Arcanes, la lettre


Chaque mois, l'équipe des Archives s'exerce à traiter un sujet à partir de documents d'archives ou de ressources en ligne. Ainsi, des thèmes aussi variés que la mode, la chanson, le cinéma, le feu sont abordés...

EN LIGNE


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Vue de l'avion Bréguet 941 stationné dans un champ en bordure de forêt de Bouconne, un troupeau de moutons paissant à côté de l'appareil. Photographie André Cros, 24 mai 1965. Ville de Toulouse, Archives municipales, 53Fi2251.

... et des jeux


octobre 2018

L'essentiel (panem) ayant désormais été assuré par les billets qui précèdent, je puis en toute liberté passer à un tout autre thème (circences) sans que ce hors-sujet ne choque personne.
Les jeux nombreux de dés ou de cartes d'Ancien Régime ? Bien trop compliqués pour nous désormais. Si le cul-de-chouette n'en fait pas partie, il y a toujours le pharaon, le biscambille, l'hombre, le lansquenet etc., où seuls les spécialistes de la crapette modernes sauraient peut-être s'en sortir. Délaissons aussi les jeux d'intérieur, comme le billard ou le jeu de paume.
Les jeux d'eau ayant déjà été évoqués dans le numéro d'Arcanes qui précède, passons aux jeux d'air. Tenez, celui qui consiste à projeter dans les airs au moyen d'une fronde tout projectile solide (mais non explosif toutefois). Eh oui, c'est le retour de la bonne vieille campe.
Ces plaisirs de la jeunesse attirent régulièrement des dizaines, voire centaines de joueurs, font les délices des chirurgiens qui doivent ensuite soigner et remettre sur pied les nombreuses victimes (autant les spectateurs que les participants). Les capitouls verbalisent, réglementent et croient pouvoir museler, éradiquer même ce sport local. Ah les naïfs : la fronde est certainement la première arme de jet de l'histoire (pensez aux guerriers Baléares dans Salammbô) et si les CRS courent la campagne avec des boucliers, c'est bien que les « campeurs » modernes resurgissent toujours.
Mais ne croyez pas que les jeux de plein air sous l'Ancien Régime étaient uniquement composés d'activités violentes : on avait le petit palet, le jeu de mail, les quilles, tous si délassants et bien innocents.
Enfin, on trouve encore « la course du mouton »*, ou « courir le mouton », dont nous reparlerons certainement sous peu, une sorte de grande fête populaire ouverte à tous où devaient se mêler les rires et les cris d'encouragement, adressés tant aux participants qu'au mouton galopant.

* une bergère qui m'est très chère m'assure que l'activité est intense, particulièrement lorsque le parcours est ponctué d'obstacles (ici sous forme de besals).

Ordonnance de police des capitouls, du 15 juin 1782, concernant la place Dauphine. Ville de Toulouse, Archives municipales, BB169, p. 203.

Jeux d'eau, jeux de vilains


septembre 2018

Les petites filles sont prévenues ! À Toulouse, on ne joue pas avec l'eau des fontaines : impossible de songer aller s'y rafraîchir, encore moins y barboter ou s'asperger dans de grands éclats de rire.

En août 1772, la petite Catherine Lacoste, « âgée de douze ans, étant allée pour boire de l'eau à la fontaine de la place de S[ain]t-Étienne avec d'autres enfants de son âge » (FF816/6, procédure #140, du 12 août 1772) se fait tellement malmener par une domestique pressée de remplir son cruchon qu'elle est désormais alitée et qu'on dit qu'elle crache du sang caillé et des excréments par la bouche et qu'elle sera irrémédiablement estropiée à vie.

Faisons un bond jusqu'en 1782. Miracle, la ville vient de se doter d'une deuxième fontaine qui, comble du luxe, semble couler régulièrement, ce qui n'est pas toujours le cas de celle de la place Saint-Étienne.
Prévoyants, les capitouls vont même jusqu'à créer un poste de garde à bandoulière, particulièrement chargé de veiller au respect des ordonnances (celle du 15 juin interdit entre autres choses qu'on y fasse lessive ou que l'on vienne y laver sa salade) et celui-ci tient les enfants à l'œil.
En particulier le petit Bernardet (15 ans), fils de l'aubergiste du Saint-François, qui s'amuse à laisser les robinets ouverts. Rien à faire : le commis avec sa belle bandoulière a beau le mettre en garde, le jeune garçon fait sa forte tête, grimpe sur la vasque, asperge les alentours, tiraille les cheveux du commis, qui est obligé de reculer et d'appeler la main-forte à sa rescousse. Pire encore, le chenapan répète « à plusieurs reprises qu'il vouloit y chier dedans », puis prend la fuite sans attendre l'arrivée du guet (FF826/5, procédure #087, du 27 juillet 1782).

Sauf que voilà, si encore il n'y avait que les enfants à surveiller !
En juin de la même année, le garde Jérôme interpelle un « monsieur » qui s'est avisé de monter sur la margelle pour rincer un verre. Sommé de descendre, l'homme résiste, et notre garde à bandoulière ne trouve d'autre ressource que celle d'asperger le contrevenant*. Évidemment, le « monsieur » rétorque par des insultes, bientôt soutenu par son épouse et tout le voisinage (FF826/3, procédure #064, du 21 juin 1782).


* ce qui soulève une épineuse question de Droit : un garde a-t-il le droit d'asperger un quidam alors qu'il est chargé d'empêcher les particuliers de s'asperger entre eux...

Reste de scellés apposés sur un des objets lié au "suicide involontaire" de Jean Ramondis, dit Torrofabes. Archives municipales de Toulouse, FF814/3, procédure #047, du 13 mars 1770.

Pièces à conviction


juillet - août 2018
L'élément capital dans une affaire criminelle est sans conteste la pièce à conviction ; (il est évident que s'il y a un suspect ou un accusé, ses aveux deviennent tout aussi importants).
Il est difficile de s'imaginer l'amoncellement de pièces à conviction hétéroclites qu'il pouvait y avoir aux 17 et 18e siècles dans les armoires ou coffres du greffe criminel de l'hôtel de ville.
Pourtant, en lisant une à une les procédures, on apprend que untel y apporte son habit souillé par un pot de chambre ; tel autre vient déposer et faire mettre sous scellé une touffe de ses cheveux, arrachée lors d'une empoignade homérique avec un agresseur. On y trouve encore le caillou couvert de sang qui a servi à frapper un homme, le bâton avec lequel a été rossé un autre, les mouchoirs volés trouvés dans les poches de ce vagabond lors de sa fouille, un rossignol laissé sur place par des voleurs après l'effraction d'une maison, une garde d'épée brisée...
D'autres pièces à conviction, plus encombrantes, sont remisées dans la chambre de la géhenne (torture). Il s'agit des corps de victimes de morts violentes ou suspectes. Ils ont préalablement été scellés au front à la cire rouge et n'attendent plus que les experts qui, en fouillant dans les chairs vont « faire parler » ces corps avant que l'on puisse songer à les inhumer.
Enfin, parce qu'elles sont de petit format, des pièces à conviction sont restées conservées parmi les documents des procédures criminelles des capitouls : faux billets pour le théâtre, affichettes diffamatoires, lettres d'amour ou lettres anonymes, chansons scabreuses, échantillons de tissus volés, etc... jusqu'à cette charge de pistolet retirée de la gorge et nuque du malheureux Cailhol en 1786 !
Quelques uns de ces papiers ou petits objets, vestiges des méfaits et des crimes de nos aînés se donnent à voir désormais sur une page des Bas-Fonds des Archives ; après numérisation, d'autres viendront bientôt enrichir cette petite collection.
[Jeune femme alitée, sujette à la maladie d'Amour]. Dessin aquarellé de Gesina ter Borch, accompagnant et illustrant son album de chansons et de poésies, vers 1653. Rijksmuseum, Amsterdam, inv. n° BI-1890-1952-24 (détail du folio 24).

Une chance au grattage...


Juin 2018

Admettez que vous êtes en veine. La rubrique Dans les Bas-Fonds des Archives de Toulouse vous offre une opportunité unique de pouvoir passer tout ce mois de juin au lit avec nous en pleine période de la fin de l'Ancien Régime.
Dépaysement immédiat garanti. Franchement, si ce n'est pas de la chance ça !
Attention, précisons bien que nous serons ensemble dans le lit et non pas sous la couette. Car, même si nous avons les idées larges, il s'agit tout de même de respecter les usages de l'époque ; or sous l'Ancien Régime on dort précisément sur la couette et non en dessous.
Autre chose, afin d'assurer votre confort, pensez à vous munir d'une bassinoire et d'un pot de chambre. Si vous faites suivre votre soubrette c'est aussi bien, elle en profitera pour nous tenir la chandelle et tirer les rideaux du lit au moment du coucher.
Ah, un détail important avant que vous ne fassiez votre musette ou valise : on ne saurait accepter les pyjamas en pilou ou les nuisettes satinée (et ne vous avisez pas pour autant de croire que l'on peut dormir nu comme des vers) ; la tenue imposée reste une simple chemise (longue) et l'inamovible bonnet de nuit.
Et, si d'aventure vous préfériez à notre compagnie la tranquillité d'une chambre d'auberge, pourquoi pas, mais... rien ne dit que vous passerez une nuit moins troublée. Là, inutile d'espérer prendre toute la largeur du lit, d'y dormir en biais, en étoile, car à tout moment de la nuit l'aubergiste peut venir vous pousser et vous serrer sur un côté afin de rajouter dans votre lit un voyageur arrivé sur le tard.
Et puis, dans ces auberges, autant vous prévenir déjà : le fait de partager un lit avec un inconnu n'est pas toujours sécurisant. Effectivement, nombre de dormeurs découvrent au petit matin qu'on a fait leurs poches de culottes ; certains encore moins chanceux, se rendent compte que leur compagnon d'un soir est atteint de la gale ou la teigne...

Si vous étiez tentés par l'aventure, inutile de vous inscrire et de réserver votre chambre auprès des Archives, il vous suffit juste de télécharger le dossier « In bed with... », notre dernier numéro des Bas-Fonds et de vous offrir ainsi une expérience hors du commun.

