ARCANES, la lettre

Dans les arcanes de


Chaque mois, l'équipe des Archives s'exerce à traiter un sujet à partir de documents d'archive ou de ressources en ligne. Retrouvez ici une petite compilation des articles de la rubrique "Dans les arcanes", des édito détonnants pour présenter le thème du mois.

DANS LES ARCANES DE


Toulouse. Le Grand Hôtel, vers 1910. Carte postale Labouche Frères. Luigi Fachinetti – Mairie de Toulouse Archives municipales, 9Fi4702 (détail).

Ça c’est Pallas !


juin 2026

« La Garonne, le Capitole et le rugby, ça c’est Toulouse aussi ! » Ainsi s’achevait le refrain d’un chant de classe verte et colonie de vacances dont les enfants du coin rebattaient les oreilles des chauffeurs de bus et moniteurs. A ce jour, on ne sait toujours pas qui l’a composé, mais j’ai appris depuis que Toulouse c’était « Pallas aussi » et ce, depuis l’Antiquité. Pour être honnête, j’ai mieux connu la fin du 20e siècle qui devait faire advenir l’émission Palace sur les ondes télévisuelles françaises. Créée par Jean-Michel Ribes, aidé de Roland Topor, Georges Wolinski, Jean-Marie Gourio et bien d’autres encore, elle adaptait un format italien Grand-Hôtel avec l’esprit caustique des susdits auteurs. Le sommaire du n°176 d’Arcanes rendra donc hommage à cet ovni du PAF. 

« Les belles histoires du Pallas » nous emmènent d’abord en Sardaigne sur les pas de Jean Dieuzaide où nous nous sommes littéralement rendus pour inaugurer l’exposition Yan 1956 à l’Istituto Superiore Regionale Etnografico de Nuoro. 

« Pallas service » vous propose ensuite un soin spa étonnant aux bains de la Baraquette. Très en vogue sous Louis XVI !

C’est ici qu’intervient « Lady Pallas » pour nous renseigner sur les règles et convenances archivistiques permettant d’appréhender l’absence d’archives publiques ou d’encadrer leur destruction.


Pendant ce temps, au zinc de notre établissement, le barman nous rapporte la « Brève de comptoir » suivante :
- Tu sais où c’est toi le Palays ?
- Ben, tu l’as sous le nez. 

En vérité, le Palays est situé plutôt dans le quartier de Montaudran et doit son nom à la famille qui était propriétaire de ces terres dès le 12e siècle. 

D’ailleurs, le professeur de Pallas qui a toujours quelque chose à dire et à nous apprendre sur l’histoire de Toulouse, nous fait suivre les pérégrinations dans la ville du sarcophage d’un membre de cette famille. 

Et, pour finir, l’homme aux clefs d’or, grand architecte numérique, vous parle, et vous dévoile la destinée culturelle et artistique de notre ville, la « Palladia Tolosa ». Ça c’est Pallas !

Match de rugby à XV entre l’équipe France B et la Nouvelle-Zélande au Stadium à Toulouse, le 18 novembre 1967. André Cros – Mairie de Toulouse, Archives municipales, 53Fi7274.

XV à la douzaine


mai 2026

A l’instar des héros de Treize à la douzaine, best-seller de la fin des années 1940 racontant les joies et les peines d’une tribu de 12 enfants et adapté en moult films et séries, le rugby est aussi une grande famille. Mais alors que la première était installée dans le New Jersey aux Etats-Unis, la seconde est particulièrement implantée dans le sud-ouest de la France.  Certes, le ballon ovale s’est répandu sur tout le territoire national, mais il a trouvé dans ces régions un terrain fertile qui l’a rendu presque endémique. Les rugbymen poussent ici comme la lavande en Provence. Ainsi, pour ce 175e opus d’Arcanes, placé sous le signe du chiffre 15, nous ne pouvions faire l’impasse sur le rugby et nous vous proposons donc une équipe de légende en guise de sommaire. 

A l’ouverture, c’est un effectif au complet que nous vous présentons posant devant un bar près de la gare Raynal. Rien d’étonnant à cela quand on connaît l’appétence des joueurs pour les troisièmes mi-temps bien arrosées. 

En demi de mêlée, il faudra démêler une affaire d’adultère nous arrivant tout droit de l’année 1741. Bertrand et Claire s’y séparent sur fond d’infidélité prouvée épistolairement. 

