. Rijksmuseum, Amsterdam, inv. n° RP-P-1896-A-19368-2209.

L'été meurTRIer


octobre 2019

À quoi avons-nous passé l'été, loin des plages bondées et des terrasses de cafés ombragées ?
À nous plonger dans les dossiers de procédures criminelles des capitouls pour trier, sélectionner et compiler un bel ensemble de meurtres de toute facture, de noyades accidentelles (ou quelquefois aidées par une main meurtrière), d'accidents de la circulation et de mises à plat fatales causés par des carrosses filants, des charrois pesants ou des chevaux emballés.

Voilà ! Tout ceci est désormais placé sur une carte interactive (on va dire un SIG, depuis le temps, vous le savez), sur UrbanHist pour être plus précis.
Là, sur cette nouvelle couche au nom évocateur de « Meurtres à la carte », chaque point signale et ouvre sur une fiche d'information, succincte sur la version grand public d'UrbanHist, ou extrêmement détaillée sur UrbanHist+. Cette dernière livre, en prime, les transcriptions intégrales des pièces majeures de la procédure, et un moteur de recherche. Ça fait rêver ou saliver.

Seulement 59 meurtres entre 1670 et 1790, c'est tout ?
Que nenni ! Chaque mois, de nouvelles affaires vont venir enrichir la base. Ainsi, 15 cas de morts suspectes ou accidentelles sont en préparation et devraient vous être servis incontinent.
De plus, le classement progressif des procédures criminelles (pour l'année 2019-2020, la décennie 1750 sera livrée dans son intégralité) nous promet la découverte de nouveaux crimes qui viendront peu à peu s'ajouter à ceux déjà référencés.

P.-S. en passant, si parmi vous se trouve un légiste (assermenté ou pas) disposé à donner un peu de son temps, nous sommes preneurs.

LES COULISSES


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« Sauvons nos forêts avec la récupérations des vieux annuaires ». Place du Capitole, 2 décembre 1983. Reportage réalisé lors d'une opération de collecte et de recyclage des annuaires. En présence de Dominique Baudis, maire de Toulouse, et Philippe Dufetelle, adjoint au maire chargé de l'environnement. Daniel Molinier – Mairie de Toulouse, Archives municipales, 15Fi10862.

Tris de gros


octobre 2019
Savez-vous qu'avant de conserver, un archiviste est surtout un champion de la destruction ? 85 % des données et des dossiers produits par l'administration sont détruits au bout d'un délai compris, le plus souvent, entre 5 et 10 ans. Dans la profession, nous avons même coutume de dire qu'un bon archiviste est un archiviste qui jette. Tout-à-coup, vous n'êtes finalement plus très rassurés de savoir que LE document dont vous pourriez avoir besoin pourrait avoir été jeté par un archiviste fou…
Dans la pratique, tout ceci est extrêmement encadré. Des circulaires de tri sont élaborées, au niveau national, pour donner les grandes orientations de la sélection à faire. Puis, localement, une analyse des processus et une évaluation de la valeur juridique et historique des dossiers permettent d'adapter les règles de tri nationales au contexte de l'institution. Les demandes d'éliminations sont ensuite visées par le directeur des Archives départementales, en charge du contrôle scientifique et technique de l'État sur les archives publiques. Alors seulement, les documents sont broyés puis recyclés.
Finalement, les archivistes construisent les rails de la mémoire, puis aiguillent les dossiers vers la destruction ou la conservation. Donc, vous l'aurez compris, du tri, oui, mais pas n'importe comment ! Les archivistes ne sont pas des TRIpatouilleurs de la mémoire, mais bien les conservateurs de la mémoire.

DANS MA RUE


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Hôtel central des postes. Élévation sur la rue Kennedy, détail de l'horloge. Phot. L.-E. Friquart. Toulouse Métropole ; Ville de Toulouse ; Inventaire général Région Occitanie, nc, 2019.

Tri et courrier : la poste centrale de Toulouse


octobre 2019

La poste centrale de Toulouse, qui occupe aujourd'hui une grande parcelle traversante entre les rues Lafayette et Kennedy, est le résultat de deux campagnes de travaux de la fin du 19e siècle et du milieu du 20e siècle. C'est sur la rue Kennedy nouvellement ouverte que le le premier bâtiment est construit.
En mai 1884, une convention est signée entre l'État et la Ville pour l'établissement d'un grand hôtel des Postes et des Télégraphes. Toutefois, les travaux ne démarrent que quelques années plus tard, retardés par diverses difficultés, notamment des hésitations liées à l'abandon du site historique du service de la poste, rue Sainte-Ursule, et au nouvel emplacement convoité par la faculté Hôtel des Postes à Toulouse (Haute-Garonne), Joseph Thillet architecte. Extrait de "Monographies de Bâtiments Modernes", A. Raguenet, directeur, Paris, 38e livraison. Impr. F. Hermet, 70 rue de Rennes, Paris, 1890, Archives municipales de Toulouse, 38Fi9.des Sciences.

 

 

 

Le bâtiment sur la rue Kennedy est édifié entre 1886 et 1890 par Joseph Thillet lors du percement de cette rue, et ne possédait aucune sortie sur le square du Capitole. Pour agrandir le bâtiment du 19e siècle, quatre immeubles ont été acquis par expropriation sur la rue Lafayette. La construction est signée par Pierre Thuriès, architecte régional des PTT. Le bâtiment de Thuriès bâti entre 1939 et 1946 a reçu le Label "Architecture contemporaine remarquable" décerné par le ministère de la Culture. Ce bel ensemble a toutefois fait oublier la façade originelle donnant sur la rue Kennedy.