Brisk cathartic, [homme immobilisé aux latrines après l'absorption d'un laxatif]. Gravure colorisée, par James Gillray, d'après John Sneyd, 1804. Wellcome Library, Londres, inv. n° 12068i.

Relax, il y a toujours le sucre de Mars


mai 2018

En mai, comme on peut faire ce qui nous plaît, alors pourquoi ne pas vous parler du sucre de Mars (notez la majuscule). Ce produit merveilleux, qui reste toutefois plus connu sous le nom de sel de Seignette.
Si nous savons que la chose était appréciée à Versailles, la cour et les grands du royaume (voire les dieux Romains) n'en étaient certainement pas les seuls consommateurs puisque, en 1780, nous découvrons un simple jardinier toulousain nanti d'un tel paquet.
En effet, en octobre 1780, lorsqu'on étale les possessions du malheureux Louis Mascot, renversé et tué par une charrette attelée de mules, on découvre ce que recèlent ses poches : une tabatière à coulisse en laiton, deux paquets d'allumettes, un petit mouchoir « à moucher », un ciseau de fer, un morceau de papier, une somme de 7 livres et 3 sols, et... un paquet de sels purgatifs de Seignette !
C'est vrai, on a oublié le principal : il convient de préciser que ce sucre de Mars n'est ni une douceur ni un condiment quelconque, puisque ce formidable laxatif sert au grand soulagement des intestins.

Ainsi, si vos boyaux vous taquinent, plongez-vous dans la lecture des dossiers mensuels des Bas-Fonds sur les latrines (décembre - n° 24), vous y trouverez un chapitre sur les laxatifs et les lavements. Si le contenu des poches vous intéresse, allez farfouiller dans le numéro de mars (n° 27). Enfin, si vous en avez assez de la rubrique chiens écrasés* de votre feuille de chou locale, allez donc faire un tour dans le dernier numéro (avril - n° 28), qui traite des accidents, avec écrasements et mises à plat de personnes, causés par les charrettes ou les carrosses.

 

* pour les amis des bêtes, il y a aussi un Bas-Fonds sur les chiens (n° 25). Nous présentons toutes nos excuses à ceux amoureux des pigeons (colombophiles ou gourmets) : ils devront attendre encore un an avant de lire un dossier consacré à leurs volatiles préférés.

Elévation de façade d'un immeuble collectif avenue de Lombez réalisé par l'architecte Jean-Pierre PIERRON. Ville de Toulouse, Archives municipales, 579W1025/d.

L'amer tue, me dit-on, sauf aux Archives…


avril 2018

Ne soyez pas amers, vous n'avez plus aucune raison d'errer à la recherche des plans de votre maison ou de votre appartement.

Conscients des difficultés que vous pouvez rencontrer face à l'océan de permis de construire conservés aux Archives municipales de Toulouse (plus de 66 000, de 1943 à 2002), nous vous guiderons désormais dans vos recherches à toutes heures du jour et de la nuit ! Par quel miracle me direz-vous ?!

Grâce à une toute nouvelle page de notre site internet, un véritable petit guide numérique vous expliquant le pourquoi du comment du permis de construire, comment le trouver, le consulter, et même le reproduire au besoin. Alors, ça va mieux ?

Camp de nomades de Ginestous, chemin de Ginestous, 9 février 1976, en cours de démolition. baraquements et enfants dans une baignoire. Pôle image de la direction de la Communication - Ville de Toulouse, Archives municipales, 15Fi2253/9 (détail).

Nomades


mars 2018

« Errants et menaçants, intrigants ou douteux, fascinants… de multiples représentations des Tsiganes traversent l'histoire de la photographie. De la vision romantique héritée du 19e siècle aux images d'un peuple asocial et archaïque, de la fascination au rejet raciste, l'exposition MONDES TSIGANES donne à voir une autre vision des Tsiganes et permet de comprendre les origines d'une discrimination qui perdure encore aujourd'hui. » Ainsi débute le communiqué de presse de l'exposition organisée par le Musée national de l'histoire de l'immigration, à Paris, du 13 mars au 26 août 2018.

Sollicitées par l'un des commissaires, Ilsen About, les Archives de Toulouse ont transmis des fichiers numériques d'André Cros de 1963 et prêté des pochettes de reportage réalisés par la direction de la Communication dans les années 1970.


Gitans à Toulouse (1963-1976)

 

Longtemps installés dans le quartier Saint-Cyprien, les gens du voyage ont occupé divers sites toulousains, de manière licite ou non. On les trouve rue de Périole, au niveau du jardin Pierre-Rous, près des actuelles Archives, en 1962, dans un superbe reportage d'André Cros ; ils sont évacués de Bourrassol en mai 1963 et leurs baraquements sont démolis à Ginestous en septembre de la même année ; les gitans de Saint-Simon sont pris en charge à la fin des années 1960 ; on se plaint de leur installation sur l'île du Ramier en 1981…
Mal considérés, parfois appelés Gitanos à Toulouse, ils vivent de petits métiers de rue, tel que tondeurs de chiens au début du 20e siècle.

Les reportages sur les gens du voyage d'André Cros et ceux de la direction de la Communication les montrent débordant de vie et logés dans des conditions précaires.

Toulouse. Septembre 1998. Vues d'une boîte métallique, de couleur jaune, de « Cachou Lajaunie ». Pôle image de la Direction de la Communication - Ville de Toulouse, Archives municipales, 15Fi12354 (détail).

Rien ne vaut le Cachou… Lajaunie !


février 2018
Ah... L'odeur de la réglisse et le tintement des dragées dans la petite boîte de métal jaune. Toute une époque… Mais saviez-vous qu'il s'agissait au départ d'un « médicament » pour la bonne haleine, inventé vers 1880 par un pharmacien toulousain nommé Léon Lajaunie ? Et que la taille et la forme de son contenant si caractéristique étaient inspirées de celles d'une montre de gousset ?
Alors, si vous souhaitez en savoir plus et briller en société lors de dîners mondains, de nombreuses ressources numériques s'offrent à vous, notamment :
• un article d'Alain Le Pestipon, publié dans L'Auta en mars 2005, sur Léon Lajaunie ;
• un article de Philippe Emery, publié dans La Dépêche du Midi en août 2009, sur l'usine toulousaine encore en activité après 130 ans ;
• une interview télévisée du responsable marketing de l'entreprise Lajaunie, réalisée en décembre 1985 ;
• des clichés d'une publicité, pris par le Pôle image de la Direction de la Communication de la Ville de Toulouse, en septembre 1998 ;
• des notices de Wikipédia, l'encyclopédie libre et de Wikimedia Commons, la médiathèque libre.
Et si vous désirez creuser davantage, une thèse de Pharmacie soutenue par Hélène Guinaudy en 1989 est également disponible à la consultation, mais sur place cette fois-ci… Alors, au plaisir de vous retrouver bientôt en salle de lecture !
La nuit de la photo à la chambre de commerce et d'industrie de Toulouse, remise de cadeaux à des enfants. A gauche Henry Delgay. 1967. Delgay (famille) - Ville de Toulouse, Archives municipales, 36Fi207 (détail). Licence CC BY SA 4.0.

Dans la hotte du Père Noël


janvier 2018

L'année 2017 s'est achevée et il est temps de faire le point sur les cadeaux qu'il a apportés.

Les amis de la généalogie seront peut-être satisfaits car nos collections de tables décennales et de registres d'état civil sont quasiment toutes numérisées. Les pages numérisées remplacent, partiellement, la collection du greffe généreusement offerte par les Archives départementales de la Haute-Garonne, il y a déjà quelques années. Mais il y en a pour tout le monde !

Lots de numérisation intégrés dans notre base de données en ligne en 2017 :

- 42 tables décennales : la collection du greffe est toujours accessible en fichiers pdf liés aux notices ;
- 124 registres d'état civil entre 1796 et 1916 (1E) ;
- 41 listes électorales de 1864 à 1884 (4K1-4K41): ces listes nominatives permettront de compenser, en partie, les listes de recensement lacunaires pour cette période ;
- 72 matrices cadastrales de 1788 à 1914 (1G1-1G16, 1G138-1G193) : rubrique 2.FINANCES, IMPÔTS, CADASTRE dans l'arborescence des registres et dossiers numérisés ;
- 8 856 images dont 3 184 reportages photographiques de la direction de la Communication de 1993 à 2000 (15Fi), 774 clichés numériques de Stéphanie Renard réalisés pour les Archives (4Num), 698 images du fonds Chamayou réalisées par Pierre Henri Désiré Laffont (18 Fi).

Et prochainement devraient arriver les vues suivantes :

- 54 registres d'état civil de plus ;
- la liste électorale imprimée de 1866 (4K147) ;
- 1 005 plans d'urbanisme et d'architecture du 19e et début 20e siècle (64Fi).

Bonne navigation !

Placard diffamatoire manuscrit contre Jeanne Douat (détail), 1767, auteur anonyme. Ville de Toulouse, Archives municipales, FF811/11, procédure #233, du 2 décembre 1767.

Les déboires de la Cendruse


décembre 2017

On a récemment beaucoup parlé de Facebook et du revenge porn ; loin d'être une pratique née du mariage des selfies et des réseaux sociaux, nous allons vous montrer ici que, déjà sous l'Ancien Régime, la pratique était courante.
On vous laisse apprécier l'inventivité et la créativité d'esprits malins vengeurs en prenant pour exemple l'infortunée Jeanneton, ici appelée la Cendruse.

Mais qu'a donc fait notre Jeanneton pour mériter une telle campagne d'affichage devant la porte de son maître ? Cette pauvre servante en prend pour son grade et risque de devoir dire adieu à son mariage programmé, tout comme à son emploi chez le sieur de Roiffe.
Le "corbeau", semble bien renseigné sur les écarts de conduite présumés de Jeanneton ; mais il pourrait aussi s'agir d'un canular gratuit et malfaisant.
Son crime ? Elle aurait fait cocu le nommé Vidal, son promis, et ainsi perdu son pucelage à l'occasion de l'absence dudit Vidal lors de la période des Cendres (d'où la Cendruse).
Bien, avec ces deux affichettes, si ledit le fiancé ne sait pas encore qu'il est cocu...
L'affaire est de telle importance pour la jeune femme qu'elle se trouve contrainte d'entamer une procédure « contre X » (on a bien une idée sur le nom d'une des complices du corbeau) pour cas de diffamation ; elle a été bien avisée de joindre comme pièces à conviction deux des placards orduriers.

