Arcanes, la lettre


Chaque mois, l'équipe des Archives s'exerce à traiter un sujet à partir de documents d'archives ou de ressources en ligne. Ainsi, des thèmes aussi variés que la mode, la chanson, le cinéma, le feu sont abordés...

ENVOL


juin 2019

DANS LES ARCANES DE


Dessin représentant l'Éole de Clément Ader (1841-1925). Reproduction Francis Alexandre - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 15Fi2520.

Envol au-dessus d'un nid de Trois-Coucous


juin 2019
L'envol est une constante toulousaine. Déjà, à la fin du XVIIe siècle, un imposant faîtage nommé « colombe » surplombait Toulouse depuis la tour d'une métairie sise sur la butte du Calvinet, occupée aujourd'hui par les quartiers de Guilheméry et de la Côte-Pavée. Par prémonition, l'accès nommé « chemin de la Colombette » devint tout d'un coup, deux cents ans plus tard, celui de la Gloire, puis l'avenue du même nom. Il faut dire que Toulouse voyait, depuis quelques décennies, l'essor d'un drôle d'oiseau venu de son muretain natal : Clément Ader. Loin des colombages du centre-ville et de la très terre-à-terre Hirondelle des frères Amouroux, le génial inventeur allait marquer son époque.
Depuis l'actuelle rue de la Colombette, dernier vestige du chemin d'antan, 3,5 km nous conduisent (à vol d'oiseau, bien entendu) au quartier des Trois-Coucuts, animaux à plume auxquels une confusion de sens et d'orthographe donne fortuitement des cornes – ce qui a peut-être attiré les Izards, installés tout près. L'urbanisation complète de la zone a conduit les bâtisseurs à migrer immédiatement au nord pour investir le quartier de Borderouge, où la cigogne de la modernisation a récemment livré à l'administration municipale de nouveaux locaux dont il va être question plus bas dans ce numéro. Et dire qu'il y a 26 ans déjà, une colombe annonçait aux Toulousains le chantier de leur première ligne de métro !

ZOOM SUR


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Costes et Le Brix à Toulouse (1928). Marius Bergé – Mairie de Toulouse, Archives municipales, 85Fi161.

Escale toulousaine


Juin 2019

L'accueil réservé le matin à nos deux aviateurs à leur entrée en gare Matabiau avait été chaleureux. À la hauteur de leurs exploits. Il faut dire qu'à bord de leur bréguet 19, le Nungesser et Coli, Dieudonné Costes et Joseph Le Brix avaient accompli, du 10 octobre 1927 au 14 avril 1928, un tour du monde. Et réalisé pour cette occasion la première traversée de l'Atlantique Sud sans escale, ralliant après 20 heures de vol Saint-Louis-du-Sénégal à Natal (Brésil). Depuis leur retour, ils étaient reçus en héros dans les grandes villes de France. 
À peine arrivés à Toulouse étaient-ils attendus au Capitole : le maire, Étienne Billières, souhaitait leur remettre le diplôme de citoyens honoraires de la ville. Alors qu'ils sont conviés au Grand-Hôtel à un banquet organisé à grands frais en leur honneur, c'est au stade Ernest-Wallon qu'on les retrouve sur cette image. Car à Toulouse, dimanche 6 mai 1928, journée faste, se jouait une finale de rugby. Avant un tour de piste triomphal resté dans les mémoires – si original, relate un journaliste, que le speaker en oublia de présenter les équipes (!) – nos deux aviateurs, leur chapeau à la main, rendent hommage aux joueurs du Stade Toulousain morts pour la France. 
Ils ont le bel âge. Tout leur sourit. Dieudonné Costes, une gerbe de fleurs dans les bras, arbore un sourire insolent. Joseph Le Brix a ce regard si particulier qui, selon Saint-Exupéry, éclairait et ennoblissait tout ce qu'il touchait. 
Trois ans plus tard, lors d'un raid aérien devant le mener de Paris à Tokyo, Joseph Le Brix disparaîtra au-dessus des monts Oural. En vol.

DANS LES FONDS DE


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Le Minotaure. Cliché de P. Jacquelin, 2019. Mairie de Toulouse, Archives municipales.