Au talon, nulle marque de page coupée à l’intérieur de l’ouvrage de Nicolas Bertrand Opus de Tholosanorum Gestis ab urbe condita, édité en 1515, et racontant l’histoire quelque peu mythique de notre ville.  

En pilier, un bloc de béton. L’immeuble situé aux n° 42 et 44 des allées Charles-de-Fitte, élégamment conçu par l’architecte Robert-Louis Valle, dont les 19 étages surplombent le quartier Saint-Cyprien depuis la fin des années 1950. 

En flanker, c’est la croix. Non pas Didier Lacroix qui s’illustra à ce poste au sein de l’équipe du Stade Toulousain et qui préside à ses destinées aujourd’hui, mais la croix de Toulouse qui fut érigée par le roi Louis XV au sein de la forêt de Fontainebleau. 

Et pour finir, aux ailes, il y a Urban-Hist qui vous permettra d’aller butiner le patrimoine local remarquable sous forme de visite flash. Ou comment gagner du temps pour mieux en perdre, c’est un peu ça la douceur de vivre toulousaine.

Photographie de famille, années 1900, négatif N&B. Mairie de Toulouse, Archives municipales, 6Fi165.

Familles je vous ai


avril 2026

- Et là c’est tatie Yvonne, à l’époque où cousin Jean-Pierre faisait son service militaire à Colmar. Tu l’as connue toi tatie Yvonne ?  

- Euh, non… 

- Et cousin Jean-Pierre 

- Non, plus 

Qui n’a jamais vécu ces après-midi sépia passées au côté d’un aïeul armé de moult albums photographiques, à grignoter des gâteaux secs-mous, à voir des visages, écouter des vies de personnes inconnues. C’était parfois un peu languissant. Mais on est aujourd’hui rudement content d’avoir conservé ces archives de famille. Certes, on ne reconnaît pas forcément le grand-oncle Alfred qui était parti faire fortune en Amérique, mais ces clichés, souvent flous parce que le petit ou la mamie n’a pas tenu la pose, sont propices à la rêverie généalogique. Et si Victor s’était marié avec Adélaïde, sa petite fiancée du village, plutôt qu’avec Renée rencontrée sur les bancs de l’école de médecine de Montpellier, serions-nous là pour en parler ?  

En hommage donc à nos ancêtres, nos parents et proches, ainsi qu’aux longues soirées de vacances sans écrans, sans téléphone, ni même électricité (esprit du Butagaz es-tu là ?), je vous propose de dérouler le sommaire du n° 174 d’Arcanes sous forme d’un jeu des 7 familles.  

Pour commencer, dans la famille Mitrailleurs je voudrais, le papa Rizzi, vous savez celui qui lors des anniversaires, mariages et autres célébrations, dégaine son Kodak pour un oui ou pour un non. Sur le moment c’est un peu épuisant, surtout pour lui, mais finalement on est bien content de recevoir ses tirages sous-exposés.  

Ensuite, dans la famille Giscard, je voudrais l’arrière-petit-fils, Joseph, dernier rejeton d’une lignée de statuaires en céramique initiée par Jean-Baptiste. Nous lui devons l’entrée des archives de cette fabrique, installée rue de Colonne et active des années 1850 à la fin du 20e siècle, dans les collections municipales. 

En ce qui concerne la famille Apostolique, étrange lignage composé uniquement d’hommes, je voudrais le père, mais il y en a tant. Appelons-le Hyacinthe qui, comme ses frères, tenait les registres de baptêmes, mariages et sépultures des paroisses sous l’Ancien Régime.  Tâche qui fut poursuivie par les officiers d’état civil et qui est si utile aux généalogistes. 

Dans la famille Tracemurs, je voudrais le neveu Urbain Vitry (1802-1863), architecte de la ville, dont l’oncle Jacques-Pascal Virebent occupa la même charge durant plusieurs décennies, sans parler des frères et beaux-frères de ces derniers, qui étaient aussi du bâtiment. Il semble que le népotisme n’était pas un vain mot chez les adeptes du compas et de l’équerre. 

Dans la famille Chasseurs-d’os, je voudrais les arrière-grands-parents, Henri Begouën et Joseph Vézian, qui outre leurs gènes ont transmis la passion de la préhistoire à leur descendance ainsi que quelques grottes. 