Les archives de la justice criminelle des capitouls nous offrent ainsi un certain nombre de placards diffamatoires, en général manuscrits. Certains ont été produits en grand nombre et affichés dans toute la ville, d'autres en exemplaire unique et placardés devant la porte de la victime.
Les cibles favorites sont généralement les femmes, en s'attaquant à leur honneur, mais personne n'est vraiment à l'abri : le boulanger Lougayrou en sait quelque chose, et même le capitoul Guillaume Franc en fera les frais en 1768.

Pour finir, et dans un registre légèrement différent, on trouve aussi quelques placards de menaces plus que de diffamation, tel celui de 1681 où il est clair que la pauvre risque de se faire « couper la robe au cul » ! L'usage de cette expression toute fleurie est d'ailleurs toujours conservé par nos cousins canadiens dans la Belle Province.

Toulouse: pêcheurs en Garonne. scène bucolique comportant un groupe de 4 hommes en tenue civile dont 2 tiennent une canne à pêche. Ville de Toulouse, Archives municipales, 1Fi1429.

Il ne faut pas lâcher la canne pour la pêche


novembre 2017

En partant à l'aventure dans le fonds d'images numérisées des Archives, on s'expose à des découvertes surprenantes. 

 

On s'aperçoit ainsi que la canne est souvent utilisée comme accessoire de la photographie. Elle permet de poser en se donnant une contenance, au temps des portraits un peu figés des débuts de la photographie, apporte une certaine assurance ou du maintien, dans certains cas, et devient un véritable compagnon de route en prenant de l'âge.
Quand elle s'associe à une ligne, le bâton prend de la longueur et donne apparemment la pêche.
Et si l'orthographe de l'archiviste est incertaine, des intrus peuvent surgir au détour d'une notice…

Cette balade a produit le florilège de portraits avec can(n)e extraits des fonds des Archives.

Pour en voir d'autres, direction la base de données des Archives, rechercher les notices contenant canne OU cane, cocher Seulement les notices avec des images liées et lancer !

* Le titre de cet article est emprunté à Paul Eluard.

Lettre à Janeton, 10 juillet 1789. Ville de Toulouse, Archives municipales, FF834/1, procédure #010, du 4 mars 1790.

Délicates attentions


octobre 2017

Les archives publiques ne seraient-elles que des collections de documents administratifs et normalisés, des kilomètres de volumes ou de liasses étalés sur des rayonnages froids ?
Les vies de milliers, voire millions, d'individus qui nous ont précédés se résument-elles uniquement à des formulaires, à une mention sur le cadastre, à un acte de mariage, à une quittance d'impôts ?

Cherchons mieux, cherchons au gré des inventaires, lisons-les différemment, les yeux fermés pourquoi pas, et laissons-nous guider par notre cœur. Là, les délicates attentions de nos aînés se retrouvent aussi quelque part au sein des archives : offrir une fleur, composer un joli bouquet destiné à l'être aimé, dévoiler et coucher de tendres pensées sur le papier, ces traces des sentiments passés mais éternels peuvent aussi être redécouvertes.
Les dossiers des bas-fonds de février et juin 2017 ont déjà redonné vie aux lettres d'amour conservées dans les procédures de la justice des capitouls, et ont fait refleurir les œillets, violettes et renoncules que l'on croyait à jamais fanés.
Quelques mois ont passé depuis la mise en ligne de ces dossiers, et d'autres délicieuses et délicates lettres ne cessent d'apparaître avec la publication de nouveaux inventaires (ainsi cette procédure de 1790 qui nous révèle 10 tendres missives adressées à Janeton), le parfum des jasmins s'est ravivé et arrive jusqu'à nous...

S'il appartient aux Archives de conserver précieusement toutes ces traces écrites, aussi infimes qu'elles puissent être, les chercheurs doivent maintenant redonner vie à ces sentiments, magnifier les attentions des cœurs oubliés, rendre éternels ces amours passés.

"De schat [le trésor]" (18e siècle), dessiné par J. Buys, gravé par N. van der Meer, 1777. Gravure conservée au Rijksmuseum, Amsterdam, inv. n° RP-P-1907-4669 (détail).

Trésor(s) à la carte


septembre 2017

Si vous comptez sur nous pour vous livrer la carte des trésors enfouis dans la ville, vous n'y êtes pas du tout. Nan, on ne vous dira pas où se trouve enfoui l'or des Tectosages (celui ramené à Toulouse après la mise à sac de Delphes). 70 tonnes d'or, c'est démesuré et ça vous ferait certainement perdre la tête.


En revanche, on peut vous mettre sur la piste de deux autres trésors, et ceux-là sont à taille humaine. D'abord celui de la présidente de Caulet, il s'élèverait tout de même à la coquette somme de 900 000 livres ! Quant à l'autre, celui de la veuve Bounemaison, il serait principalement composé de pièces d'argenterie : fourchettes, cuillères et autres, une perspective idéale pour un jeune couple qui veut se monter en ménage.
Alors, vous voulez jouer ?
Bien, deux solutions s'offrent à vous : la recherche assistée par ordinateur ou téléphone portatif, c'est-à-dire grâce à UrbanHist+, ou bien la recherche classique dans les matrices et plans des cadastres anciens.
Pour repérer sur la carte le logis (et donc le trésor) de la présidente de Caulet, UrbanHist+ reste le moyen le plus indiqué. En effet, elle habitait dans le cœur de ville actuel. Il ne vous restera ensuite plus qu'à obtenir l'autorisation de creuser dans les caves (car c'est là qu'il gît).
Quant au lieu où est enfouie la vaisselle d'argent de la veuve Bounemaison, il va falloir vous diriger vers le gardiage de la ville, près du lieu de Ponsan pour être plus précis. Et pour localiser le jardin de l'ancienne métairie dite de Cumiès, où le tout serait caché, lisez d'abord les Bas-Fonds du mois d'août, vous y trouverez certainement des indices nécessaires. Un dernier conseil : munissez-vous aussi de la carte des lieux à l'époque.

Bonne chance.

Bâtiment des Archives municipales de Toulouse. 2 rue des Archives. 29 juillet 2016. Entrée des Archives, extrait du reportage photographique de 64 clichés de l'intérieur et l'extérieur du bâtiment des Archives. Stéphanie Renard - Ville de Toulouse, Archives municipales, 4Num33.

Déconnectez-vous, bougez-vous, on fait le reste


juillet-août 2017

On ne cesse de nous parler de dématérialisation, d'en vanter les mérites et de nous promettre de pouvoir accéder à tout depuis notre fauteuil ou notre transat de plage. Le progrès, qu'il soit souhaitable ou pas, il faut faire avec : on suit la vague ou on surfe dessus.

Mais il ne faut pourtant pas croire qu'on va tout vous apporter, là, à domicile, sur un plateau entre votre joystick, votre zapette et votre modem (je crois qu'on dit box maintenant). On a désormais la chance infinie de pouvoir payer nos impôts en ligne, sans même bouger le petit doigt ; on peut faire nos achats et même vider notre compte bancaire via un écran, puis notre dîner (et pas qu'une pizza) peut nous être livré sans même qu'on ait eu à se lever du fauteuil de la journée.
C'est beau le progrès.

Les Archives n'échappent pas au progrès non plus (quelquefois même elles le précèdent, mais ça on en reparlera), et derrière votre écran vous avez accès directement aux délibérations des capitouls puis du maire depuis le 14e siècle jusqu'au 21e, à tout l'état civil, de quoi remonter jusqu'à François 1er si besoin, aux cadastres successifs de la ville [2. FINANCES, IMPOTS, CADASTRE], à des milliers d'images anciennes, vous avez même accès à l'intégralité du procès Calas et aux bas-fonds.
Vous avez fait le tour de tout ça ? Malheureux ! Ce n'est rien, ce n'est qu'une fraction des archives de la ville que nous conservons dans notre réservoir de mémoire.
Alors cet été, laissez de côté votre boîte à pizza, débranchez-vous et prenez le chemin des Archives dès la réouverture le 1er août.
En salle de lecture, vous verrez des gens, des vrais. Vous toucherez du papier (pas la peine de le tripoter non plus) et peut-être même un bout de parchemin. La maison vous offrira même un crayon de bois collector. Et puis vous entrerez dans un monde virtuel que votre ordinateur ne peut même pas imaginer : celui qui vous permet de faire revivre le passé, celui des rues encore pavées, des remparts qui ceignent la ville, celui des veaux et poulets qui déambulent rue de la Pomme ou ailleurs.

Décors, tableaux et sculptures des salles de l'hôtel de ville dit Capitole : salle des illustres. (2016). La belle Paule par Henri Rachou. Stéphanie Renard - Ville de Toulouse, Archives municipales, 4Num9/6 (détail).

Miroir, mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle


juin 2017

« ayant en vostre ville de Tholose la Paule,
vous avez la plus belle femme qui soit d'un pôle jusqu'à l'autre pôle »

S'il faut en croire nos aînés, Toulouse peut s'enorgueillir d'avoir élevé en son sein la plus belle femme du monde : La belle Paule.
Paule de Viguier, la jeune fille à la beauté légendaire.

Paule de Viguier, dont la beauté aurait littéralement ébloui François Ier quand elle lui remit les clefs de la ville, lors de son entrée en 1533 (légende toutefois infirmée par les documents d'archives, en particulier le procès-verbal de l'entrée du roi et de sa suite).


Paule de Viguier mise à nu et exposée par Gabriel de Minut, son cousin, dans « La Paule-graphie », curieux ouvrage édité à Lyon en 1587. Là, il la détaille intégralement, commençant par ses cheveux et les différentes parties de son visage si parfait, descendant et s'attardant sur sa gorge, frôlant ses « tétins », glissant ensuite jusqu'à son ventre, s'aventurant même dans les contours de « la sortie des enfants », avant d'arrêter sa plume sur les fesses de la belle Toulousaine.


Plus tard, Henri Rachou, dans une toile plus empreinte de modestie, l'immortalisera paraissant à son balcon et s'offrant au regard émerveillé des habitants. Les incrédules peuvent toujours venir la contempler au Capitole, en la salle des Illustres (vue 6).