L'envol des Géants


juin 2019
La piste des géants a pris son envol en fin d'année 2018 à Montaudran. Les créatures de la Compagnie La Machine ont été installées dans leur halle, et l'opéra Le Gardien du Temple a été joué dans les rues de Toulouse début novembre 2018.
Comme suite à la fermeture de l'Espace Croix-Baragnon à l'été 2018, les Archives municipales ont pris en charge et traité les archives conservées dans ce lieu de culture. Dans le fonds d'archives de la direction Recherche et Développement culture, se trouvent des dossiers sur le décollage du projet, de la construction de la Halle de la Machine à l'organisation de l'opéra qui a dévoilé le Minotaure. Il faudra encore un peu de patience pour découvrir le contenu du versement 1272W, actuellement en cours de classement et mis à la disposition du public en fin d'année 2019. En attendant, quelques pièces sur cette aventure sont consultables dans le versement d'archives de l'ancien directeur général des affaires culturelles, M. Jean-Louis Sautreau (versement 1209W).

LES COULISSES


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Rentrée des classes 1978-1979. Ecole mixte du Nord, 13 boulevard d'Arcole. 20 septembre 1978. Mairie de Toulouse, Archives municipales, 15Fi1824.

La Maison municipale des familles prend son envol


juin 2019

Depuis le 3 mai, les directions de la Petite enfance, Éducation, Enfance et Loisirs, ainsi que les missions Dossier unique interactif et Observatoire enfance de la Ville de Toulouse, historiquement installées dans le bâtiment de l'ancienne caserne de Compans, ont déménagé dans le quartier de Borderouge.
Jean-Luc Moudenc, Maire de la ville, a décidé de nommer ce nouvel espace la « Maison municipale des familles ». Située aux 32-34 boulevard André Netwiller, elle est un véritable pôle municipal du XXIe siècle dédié à l'enfance et à la jeunesse.
Avec ce déménagement, c'est le projet global de modernisation et d'optimisation des services destinés aux familles qui se met en œuvre : un projet dénommé « Envol » depuis ses débuts en novembre 2016.
Ce déménagement est aussi la concrétisation, pour les Archives municipales de Toulouse, d'un important travail de sensibilisation et d'accompagnement des directions.
Le service Collecte et Relations avec les services versants a ainsi apporté son aide dans l'évaluation des documents à détruire, à conserver ou à transférer vers le nouveau site de Borderouge.

Il a coordonné les opérations de transferts de documents aux Archives municipales, et a accompagné les projets de dématérialisation.
Au total, 299 mètres linéaires de documents ont été éliminés et 100 mètres linéaires transférés aux Archives municipales pour classement. Parmi ces archives, figurent des registres de déclaration d'ouverture d'écoles privées pour la période 1902-2007.

 

DANS MA RUE


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Mai-Juin 1938. Foyer du Peuple, 69 rue du Taur, où se tient une exposition documentaire sur la guerre d'Espagne. On y voit un groupe d'hommes - parmi lesquels l'aviateur Édouard Serre (au centre de l'image). Le 69 rue du Taur accueillera après guerre le siège du parti socialiste ouvrier espagnol. Ville de Toulouse, Archives municipales, 85Fi1803.

Toulouse terre d’envol, Toulouse terre d'accueil


juin 2019

En cette année 2019, deux anniversaires sont commémorés par la ville de Toulouse.
Il s'agit d'abord de célébrer les 100 ans du premier vol postal entre la France et le Maroc : partis de Montaudran, Pierre-Georges Latécoère et son pilote mettent 12 heures pour relier Toulouse à Casablanca, préfigurant la place incontournable de Toulouse dans le développement de la construction aéronautique. De nombreux lieux toulousains portent la trace de cette épopée : l'usine Dewoitine aux Minimes, aujourd'hui Airbus (l'entreprise fête également son 50e anniversaire), l'hôtel du Grand Balcon dans lequel logeaient les aviateurs, et bien sûr les usines Latécoère de Montaudran, transformées récemment en un lieu de mémoire et de transmission du patrimoine aéronautique toulousain. 
Le deuxième anniversaire, plus sombre celui-ci, commémore la Retirada, au cours de laquelle des milliers d'Espagnols ont fui en 1939 le régime du général Franco. 
Toulouse, capitale de l'aéronautique, est devenue pendant toute la durée du franquisme, de 1939 à 1975, la capitale du gouvernement républicain en exil, accueillant des milliers de réfugiés espagnols. Leur souvenir imprègne les rues toulousaines : au 71 de la rue du Taur était établie la direction nationale du syndicat des travailleurs espagnols. On y trouvait également le siège de l'association Solidaridad Democratica Española, proposant une aide matérielle, juridique et légale aux exilés socialistes en France et aux familles des clandestins persécutés par le franquisme. Juste à côté, l'actuelle cinémathèque abritait le siège du parti socialiste ouvrier espagnol et de nombreuses manifestations culturelles s'y déroulaient. La Croix-Rouge espagnole, quant à elle, s'était installée au 51 de la rue Pargaminières. Enfin, l'évocation de l'exil républicain à Toulouse ne peut se faire sans citer l'hôpital Ducuing, ancien hôpital de Varsovie, créé à l'origine pour soigner les guérilleros, et qui garda pendant longtemps sa vocation sociale et humaniste.