Cette façade entièrement construite en pierre de taille, ornée de bossage au rez-de-chaussée et à l'entresol, surprend par sa monumentalité. Elle se développe sur onze travées, plus deux travées latérales annexes bâties en brique claire. L'élévation se distingue par un corps central qui était couronné à l'origine par un fronton triangulaire et un toit en pavillon couvert d'ardoises. Sa travée centrale est mise en valeur par un portail monumental orné d'une agrafe portant les armoiries de la ville de Toulouse soutenues par des putti, avec de part et d'autre un médaillon gravé des lettres R et F pour République Française. Au-dessus, un cadran d'horloge est entouré par deux figures se tenant la main : Hermès, identifiable à son caducée, et une jeune femme, pouvant être la déesse Iris, tous deux messagers des dieux de l'Olympe. Cet ensemble sculpté est signé par l'artiste Toulousain Henry Maurette (1834-1898), auteur également de sculptures ornant la façade de la faculté mixte de Médecine et de Pharmacie et le fronton du palais Niel.

SOUS LES PAVÉS


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Épandage de fragments d'amphores dans le quartier Saint-Roch à Toulouse, janvier 2018, photographie Maïténa Sohn, Service de l'Inventaire patrimonial et de l'Archéologie de Toulouse Métropole

Trop - Tri - Trou


octobre 2019
Les archéologues ont l'habitude de trier. Sur le terrain, on passe quelquefois les sédiments au tamis pour récupérer les artefacts les plus petits, comme les éclats de silex sur les sites préhistoriques. Un tri peut être aussi effectué plus tard, en laboratoire. Ce sera le cas pour des prélèvements recueillis par le service archéologique de Toulouse Métropole dans des silos médiévaux actuellement en cours de fouille. On y recherchera des restes de végétaux (charbons, graines ou pollens). 
L'écrémage peut parfois porter sur des objets plus grands. Le quartier Saint-Roch à Toulouse a connu une importante occupation à la fin de l'âge du Fer. Et l'une des occupations favorites de ces chers Gaulois était d'importer des amphores (par milliers), de les vider de leur contenu (essentiellement du vin), puis de les casser sur place (a priori, elles n'étaient pas consignées), créant ainsi d'immenses épandages de tessons dans tout ce secteur.
Lors de fouilles à la caserne Niel en 2009-2011, ce sont près de 900 000 fragments d'amphores qui ont été retrouvés pour un poids approchant les 98 tonnes. Chacun d'eux a bien sûr été comptabilisé et étudié. Mais était-il utile de tous les conserver dans une réserve muséographique, emballés et étiquetés individuellement, alors que les amphores sont des productions de masse standardisées ? La réponse fut négative. Après avoir trié et gardé les éléments les plus distinctifs (bords de lèvre, parties estampillées), les morceaux les plus communs ont été rassemblés (plus de 700 000) et « réinhumés » dans un même trou sur le site de leur découverte. Ainsi a été créée dans la banlieue toulousaine une réserve dans laquelle l'on pourra venir puiser si l'humanité se trouve un jour à court de matériel amphorique…

EN LIGNE


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2 mars 1969. En bordure des pistes de Blagnac, des spectateurs observent le premier vol de Concorde avec Jacqueline Auriol. Négatif N&B : 2,4 × 3,6 cm. André Cros - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 53Fi1870.

T.R.I. : Thesaurus, Répertoire ou Index


octobre 2019
L'objectif d'une recherche documentaire efficace, que ce soit dans des documents d'archives ou des collections de bibliothèque, est systématiquement d'obtenir une liste des résultats les plus « justes » possibles. Et peu importe qu'un homonyme se soit glissé dans une description ou qu'une notice n'atteigne pas le degré de précision escompté : nous espérons toujours (secrètement) que LA réponse idéale / pertinente / tant attendue surgira, du premier coup, telle une révélation, dès que notre souris aura fiévreusement actionné le bouton « Lancer la recherche ». Les années d'expérience nous apprennent l'humilité et la patience : il n'en reste pas moins que le clic de lancement final est immanquablement teinté d'une émotion palpable...
Mais comment procéder pour trier, en amont, le bon grain de l'ivraie ? C'est là tout l'art d'utiliser un « vocabulaire contrôlé ». Dit comme cela, ça ne fait pas rêver ; cela peut même se révéler parfois fastidieux, il faut bien le reconnaître. Mais lorsque l'on sait comment s'en servir, tout devient possible (ou presque), et de nouveaux horizons s'offrent à vous…

Avez-vous déjà essayé d'interroger notre base de données en utilisant les notices d'indexation ? Connaissez-vous RAMEAU ? Savez-vous ce qu'est un thesaurus ?
Tous ces outils, utilisés par les professionnels de l'information, sont là pour décrire précisément un document, ce dont il parle, ce qu'il représente, et ce, même si son titre, son intitulé ou son aspect extérieur n'en disent rien. Ils nous proposent des descripteurs signifiants, nous évitent les pièges de l'orthographe ou permettent de regrouper sous la même bannière des collections complémentaires, vous offrant ainsi la possibilité de rebondir allégrement d'un résultat pertinent à un autre. Ça fait rêver, non ?
Alors, n'hésitez plus ! La prochaine fois que vous consulterez une de nos notices, repérez bien la rubrique « Termes d'indexation » et cliquez sur un mot en rouge : vous ne devriez pas être déçus...