Et si la légende a fait sienne la Belle-Paule, Paule de Viguier se découvre aussi à travers les archives ; par exemple avec son testament enregistré le 26 septembre 1607 par-devant le notaire Bessier et qui est désormais conservé aux Archives départementales de la Haute-Garonne.

Billet d'envoi de nouveau-né à l'Hôtel-Dieu, formulaire pré-imprimé, resté vierge (remploi du billet servant de couverture à une pièce de procédure faite contre des bouchers - juin 1771). Ville de Toulouse, Archives municipales, FF815/7, procédure #121 (détail).

Merci qui ?


mai 2017

Inutile d'essayer de vous parler d'une quelconque fête des mères sous l'Ancien Régime, je n'en vois pas.
Il n'est peut-être pas nécessaire ni de bon ton de reparler aujourd'hui des mères maquerelles (si, si, je veux dire de ces mères qui prostituaient leurs propres filles), non plus, nous y avons déjà consacré deux dossiers des Bas-Fonds : Le temps des maquerelles (n° 9, septembre 216) et Haro sur la maquerelle (n° 10, octobre 2016). Pourtant un jour, il faudra que je vous raconte en détail l'affaire de « la Cochère », Élisabeth Pourcelle, et de sa fille, Françoise Duffau. Mais ce sera pour plus tard.

Alors, penchons nous rapidement sur les mères que le 19e siècle appellera « les filles-mères », ces filles séduites sous promesse de mariage, et qui une fois enceintes se retrouvent abandonnées, sans travail (on renvoie généralement une servante lorsqu'elle est enceinte ; pas de ça chez nous !) ni ressource.

Leur seul espoir : des couches rapides et sans complication afin de rapidement pouvoir rechercher un travail.

Mais que faire alors du nourrisson ? Inutile de trop compter sur un réseau d'entraide, de voisines car nous sommes en ville et ces jeunes femmes viennent souvent des campagnes et des montagnes, et n'ont donc que peu d'attaches et connaissances à Toulouse. Mais le fait d'être dans une grande ville comporte aussi des avantages : des institutions de charité (bien ordonnées) capables de recevoir ces nouveaux-nés sur un simple ordre des capitouls. Ceux-ci, lorsqu'ils estiment que la future mère est effectivement de bonne foi et qu'elle a été abandonnée par le galant (qui généralement aura quitté la ville afin d'éviter la charge d'un enfant – et d'une femme) vont lui délivrer ce précieux sésame.
Échappant ainsi à la noyade (qui reste promise aux chatons), quelques-uns de ces enfants pas toujours désirés auront peut-être pu grandir à l'ombre de l'Hôtel-Dieu Saint-Jacques.

Quant à revoir un jour leur mère, encore eût-il fallu qu'ils sachent son nom car les registres paroissiaux imposaient alors la mention : né(e) de père et mère inconnus. Seuls les généalogistes des temps modernes arriveront, en compulsant les procédures de dénonces de grossesses, à réunir ces enfants à leurs mères. Pour ce faire, il leur suffira de faire leur sélection à partir des inventaires de justice déjà publiés.

Quand les hommes filaient la quenouille...


avril 2017

« Pyrénées - Jasque Esterlet, guide aux Eaux-Bonnes - Marchande de beurre aux Eaux-Bonnes », Edouard Pingret, lithographie colorisée, Paris, 1834. Bibliothèque municipale de Toulouse, A-PINGRET (11)....cela signifiait qu'ils avaient vraiment été très très vilains.

En effet, lorsque vous rencontriez un homme exposé au carcan, tenant une quenouille dans chaque main, vous aviez là un malheureux condamné pour avoir filé le parfait amour avec deux épouses en même temps ; bref un bigame subissant là la première partie de son châtiment.

Car si avoir une épouse légitime et une maîtresse pouvait passer (et même être de bon ton selon les époques et le statut social), en revanche, s'être uni devant Dieu à deux femmes vivantes n'était pas concevable. Cela troublait l'ordre divin aussi bien que l'ordre social.

Les amateurs de quenouilles et les curieux pourront ici télécharger le numéro 15 des Bas-Fonds, Aux bigames : les quenouilles, consacré au traitement et à la punition de ce crime par la justice des capitouls. On y trouvera aussi, dans le fac-similé qui y est joint, l'intégralité de la procédure faite en 1750 contre Etienne Andrieu, à la fois voleur, escroc, faux muet et... bigame.

Quant à ceux qui voudront suivre le fil des aventures de Jean Bertier, autre bigame jugé à Toulouse, ils pourront retrouver dans l'inventaire de l'année 1775, une première procédure engagée contre lui par « l'épouse numéro 2 » (procédure #102), avant que le procureur du roi n'apprenne la bigamie et la "licence effrénée" de cet homme (qui n'hésite pas à remplir le devoir conjugal avec chacune de ses femmes à tour de rôle, là dans la même chambre), et ne le poursuive à son tour (procédure #106).

Et pour les blasés, ceux qui considèrent qu'il n'y a pas là de quoi fouetter un chat, allez-donc faire un tour sur la page Dans les Bas-Fonds. La quarantaine d'inventaires détaillés de procédures criminelles vous permettra probablement de trouver là quelques affaires particulièrement atroces ; tout comme la lecture de certains des dossiers thématiques mensuels, qui pourrait certainement aussi vous replonger dans de vieux cauchemars oubliés.

Portrait d'un bébé, presque nu, assis sur une chaise. Entre 1889 et 1906. F. Massip. Photographie NB, 10,3 x 6 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 1Fi9717 (détail).

A l'index !


mars 2017

Les Archives ne vous cachent rien ou presque. Vous pouvez accéder dans notre base de données en ligne à la quasi totalité de nos ressources documentaires.

Ce que vous ne trouverez pas ?

  1. Les archives non classées. Ah... le pénible « arriéré » qui fait le malheur de tout archiviste qui se désespère un jour de récupérer le retard de classement accumulé par tous ses prédécesseurs... et par lui-même !
  2. Les documents en cours de classement que nous ne pouvons pas publier en ligne car le travail n'est pas achevé. C'est de l'arriéré mais moins désespérant puisque nous avons de grands espoirs de voir le bout du tunnel un jour ou l'autre.
  3. Les documents non communicables sur internet, car ils contiennent des données à caractère personnel qui peuvent être accessibles en salle de lecture, mais que la CNIL ne nous autorise pas à diffuser en ligne. Dans cette catégorie, vous pouvez trouver, chez nous : les dépouillement des actes de naissances depuis 1900, les listes électorales numérisées de 1920 à 1939, les recensements de population numérisés de 1921 à 1936, quelques photographies, des numérisations de plans de permis de construire depuis 1940, les noms des demandeurs de permis de construire…

Si cela peut vous rassurer, il y a peu de différences entre la base de données en ligne et celle accessible sur intranet. En outre, nous nous efforçons de publier les notices descriptives, même si quelques fois elles nous semblent encore loin de la perfection, dans un souci de donner accès au maximum d'informations. Même si certaines nous piquent un peu les yeux...

10778. Inondations de Toulouse, Pont de Tounis. Bateau-lavoir amaré au port Garaud et pont de la Chaussée-de-Tounis. 1875. Editeurs P. M. Ferrier, J. Soulier, Levy. Ville de Toulouse, Archives municipales, 6Fi222 (détail).

Vedette !


février 2017

Mais comment faisait-on avant l'invention de la machine à laver ? Il est difficile d'imaginer aujourd'hui se passer d'eau courante et d'électricité. Il existe pourtant une époque pas si lointaine où la fréquentation des lavoirs permettait – aux femmes – de nettoyer le linge ou de le rincer à l'eau claire.

À Toulouse, on en trouvait jusque dans le milieu du 20e siècle, dans les quartiers de Tounis, Saint-Michel, Côte-Pavée, Bonnefoy, Saint-Etienne, Saint-Sauveur, Saint-Pierre, Port-Garaud, Daurade, Saint-Martin-du-Touch, Marengo, la Marquette... On en trouve la trace dans les archives de la ville [chercher lavoir@] et notamment dans les images anciennes.

 

 

Privés ou publics, adossés à une fontaine, accompagnés de bains publics, mécanisés, ils constituaient un lieu où les femmes pouvaient se réunir et discuter, tout en frottant, tordant, battant le linge. Heureusement, cette activité physique très pénible a disparu dans la société contemporaine grâce à l'ingéniosité d'inventeurs des 18 et 19e siècles, et l'automatisation du milieu du 20e siècle.

Droits de place du marché des Carmes, place des Carmes avant la construction d'un édifice. 10 juin 1857. Plan, 69,5 × 53,5 cm. Jules Guibal – Ville de Toulouse, Archives municipales, 64Fi864.

Nouvelle fournée de registres et d'images numérisées


janvier 2017

Le père Noël a charrié un nouveau lot de registres numérisés dans notre base de données en ligne : une pincée d'état civil, une part d'états de section et de matrices cadastrales et surtout pléthore de registres de délibérations du conseil municipal de 1969 à 2002.

En outre, le nombre d'images numérisées atteindra bientôt les 60 000. En sus des ajouts quotidiens et de l'opération menée sur les 3 000 images de la période 1971-1983 à l'occasion de l'exposition sur Pierre Baudis, plus de 1 000 plans d'architecture et d'urbanisme viennent d'être intégrés dans le 64Fi (dont l'image qui illustre cet article).

Les amateurs de généalogie, de recherches foncières, d'images numérisées et d'histoire de la ville y trouveront tous leur compte. Dans tous les cas, c'est ce que nous espérons.
Et maintenant, il ne vous reste plus qu'à consulter !

Qui sait ce que l'on va découvrir sous les pavés de la rue du Caillou-Gris... École primaire Alain Fournier, rue du Général-Bourbaki et collège Claude Nougaro, rue du Caillou-Gris. 2 août 1899. Vue de la façade est, de la porte d'entrée et de la grille sur la rue du Général-Bourbaki, lors des travaux. Photographie NB, 12 × 17 cm, dans l'album 16Fi5. Direction des Travaux communaux. Ville de Toulouse, Archives municipales, 16Fi5/8.