Un départ et une arrivée. Un patrimoine matériel et économique d'un côté, et de l'autre, un patrimoine immatériel, porteur à la fois d'une grande douleur et d'une grande fierté. Ces « remémorations » sont l'occasion de rassembler, au-delà des divisions, autour d'un héritage commun célébrant l'idéal républicain, plus que jamais d'actualité. Cet été, ne manquez pas  « Je suis né étranger », série de manifestations d'art contemporain organisées par les Abattoirs dans toute l'Occitanie pour le 80e anniversaire de la Retirada, avant d'aller admirer en septembre les photographies de Germaine Chaumel, Jean Dieuzaide, Enrique Tapia Jimenez et Marius Bergé, témoins privilégiés de cet exil, une exposition en plein air conçue par les Archives dans le jardin Raymond VI.

SOUS LES PAVÉS


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Boulets de la bataille de Toulouse de 1814 autrefois conservés au musée Saint-Raymond, Ville de Toulouse, Archives municipales, 2Fi3979 (extrait).

Objets archéologiques (anciennement) en vol


juin 2019
L'une des branches de l'archéologie qui se développe le plus ces dernières années est celle qui concerne les conflits contemporains. Et parmi les vestiges archéologiques les plus emblématiques de cette thématique, on trouve tout ce qui a pu décrire une trajectoire aérienne dans le but d'aller écharper la partie adverse : les projectiles (balle, boulet, bombe, missile...), voire les avions qui ont pu les transporter.
La première bataille contemporaine à Toulouse fut celle du 10 avril 1814 contre les troupes anglo-hispaniques de Wellington. C'est ainsi qu'on retrouve quelquefois des boulets comme ceux que l'on aperçoit sur la photographie que nous présentons, autrefois conservés au musée Saint-Raymond. L'un d'eux avait été découvert en 1892 au chemin de la Juncasse, l'actuelle avenue de la Colonne.
Lors du dernier conflit mondial, ce furent surtout quelques rares bombardements aériens en 1944 qui ont marqué notre ville. Les archives municipales conservent d'ailleurs des clichés très impressionnants, pris dans l'action (31Fi2 et 31Fi4). Quelquefois l'avion était abattu et prenait alors la même trajectoire que les bombes qu'il était venu larguer… C'est ainsi qu'en 2011, on retrouvait sous l'avenue Saint-Exupéry le moteur d'un bombardier anglais Avro Lancaster, descendu dans la nuit du 5 au 6 avril 1944 alors qu'il attaquait la piste d'aviation de Montaudran.

EN LIGNE


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Laté 28 en vol. Aérodrome de Montaudran, entre 1927 et 1933. Vue d'un avion Latécoère 28 en vol au-dessus de la piste de décollage. Photographie N&B, 12 × 17 cm. Mairie de Toulouse, Archives municipales, 1Fi1055.

« Envole-moi »


juin 2019

Toulouse, terre d'envol : voilà qui n'est plus à démontrer depuis longtemps. Il y a même, depuis l'année dernière, un espace muséographique tout entier dédié à cette spécificité toulousaine. Un peu comme le rugby ou le cassoulet, l'aéronautique participe aussi à façonner l'identité de la Ville rose.

Elle rentre donc pleinement dans le champ d'action des veilleurs que nous sommes : indexations particulières, dossiers documentaires, bibliographies ciblées… tout est mis en œuvre pour retrouver et valoriser les informations (nous l'espérons, utiles) relatives à ce domaine.

Il s'agit pour nous de vous aider à trouver ce que vous cherchez, en vous proposant des outils efficaces et pertinents, adaptés à vos besoins. Parfois, au milieu de la masse d'informations à traiter, il peut nous arriver de manquer de recul ou d'être contraints par des limites techniques. Mais nous essayons toujours de nous améliorer. Alors n'hésitez pas à nous faire part de vos idées et/ou suggestions : nous n'arriverons peut-être pas à toutes les mettre en œuvre, mais nos échanges contribueront à coup sûr à rendre nos propositions encore meilleures.