À Toulouse, la mort se parait de nuances de gris


décembre 2016

- Le 8 mars 1701, Barthélemy Gaches est trouvé mort, percé d'un coup d'épée ; il était « vestu d'un juste-corps, drap couleur gris blanc uzé ». FF745/1, procédure #025.
- Le 26 avril 1706, c'est le baron d'Esquieules qui mord la poussière du pavé après un duel. Dans les effets qu'il laisse, on trouvera non seulement deux paires de bas de soie, « l'un
gris de rat et l'autre gris de perle », mais encore « deux paires culottes drap gris de more usées ». Troublant non ? FF750 (en cours de classement).
- Mais ce n'est pas tout : en janvier 1710, c'est le meurtrier qui laisse derrière lui « un manteau d'estofe
de couleur grise, pour homme » ; il a servi à envelopper la tête de sa victime alors que celle-ci était exposée sur la pierre morne de l'hôtel de ville et que notre audacieux criminel a tenté de la subtiliser pour empêcher toute identification. FF753 (en cours de classement).
- Le 23 septembre 1741, on sort de la Garonne le corps d'un inconnu « habillé
de couleur minime, d'une grosse étoffe de laine ». FF785 (en cours de classement).
- Le 5 décembre 1753, le maçon Pierre Blanc est victime d'un crime crapuleux ; quand on découvre son corps, il est « vêtu d'un habit
minime ». FF797 (en cours de classement).
-
Nous passons vite sur cette « hum[e]ur grisâtre qui estoit en assès grande quantité » dans l'estomac du fils Calas lors de son autopsie en 1761 (FF805/6, procédure #154), les lecteurs pourront en découvrir les détails dans le fac-similé du numéro 11 des Bas-Fonds consacré à l'art des chirurgiens.
- Le 29 mars 1762, c'est le nommé Dezaubry, premier danseur du théâtre, qui est tué à l'épée par un membre de sa propre troupe. Le défunt, que l'on trouve dans un trou de verdure, est « habillé d'une redingotte grise de drap ». Tranquille, il a deux trous rouges au côté droit. FF806/2, procédure #036.
- Le 13 mars 1770, on découvre dans la cuisine de l'ancien capitoul Berdoulat le corps d'un homme vêtu d'une « veste d'une raze grise doublée d'une sergette même couleur » ; l'enquête va conclure à une mort accidentelle, l'homme jouait avec un fusil chargé ! FF814/3, procédure #047.
- La malédiction du gris va encore frapper le 19 mars 1786, lorsque les capitouls se rendent sur les lieux de l'agression, on trouve le nommé Caillol exsangue ; il porte « un habit de drap couleur gris fer mélangé, doublé de serge en soye de même couleur ». FF830 (en cours de classement).

Amateurs de frissons : gris-perle, gris de rat, gris-fer, gris-blanc ou encore minime (qui est un gris obscur tirant sur le noir), les malédictions du gris se découvrent dans les procédures de la justice criminelle des capitouls.

Méconnus. Photographie imprimée de jeunes filles et garçons pauvres du quartier de Bourrassol, illustrant un texte de Jules-Géraud Saliège, Archevêque de Toulouse. Extrait d'un dépliant imprimé. Ville de Toulouse, Archives municipales, 45Fi547/2.

Arch... ives d'Arcanes ! À vos souhaits


novembre 2016

Vous venez de découvrir que les Archives de Toulouse publiaient une lettre d'information mensuelle, à la fois informative et amusante, et vous êtes plus que dépité de penser à tous les articles que vous avez pu manquer par le passé. Rien n'est perdu ! Les Archives sont des experts de la conservation et de l'élimination pertinente raisonnée.

Vous pouvez accéder, grâce aux archives d'Arcanes sur notre site, à des articles qui ont été publiés, dans le passé, dans les rubriques :
- dans les arcanes de : voyage au cœur des Archives bien évidemment,
- zoom sur une image des Archives,
- dans les fonds de : exploration de documents ou de fonds d'archives,
- sous les pavés : découverte de l'archéologie toulousaine,
- dans ma rue : florilège de bâtiments ou d'ouvrages d'art toulousains.
- en ligne : focus sur les ressources en ligne.

Bonne lecture !

Campagnes du Portugal et d'Espagne (1807-1814). - Uniforme de gendarme attaché aux troupes de ligne : gouache signée lieutenant Defossé, 24,5 × 31 cm . Ville de Toulouse, Archives municipales, 3S25.

La dernière bataille de la campagne d'Espagne est toulousaine


octobre 2016

Une bonne raison pour admirer des dessins d'un ensemble de représentations d'uniformes militaires français, anglais et espagnols des campagnes du Portugal et d'Espagne de 1807-1814 que l'on trouve parmi les archives de Toulouse.

Ces gouaches ont été réalisées ou sont attribuées à un lieutenant des armées napoléoniennes, nommé Defossé, qui participa lui-même à la campagne d'Espagne et du Portugal dans les années 1807-1808.

Attention, vous ne les trouverez pas en cherchant dans le menu « Images » de notre base de données, ce serait trop simple... Elles sont accessibles dans le menu « Dossiers manuscrits », au sein d'un petit fonds entré en 1995 et coté 3S19 à 3S99. Un fonds intégralement inventorié, mais dont seuls les dessins d'uniformes sont actuellement numérisés et consultables en ligne. Les autres documents, en grande majorité des cartes et plans, le seront très prochainement.

Pour conclure, je reprends le récit historique afin de vous éclairer sur cet épisode toulousain et européen à la fois. Toulouse, base arrière de ces guerres d'Empire, vécut, le 10 avril 1814, l'ultime et inutile bataille entre les troupes de Soult et celles de Wellington qui les poursuivaient depuis l'Espagne. Cet événement est à l'origine de la dénomination de la rue et de l'érection de la colonne du même nom, ou plutôt de l'obélisque, que l'on trouve dans le quartier de Jolimont. Un lieu de commémoration, où l'on peut admirer, une fois encore, des uniformes des militaires de l'époque mais, cette fois, portés par des reconstituants, parfois venus de pays européens !

Faculté des sciences pharmaceutiques, 35 chemin des Maraîchers, bâtiment A, détail, architecte Roger Taillibert (1974). 2016. Stéphanie Renard. Ville de Toulouse, Archives municipales.

Pour un petit tour, un petit jour...


septembre 2016

Quand vient la fin de l'été pourquoi ne pas arpenter Toulouse, que ce soit dans ses rues ou sur la toile ? Il y en a pour tous les goûts !

Envie de vert ? Ah qu'il est agréable de flâner sur les « Bords de Garonne » ou « Au fil des canaux »...
Envie de neuf ? Les deux balades sur l'architecture moderne et contemporaine sont faites pour vous.
À pied ou en vélo : les brochures sont disponibles à l'office de Tourisme.
Depuis son canapé : urban-hist, le site ou l'appli mobile pour Android et pour iOS.
N'oubliez d'aller faire un petit tour dans notre rubrique Histoire de Toulouse / lieux car nous vous offrons des visites à 360°, une promenade en 1890 de la place Saint-Étienne, un panorama depuis les toits des Galeries Lafayette, des historiques illustrés...
Du neuf encore ? Une signalétique patrimoniale vient d'être mise en place dans les salons du Capitole, retraçant l'histoire et l'iconographie des décors peints.

Rendez-vous à Toulouse, les 17 et 18 septembre, pour les Journées européennes du patrimoine !

Pont-Jumeaux, port de l'Embouchure. 20 février 2016. Patrice Nin. Ville de Toulouse, Direction de la communication, RTN16.23.89.

12 visages du canal du Midi à Toulouse


juillet-août 2016

Écluses, ponts, ports et passerelles, scandent le cours du canal du Midi à Toulouse, telle la voix de Claude Nougaro lorsqu'il chante son eau verte dans l'hymne qu'il a dédié à Toulouse.

Pour célébrer les 350 ans de l'édit de construction et les 20 ans de son inscription sur la liste du patrimoine de l'UNESCO, les Archives ont choisi 12 photos pour découvrir sa richesse historique et patrimoniale souvent méconnue, révélant 12 lieux symboliques de cet ouvrage. La Saison photo printemps/été 2016 offre ainsi l'opportunité de découvrir cet été, une exposition dévoilant différents visages du canal aujourd'hui mais également au cours du dernier siècle.

Réalisée au 17e siècle, cette œuvre du génie créatif de Pierre-Paul Riquet, entrepreneur visionnaire, a connu de profondes transformations au 20e. La concurrence du chemin de fer, puis de la voiture, ont amplifié son obsolescence économique. A tel point, qu'une voie rapide a failli le faire disparaître dans les années 1970. Le tourisme lui a donné un second souffle et la reconnaissance de sa valeur patrimoniale lui a permis de conserver toute sa place au cœur de la ville.

Une exposition à « dévisager » square du Général-Charles-de-Gaulle, du 23 août au 18 septembre 2016.
Capture d'écran de la page d'accueil de la base de données des Archives, 2016.

Bêta !


juin 2016

Pas de méprise, ceci n'est pas une insulte. Je vous signale seulement qu'il est temps de recycler votre méthode de recherche dans nos archives en ligne. Entendons-nous bien, je ne vous invite pas à tout jeter à la poubelle, mais plutôt à renouveler vos connaissances pour vous adapter à la nouvelle mouture qui vous est proposée.

Depuis quelques jours, nous avons mis en ligne la version bêta (donc perfectible) de notre base de données. Notre ambition ? Vous offrir des interfaces de recherche plus simples qui ensuite affichent des résultats plus riches en information.

La nouvelle page d'accueil vous ouvre deux portes principales : une requête dans la totalité de la base en une fois grâce à la Recherche globale ou un accès à un menu de recherches spécifiques par type d'archives (dossiers, images, vidéos, objets, sceaux, délibérations, permis de construire), pour la documentation (ouvrages et périodiques) ou par index.

Par exemple, pour les images, lorsqu'elles sont numérisées, les vignettes s'exposent immédiatement et vous pouvez même choisir d'afficher le résultat de votre requête uniquement en mosaïque d'images.

Comme toute version bêta, vous trouverez certainement quelques dysfonctionnements. En outre, nous continuons à travailler avec l'éditeur pour continuer à la faire évoluer.
N'hésitez pas à nous faire des retours ! Si ce sont des compliments, ils nous feront plaisir. Si vous signalez des « bogues », nous ferons tout pour y remédier le plus rapidement possible. Si vous nous soumettez des améliorations, nous les examinerons pour les implémenter dans l'avenir (si c'est possible).

A vos claviers !

Rue de l'Action-Toulousaine. Vers 1950. Vue perspective descendante de la rue au niveau des n° 12 et 13. Cliché réalisé avant les travaux de voirie. Superphoto. Photographie NB, 18 x 24 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 2 Fi 16.

L'origine des noms des rues de Toulouse


mai 2016

Mais d'où vient le nom de cette rue ? Une question récurrente posée aux archivistes, gardiens des sources de l'histoire de la ville. Notre mémoire personnelle nous permet rarement de répondre du tac au tac ; il faut dire que les rues de Toulouse sont nombreuses et que, régulièrement, le conseil municipal décide de nouvelles dénominations. Certaines voies ont d'ailleurs connu de multiples appellations au cours de l'histoire.
Mais heureusement, les travaux de Pierre Salies ou Jean Coppolani nous offrent les ressources nécessaires pour répondre, assez rapidement, à des sollicitations diverses.

Florilège de vocables choisis :

Action Toulousaine (rue de l') : classée dans le domaine public le 21 octobre 1937, elle porte le nom de la société de crédit immobilier ayant financé le lotissement.
Capitole (place du) : de place Royale, elle devient la place de la Liberté sous la Révolution ; selon les circonstances, place d'Armes, place Commune, place de la Mairie ou de l'Hôtel-de-Ville ; en 1812, place Impériale ; en 1815, place Royale de nouveau ; et depuis 1844, place du Capitole. Pour en savoir plus, lire la notice dans le Dictionnaire des rues de Toulouse de Pierre Salies...
Saint-Pierre (place) : aménagée lors de la création du port du même nom (1776-1780), son nom provient de l'église Saint-Pierre-des-Cuisines, lieu de culte attesté depuis la fin de l'Antiquité.
Tchad (rue du) : ancien sentier servant à passer de l'allée de la Patte-d'Oie à la rue de Cugnaux, selon Pierre Salies, elle bat peut-être le record du nombre de désignations : passage de la Gravette, passage d'Artigue ou chemin Dartigue vers 1840-1850, rue Romiguières vers 1860, de la Rochellerie, de la Brasserie vers 1885, rue Raymond-Délieux en 1897 puis, finalement, son actuel dénomination en 1947 en hommage à la division Leclerc pendant la seconde guerre mondiale.

Pour en savoir plus, en ligne : Pierre Salies, Dictionnaire des rues de Toulouse, Toulouse : Editions Milan, 1989, tome 1 de A à H et tome 2 de I à Z.
Et sinon, de nombreuses sources consultables en ligne... ou pas : les fiches Rues de Jean Coppolani, les
délibérations du conseil municipal, etc.
[Pont Saint-Pierre, travaux de construction]. 3/7/1930. Pont Saint-Pierre sur la Garonne. 3 juillet 1930. Renforcement des piles (armatures). Vue des piles du pont côté Saint-Cyprien, prise en direction de l'église Saint-Joseph-de-La-Grave et de l'Hôtel-Dieu, depuis la Garonne ou la rive. Louis Albinet. Négatif NB, verre, 13 x 18 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 6 Fi 23. Domaine public.

De l'eau a coulé sous ce pont...


avril 2016

L'histoire du pont Saint-Pierre est longue et mouvementée puisque 5 ponts se sont succédés depuis 1852. A l'origine, ce ouvrage est construit pour assurer le passage des animaux amenés des campagnes de la rive gauche vers le marché aux bestiaux situé près du pont des Minimes. Il ne résiste pas aux crues de la Garonne, connaît des défauts d'entretien et se révèle souvent inadapté aux évolutions des modes de transports.
Le pont Saint-Pierre 19..-1931

L'album Flickr vous raconte cette histoire et vous propose de découvrir le remplacement du troisième pont par le quatrième grâce à un reportage réalisé par Louis Albinet.

Ce photographe toulousain (1890-1938) a effectué de nombreux reportages dans les années 1920-1930 à Toulouse, dont un sur la reconstruction du quatrième pont Saint-Pierre entre 1927 et 1930. Ses photographies sont dans le domaine public. Il est précédé de 4 photos anonymes du pont édifié en 1877.

Le saut. Instantané. Abbé de [information incomplète]. Entre 1858 et 1907. Vue d'ensemble d'un garçon en équilibre sur les mains, prise sur le perron d'une maison. Eugène Trutat. Négatif NB sur verre, 12 x 9 cm. Fonds de l'Association « Les Toulousains de Toulouse et Amis du Vieux-Toulouse ». Ville de Toulouse, Archives municipales, 51 Fi 138 [image retournée].

Ascenseur pour le domaine public : quelle promotion !


mars 2016

Avons-nous le droit de nous réjouir du décès d'un auteur ? Cette attitude n'est sans doute pas politiquement correcte mais, pour un gestionnaire d'images, quel soulagement de découvrir que le décès d'un auteur est intervenu depuis plus de 70 ans. Pourquoi ? Peut-être parce qu'il donne la possibilité à quiconque d'utiliser librement ses œuvres et de leur offrir ainsi une seconde jeunesse ?

Une image qui tombe (à cause de la perte des droits), qui entre (grâce à l'open data) ou qui s'élève (ascension symbolique) dans le domaine public, s'offre à tous. Chacun peut se l'approprier, jouer avec et concevoir de nouvelles œuvres, ou la partager pour la faire rayonner avec plus d'éclat. Elle joue pleinement son rôle de vecteur de diffusion de la connaissance.

Toutefois, elle sera toujours la création de son auteur, bénéficiaire à perpétuité du droit moral qui impose de respecter sa paternité. L'usage, qui peut s'apparenter à une courtoisie naturelle, est, ainsi, de toujours mentionner l'auteur et sa qualité.
A saisir quelques images déjà promues... dans le domaine public, par un geste de diffusion, d'information ou de médiation du patrimoine archivistique.

La photo d'Eugène Trutat dans le bon sens...

"Plan de la ville de Tholose". 1631. Melchior Tavernier, graveur, éditeur à Paris. Eau-forte, 50 x 67 cm. Echelle : environ 1/4 400. Ville de Toulouse, Archives municipales, ii 671. Domaine public.

Toulouse en vue(s), l'album 1631-1941


février 2016

L'exposition Toulouse en vue(s) 1515-2015 s'est achevée le 10 janvier 2016. Qu'à cela ne tienne, voici l'album en ligne.

Toulouse en vue(s), l'album 1515-1941

Si vous avez vu l'exposition, ne cherchez pas car vous ne retrouverez pas tous les documents présentés dans l'exposition. Problème de droits éventuels mais aussi question d'échelle... Avec les plans, c'est toujours une question d'échelle. En revanche, nous espérons que vous prendrez plaisir à parcourir les plans que nous vous proposons.

Des plans à utiliser librement !

#JeSuisCharlie #Charlie
[Je suis Charlie] La lutte pour la liberté continue... alors levons-nous et restons debout ! 14/01/2015. Dessin imprimé déposé entre le 7 et le 16 janvier 2015, 21 x 29,7 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 76 Fi 153 détail.

Charlie fait la Révolution


janvier 2016

Changement de régime... Quel sujet mettre au menu tout en gardant la ligne ? Les délibérations numérisées et accessibles sur notre site internet ? Des documents iconographiques vous dévoilant des menus qui risquent fort de vous perdre la ligne ? Mais en fait, quelle période illustre plus le changement institutionnel en France que la Révolution française ? Fouillons un peu dans nos fonds pour dénicher la pépite en ligne...

Nul besoin d'aller chercher dans les fonds de 1789 pour trouver une mention de cette période révolutionnaire. Le fonds « Charlie » de Toulouse, en ligne depuis le 5 janvier, offre une vision de l'histoire immédiate assez étonnante. Un regard particulier porté sur l'actualité, des témoignages poignants et notamment un dessin qui associe la guerre des Gaules, la Révolution de 1789, la Commune de Paris de 1871, mai 1968 et Charlie - celui du livre-jeux et le journal satirique !

Qui pense encore que les archives sont des vieux papiers poussiéreux ?

arcanes60
Les Jacobins, détail de la vue aérienne oblique de Toulouse dressée et dessinée par Frédéric Alexianu dit Hugo d'Alesi en 1886. Lithographie, 70 x 100 cm, éditée et imprimée par J. & A. Lemercier, Paris. Ville de Toulouse, Archives municipales, 21Fi113, détail.

Jeux de cartes


décembre 2015

Vous voulez être tendance pour les fêtes ? Tentez le coloriage, c'est redevenu à la mode !

Et comment vous amuser tout en partant à la découverte de Toulouse ? Allez-voir Toulouse en vue(s) 1515-2015, l'exposition des Archives qui se tient au Couvent des Jacobins jusqu'au 10 janvier 2016 ! Vous pourrez vous promener dans le temps et l'espace de la ville et colorier dans l'espace pédagogique : 5 jeux sont à votre disposition. Vous aurez même la possibilité de dessiner sur un mur...

Vous n'habitez pas près de Toulouse et vous n'avez pas la possibilité de venir d'ici la fin de l'exposition ? UVole au-dessus de Toulouse. Jeu à colorier, graphisme Vif Design. D'après la vue aérienne oblique de Toulouse dressée et dessinée par Frédéric Alexianu dit Hugo d'Alesi en 1886, lithographie, 70 x 100 cm, éditée et imprimée par J. & A. Lemercier, Paris, Ville de Toulouse, Archives municipales, 21Fi113.n petit cadeau pour vous : Vole au-dessus de Toulouse, un plan à colorier et pour jouer.

 

 

En supplément, la reproduction de l'original libre de droit à télécharger.

 

 

Bonnes fêtes de fin d'année et donnez de la couleur à votre vie !

PS : si vous êtes fans de plans, ce dossier est pour vous...

Guerre 1914-1918. - Antoine Fabre, soldat du 81e régiment d'infanterie de Montpellier (Hérault) : portrait en pied du couple Antoine Fabre et Baptistine Rigal, mariés en 1904, décédé le le 12 novembre 1914 à Zillebeke, Belgique. Ville de Toulouse, Archives municipales, 2 Num 1 vue 1.

Quand j'étais petite, je voulais être...


novembre 2015

Maîtresse d'école, écrivain, journaliste... mon objectif changeait sans cesse au gré de mes lectures, de mes rencontres et de la vie. Tout ça pour devenir... archiviste. Un choix tardif, certes, mais une vocation pour sûr !
Archiviste ? Une profession qui a pour mission de collecter les sources de l'histoire et de la preuve administrative, d'organiser et de décrire ces matériaux documentaires, de les préserver pour transmettre un patrimoine commun aux générations actuelles et futures et le partager avec le plus grand nombre. Quelle chance d'exercer un si beau métier, non ?
Dans tous les cas, le point commun entre ces différentes options envisagées : transmettre, créer, informer.

La publication du mois : le dépouillement du livre d'or des Toulousains morts pour la France de Toulouse en open data.

accès au portail open data

Résultat de plusieurs mois de travail de deux personnes, la transcription de la liste a été complétée et corrigée grâce aux informations en ligne sur MémorialGenWeb, le livre d'or de Toulouse aux Archives nationales, Grand Mémorial, Mémoire des hommes et les journaux de marche et opération des corps de troupe, les registres matricules des Archives départementales, en particulier celles de la Haute-Garonne, le Géoportail - une mine pour localiser des bois ou autres lieux en France-, ainsi que tous les sites permettant de mieux connaître les lieux de combat de la Grande Guerre et les communes françaises et étrangères.

Un grand merci à tous ceux qui participent à la transmission du patrimoine et facilitent leur accès en ligne !

Guerre 1914-1918. Hôpital militaire à Toulouse. Vue d'ensemble de soldats blessés et d'infirmières sur la terrasse d'un hôpital auxilliaire à Toulouse. Photographie N&B, 11 x 17,5 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 1 Fi 5774 (détail).

Blessés, invalides et morts pour la France de la Grande Guerre


octobre 2015

Toulouse, comme toutes les villes de France, a payé un lourd tribut lors de la guerre de 1914-1918. On en trouve la trace dans les fonds d'archives de la ville et les archives privées collectées au cours des années, et particulièrement suite à la Grande Collecte organisée dans le cadre du centenaire de la première guerre mondiale. Dossiers, photographies, cartes postales, cartes et plans, ouvrages ou périodiques, autant de documents qui témoignent de cette guerre.

Les morts pour la France ont été officiellement recensés et leurs noms sont pour la plupart inscrits sur les monuments commémoratifs. Quant aux blessés et invalides, il est plus difficile d'en prendre la mesure. Quelques ressources nominatives numérisées donnent un aperçu du nombre des Toulousains blessés, disparus ou morts pendant cet épisode tragique. Elle sont consultables en ligne dans la base de données dans la rubrique « GUERRE DE 1914-1918 » des registres numérisés :

Affaires militaires. - Guerre 1914-1918, enregistrement des soldats blessés ou malades et disparus ou prisonniers : répertoire alphabétique. 1915-1924. Ville de Toulouse, Archives municipales, 5 H 324/2 vue 4.

 

 

Les documents iconographiques, quant à eux, mettent en image les épreuves vécues par les poilus et leur vie quotidienne.

Schéma Directeur d'Aménagement et d'Urbanisme, extrait de Agglomération toulousaine, SDAU : schéma d'ensemble à long terme soumis à la C.L.A.U. [Commission Locale d'Aménagement et d'Urbanisme], octobre 1975. Direction Départementale de l'Équipement (GEP), Agence d'Urbanisme de l'Agglomération Toulousaine et Atelier Municipal d'Urbanisme, géomètres, dessinateurs ; Chabrillac SA, imprimeur à Paris et Toulouse. Imprimé, éch. : 1/20 000, 69 x 74,7 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 102 W 69 détail.

Vous avez la carte ?


septembre 2015

Laquelle ? Des cartes et plans, on en trouve à la pelle dans les fonds des Archives de Toulouse !

C'est d'ailleurs la matière principale de l'exposition Toulouse en vue(s) 1515-2015 qui se propose de conter l'histoire de la représentation de la ville sur 500 ans.

Une sélection de quelques vues ou plans de 1493 à 1950 vous est également proposée sur notre site internet pour découvrir Toulouse par ses plans.

Cette sélection ne représente qu'une petite partie de la documentation disponible dans la base de données des Archives, que l'on consulte les dossiers ou les documents iconographiques, les plans ne manquent pas.

 

Et bien sûr sans oublier Urban-Hist qui a l'ambition d'offrir une carte interactive permettant de prendre connaissance du patrimoine toulousain...

 

Logo Urban-Hist, la patrimoine toulousain à la carte

17.09.1964. Arbre. Domaine de la Flambelle, entre l'avenue des Arènes-Romaines et le chemin de la Flambère. 17 Septembre 1964. Vue d'ensemble d'un homme portant un arbre. André Cros. Négatif N&B, 6 x 6 cm. Archives municipales de Toulouse, 53 Fi 4750.

Transportez-vous aux Archives ou les Archives vous transportent ! De nouvelles archives en ligne pour Toulouse...


mars 2015

Les Archives de Toulouse sont heureuses de vous informer que de nombreux documents sont venus enrichir leur base de données et sont accessibles sur internet :

► l'état civil de 1913 (rappel : vous pouvez faire des recherches généalogiques depuis le 16e siècle jusqu'en 1913 !) ;

► des registres des engagements volontaires (1880-1918) ;

► des registres de délibérations du conseil municipal (1374-1923 et 1879-1969 avec le Bulletin municipal de la ville de Toulouse).

En outre, 1100 plans d'architecture et de la ville ainsi que des affiches ont été ajoutés dans la base ce qui vous permet de consulter plus de 45 000 documents iconographiques en ligne.

Mais comment faisait-on avant ? Bonne navigation !

Ordonnance de messieurs les capitouls pourtant règlement pour l'enlèvement de la neige. Placard imprimé, 15 janvier 1729. Archives municipales de Toulouse, BB 165 n° 104 (détail).

Quand Toulouse se pose en modèle de la recherche climatique ancienne.


janvier 2015


En juillet 2013 se tenait à Chambéry un colloque international sur le climat. Vous n'en avez peut-être pas eu vent car ce colloque ne réunissait ni chef d'état, ni ministre de l'environnement ; seulement des archivistes venus de tous les côtés des Alpes, ainsi que quelques scientifiques. Tout ce petit monde s'intéressait aux sources d'archives pour l'étude du climat et de l'environnement. Les actes de ce colloque ont été publiés dans le numéro 230 de la Gazette des Archives, et il convient d'y signaler une passionnante communication consacrée aux sources du ressenti climatique dans les villes sous l'Ancien Régime, avec… Toulouse comme modèle !

Fublaines. 4/9/18. E. Gosse et R. Berthelé. Vue de Raoul Berthelé embrassant Emilienne Gosse dans le cou à Fublaines (Seine-et-Marne). 4 septembre 1918. Guerre 1914-1918. Photographie N&B. Raoul Berthelé, 1918, photographie stéréo, 6,5 x 12 cm. AC : 5S346/i. Archives municipales de Toulouse, 49 Fi 1200, détail.

Quand les transports deviennent amoureux...


décembre 2014

Transporter ou se transporter évoque inévitablement l'opération matérielle de déplacement dans l'espace d'objets ou de personnes. Mais ce mot n'est-il pas beaucoup plus plaisant lorsqu'il évoque la manifestation d'un vif sentiment passionné ? En outre, le transport amoureux aide à mieux supporter les tourments de la vie comme les peines vécues lors de la première guerre mondiale. Ce n'est pas Raoul Berthelé qui aurait dit le contraire !

Et les photos de ces (petites) amies le prouvent, elles qui parsèment la collection de clichés qu'il a réalisés entre 1915 et 1918 donnant à voir sa guerre. Si vous avez envie de découvrir ces documents et d'autres sur l'arrière-front, vous pouvez notamment consulter les 2132 photographies mises en ligne sur Wikimedia Commons. Vous verrez que, dans ces clichés, la joie et le bonheur s'expriment à travers les portraits de famille, d'amis et de petites amies... Ces moments prennent plus de relief lorsqu'on sait que Raoul Berthelé est mort à 32 ans et qu'il n'a pas survécu à la fin de la guerre.

 

Amiens. Hortillonnages. Mlle Cornu et R. Berthelé. Raoul Berthelé et Jeanne Cornu assis sur la balustrade d'un kiosque dans un hortillonnage près d'Amiens (Somme). 1915. Guerre 1914-1918. Négatif N&B. Raoul Berthelé, 1915, photographie stéréo, 4,5 x 10,7 cm. AC : 5S342/1. Archives municipales de Toulouse, 49 Fi 225, détail.

Amiens. Biplan M. Farman. Mlle Delagarde. Mlle Delagarde pose devant un avion biplan M. Farman dans un champ d'aviation près d'Amiens (Somme). 1915. Guerre 1914-1918. Négatif N&B. Raoul Berthelé, 1915, photographie stéréo, 4,5 x 10,7 cm. AC : 5S341/7. Archives municipales de Toulouse, 49 Fi 114, détail.

mot clé #Monum1418

Les archives prennent l'air sur les réseaux sociaux


novembre 2014

Sur twitter depuis mi-août 2014, les Archives de Toulouse vous proposent de savourer des séries, petits feuilletons souvent en images, qui vous offrent un extrait des richesses conservées avec soin.
Après la série #1jour1archive, #Toulouse1418 (qui se poursuivent), la série #Monum1418 se révèle sur twitter.
Ces petits messages en moins de 140 caractères sont « indexés » avec des mots-clés inventés et précédés du signe dièse (appelés hashtag), ce qui permet d'accéder à tous les messages contenant ce fameux hashtag ou mot dièse. Vous pouvez y accéder même si vous n'êtes pas inscrit sur twitter.

  1. Dans votre navigateur internet, vous chercher un compte, par exemple celui des Archives de Toulouse : @ToulouseArchive, et vous fermez la page d'inscription si vous le souhaitez
  2. Dans le champ de recherche en haut de page de ce compte, vous saisissez : #Monum1418 et vous lancez la recherche,
  3. vous pouvez ainsi consulter les résultats de cette recherche, soit les messages « top » ou « tout » le contenu.

N'hésitez pas à flairer et à déguster les différentes séries proposées par les Archives !

Guerre 1914-1918. - Jean Dougnac soldat du 81e régiment d'infanterie de ligne : cahier de chansons romantiques illustrées par Jean Dougnac durant son incorporation sous les drapeaux. NB : Jean Dougnac, né à Cazères le 27 mars 1892. Matricule 4099. Incorporé au 81e régiment d'infanterie de ligne, 11 compagnie, 4e section, 15e escouade, 31 division, 61e brigade de Montpellier (Hérault). Archives municipales de Toulouse, 2 Num 6 vue 71.

On connaît la chanson... Et oui même en temps de guerre, on pousse la chansonnette !


septembre 2014

Dans les archives de la Grande Guerre conservées par les familles, on trouve des récits de guerre, de la correspondance, des photos, des dessins... et beaucoup de ces documents nous permettent de partager un peu du quotidien des poilus et de leur famille, de connaître leurs préoccupations, leurs peines, leurs occupations et leurs loisirs. Les chants sont présents dans un certain nombre de cas, au sein des activités militaires comme pendant les moments de détente.


Deux exemples parmi les fonds confiés aux Archives et consultables dans la base de données en ligne :

  • Jean Dougnac, soldat au 81e régiment d'infanterie de ligne a transmis un cahier de chansons illustré, de manière romantique ou grivoise selon les pages. 2 Num 6 à consulter dans registres numérisés ;
  • Maurice Montel, soldat au 5e bataillon du 366e régiment d'infanterie engagé dans la Meuse, a participé à différentes revues du théâtre aux armées, notamment avec Lucien Baroux comédien professionnel. Dans le fonds 74 Fi confié par la famille Lebely, quelques belles photos montrent des militaires répétant à proximité du front.
A écouter en ligne
Impression écran de la page des albums des Archives municipales de Toulouse sur flickr.

Économie, usines et la Grande Guerre : et deux nouveaux albums proposés sur Flickr !


Vous direz : « quel rapport avec la poésie ? »
Aucun sinon dire tout en alexandrins
Que de ces deux albums je ne me rassasie
Et si vous vous moquez je dirai malandrins.

Comment ? vous préférez le mot Polynésie
Car il serait bien plus plaisant ou opportun ?
Mais trouver une rime avec la poésie
Est ouvrage âpre et vraiment importun.

Amiens. Hortillonnages. Mlle Cornu et R. Berthelé. Raoul Berthelé et Jeanne Cornu assis sur la balustrade d'un kiosque dans un hortillonnage près d'Amiens (Somme). 1915. Guerre 1914-1918. Négatif NB, BERTHELE, Raoul (photographe), 1915, 4,5 x 10,7 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 49 Fi 225.

Les femmes dans la Grande Guerre : un rôle à redécouvrir ?


mai 2014

Petite amie, femme ou marraine de guerre, infirmière, ouvrière... Les femmes ont joué des rôles multiples pendant la guerre. Près ou loin du front, elles ont participé à l'effort de guerre et leur implication dans la société est loin d'être négligeable.
En revanche, même si leur action dans le monde du travail est rendue plus visible par l'absence des hommes, elles n'ont pas attendu ce conflit d'envergure pour investir ce champ.
Mais il faudra quand même attendre la fin de la seconde guerre mondiale pour qu'elles obtiennent le droit de vote...

Images à découvrir sur internet :

  • base de données en ligne puis chercher par exemple « 1914 femme@ » en cochant « seulement les notices avec des images liées » et « Afficher directement les imagettes » (à partir de début mai)
  • ou les albums flickr
[La guerre 1914 à Toulouse]. Comité d'assistance aux travailleurs indo-chinois. Section de Toulouse. Ouvriers Indo-Chinois dans un atelier de l'Arsenal de Toulouse. Ouvriers posant à leur poste de travail et militaires français. Vue d'ensemble. Carte postale N&B. Lassalle, C., Toulouse, phototypie, 9 x 14 cm. Archives municipales de Toulouse, 9 Fi 4939.

Poudrerie, arsenal et cartoucherie, les images de l'industrie de guerre à Toulouse pendant la Grande Guerre montrent des ouvriers qui travaillent loin du feu.


avril 2014

En 1914-1918, l'Arsenal est établi sur le site occupé par l'église des Chartreux, des Capucins et de Saint-Pierre-des-Cuisines et cela depuis 1808 .
En lien avec l'Arsenal, un atelier est créé au Polygone après la guerre de 1870. Par décret de 1911, l'Arsenal devient atelier de fabrication et s'implante dans le parc du Polygone de 66 hectares. L'extension de la Cartoucherie est majeure lors de la Grande Guerre. Le personnel féminin nombreux y fabrique des douilles de 155, 105 et 75. Une ligne de tramway est spécialement mise en service pour faciliter l'accès à cet établissement.
Raccordée à la voie de chemin de fer dès 1914, la Poudrerie est très active durant la Grande Guerre car un grand nombre d'obus provenait des ateliers toulousains. Installée à proximité du Ramier, elle se développe et de nouveaux bâtiments sont édifiés près du pont d'Empalot.

Aujourd'hui ces sites ont bien changé... Pour les localiser sur une carte actuelle aller sur Urban-Hist et cocher dans Cartes thématiques Sur les traces de 14-18 puis consulter les fiches de l'inventaire pour en savoir plus sur ces édifices.

[Cartoucherie]. Atelier de fabrication . Tous les postes d'ouvriers sont occupés par des femmes. Photographie N&B, 18 x 24 cm. Archives municipales de Toulouse, 2 Fi 2319.

[Cartoucherie]. Atelier de fabrication . Tous les postes d'ouvriers sont occupés par des femmes. Photographie N&B, 18 x 24 cm. Archives municipales de Toulouse, 2 Fi 2319.

[Album de la poudrerie : femmes au travail]. Usine de produits explosifs, dite la Poudrerie Nationale, SNPE, 1 chemin de la Loge, Toulouse. Guerre 1914-1918. Femmes entassant des ballots de coton poudre. Photographie 77 extraite de l'album de 50 pages, 99 photographies. Photographie NB, 12 x 17 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales de Toulouse , 16 Fi 22/77.

[Album de la poudrerie : femmes au travail]. Usine de produits explosifs, dite la Poudrerie Nationale, SNPE, 1 chemin de la Loge, Toulouse. Guerre 1914-1918. Femmes entassant des ballots de coton poudre. Photographie 77 extraite de l'album de 50 pages, 99 photographies. Photographie NB, 12 x 17 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales de Toulouse , 16 Fi 22/77.

Label attribué par la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale

Bleu, blanc, rouge, les couleurs de la République française... et les couleurs du label Centenaire 1914-1918 attribué par la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale.


mars 2014

Petit rappel : Les Archives municipales de Toulouse ont obtenu le label pour deux projets : l'inventaire des monuments commémoratifs et l'édition d'un catalogue de cartes postales illustrées patriotiques.

Voici quelques nouvelles fraîches sur le premier projet.

70 monuments commémoratifs localisés
Chaque monument est en train de faire l'objet d'une fiche d'information accompagnée d'illustrations dans le site Urban-Hist, le patrimoine toulousain à la carte.

62 lieux dans la carte Sur les traces de 14-18
Dans Urban-Hist également, elle permettra d'afficher facilement les emplacements des monuments commémoratifs et des autres lieux (hôpitaux temporaires, casernes, industries, etc.) touchés par la Grande Guerre. Cette carte évoluera au fil des recherches et des informations disponibles et s'enrichira d'images d'archives.

Une balade dans Urban-Hist mobile
Proposée dans le courant de l'année, elle permettra de consulter sur smartphone ou tablette, les fiches précédentes.

Un ouvrage de synthèse à l'automne
L'art du souvenir. Les monuments commémoratifs de la première guerre mondiale à Toulouse, un ouvrage sur l'histoire, l'architecture des monuments aux morts de Toulouse est en cours de rédaction par l'une des chargées d'Inventaire de ville de Toulouse en collaboration avec le service de la connaissance du patrimoine de la Région Midi-Pyrénées.

L'exposition L'art du Souvenir en novembre-décembre
Une exposition photographique, en écho à cette publication, va évoquer la place des monuments aux morts dans la ville, leur représentation et leur symbolique. Elle se déroulera à la Galerie de l'œil du site EDF Bazacle, 11 quai Saint-Pierre, du 1er novembre 2014 au 4 janvier 2015. Entrée gratuite, du mardi au dimanche, de 11 heures à 18 heures, fermeture le lundi, ainsi que les 25/12/2014 et 01/01/2015 .

[La guerre 1914 à Toulouse] [Hôpital auxiliaire n° 1]. École vétérinaire quartier Marengo, hôpital géré par la Société de secours aux blessés militaires. 1914-1918. Groupe d'infirmières autour d'un bassin. Vue d'ensemble. Carte photo. Carte postale NB, photographie, 9 x 14 cm. Archives municipales de Toulouse, 9 Fi 6531.

Centenaire de la Grande Guerre : les hôpitaux temporaires à Toulouse ou le service de santé à l'arrière. Exemple : l'hôpital auxiliaire n° 1, dans les bâtiments de l'école vétérinaire de Marengo aujourd'hui disparue, à travers les yeux de Lucien, soldat de la guerre de 1914-1918.


janvier 2014

« 31 décembre [1916]

Mon cher Georges

L'arbre de Noël dont je t'ai parlé hier m'a fourni en cartes de l'hôpital et je t'en envoie une. Il y a eu pas mal d'objets distribués. Pour ma part, j'ai eu d'abord un grand mouchoir contenant une paire chaussettes, cravate et son épingle simili or, un portefeuille, un paquet de cigarettes, un flacon de parfumerie, une glace, dragées, etc.
J'aurais préféré y trouver une perm de 4 jours pour le 1er de l'an, mais on avait oublié d'en mettre. Ça n'a pas d'importance.
Rien à signaler. Le temps se gâte quelque peu. C'est dommage. Il ne pleut pas encore mais cela viendra avant la fin de la journée.
Je t'embrasse affectueusement.

Luc. »

Galerie de quelques cartes postales de cet hôpital temporaire que Lucien a peut-être reçues pour Noël 1916, avec à la fin la carte qu'il a envoyé à son ami Georges.

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