Pour terminer dans la famille Faiseurs-d’arbres, je voudrais tous les greffons et rejetons numériques qui vous permettront de réaliser votre généalogie « en chantant », comme dirait Michel. 

Buvard publicitaire pour l’ONIA, année 1930. Mairie de Toulouse, Archives municipales, 45Fi18.

Trop sans sigle


mars 2026

On confond communément sigles et acronymes, les seconds existant rarement sans les premiers, ceux-ci ne devenant pas forcément des seconds. Parfois, certains connaissent une forme de consécration lorsque leur abréviation en suite de lettres du type C.N.E.S. (pour Centre national d’études spatiales) devient un mot « Cnes » ou encore lorsque l’O.N.I.A (Office national industriel de l’azote) se prononce « Onia ». Ce sont des sigles qui ont réussi. Il faut dire qu’une succession de consonnes est un obstacle notable à l’acronymisation, et on aura beau nous affirmer « SNCF c’est possible ! », cela reste impossible à prononcer, à part en éternuant.  

Ainsi, se joue une guerre secrète entre sigles et acronymes où les uns paraissent garants d’une exactitude plus ou moins scientifique, alors que les autres se vulgarisent dans le langage courant. Ce conflit à bas bruit est notable dans les sphères opaques des services secrets, polices politiques, et autres barbouzeries, le K.G.B., la C.I.A., la D.S.T. n’ont pas réussi à devenir des mots comme la Guépéou (G.P.U. : Gossoudarstvénnoïe polititcheskoié oupravlénié), le Sdec (S.D.E.C.E., Service de documentation extérieure et de contre-espionnage) ou encore le Sac (S.A.C., service d’action civique). Mais aussi dans les grandes écoles, ainsi l’I.N.S.P (Institut national du service public) a bien remplacé l’ENA, mais pas dans le vocabulaire commun. 

Pourtant, le vocabulaire évolue ces derniers temps vers une inflation des sigles et acronymes en lien avec les lexiques du management et des pratiques numériques, non sans générer certaines confusions. Ainsi ASAP peut signifier « Avis de somme à payer » comme « As soon as possible » (aussi vite que possible).  

Je vais donc immédiatement débuter la présentation du n°173 d’Arcanes avec le G.O.A.T. de la photo Jean « Greatest Of All Time » Dieuzaide, pour évoquer son travail de commande auprès de divers clients : cabinets d’architecte, banques, sociétés industrielles… 

Autre forme d’entreprise, plutôt criminelle, le S.P.E.C.T.R.E. (Service Pour l'Espionnage, le Contre-espionnage, le Terrorisme, la Rétorsion et l'Extorsion) fut inventé par l’écrivain Ian Flemming. Alors que sous l’Ancien Régime les sigles des malfaiteurs étaient moins glamours : G.A.L. pour les galériens, et en plus ils étaient inscrits au fer rouge.  

D’ailleurs, jusqu’en 1982, l’homosexualité était considérée comme un crime en France, et des associations se sont créées pour défendre les droits des minorités sexuelles. Aujourd’hui, la question de la préservation de la mémoire L.G.B.T.Q.I.A.+ se pose tant aux acteurs publics que privés. 

La S.I.G.T. venait aussi du secteur privé et supervisa la construction des immeubles de la rue de Metz au tournant du 19e siècle. Epoque rêvée pour les promoteurs, où il n’existait ni Z.P.P.A.U.P. (zones de protection du patrimoine architectural urbain et paysager) ni Z.N.I.E.F.F. (zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique), ni acronymes abscons. 

D’ailleurs, il n’est pas sûr qu’ils soient encore d’actualité, au même titre que les Z.A.I. (zone d’activités intercommunale) ou Z.R.U. (zone de redynamisation urbaine) tant ces toponymes évoluent vite. Il sera donc intéressant d’explorer les strates de l’acronymie archéologique.  

Et, quitte à remonter le temps, pourquoi ne pas invoquer Paul Eluard pour vous parler des S.I.G. grâce auxquels je peux vous indiquer les coordonnées G.P.S. (Global Positioning System) exactes de sa tombe au cimetière du Père-Lachaise :  48° 51′ 40″ N, 2° 23′ 39″ E.

Supporters argentins, place du Capitole, à l’occasion de la rencontre de Coupe du Monde de Football opposant l'Argentine au Japon au Stadium de Toulouse, le 14 juin 1998. Direction de la communication – Mairie de Toulouse, Archives municipales, 15Fi12165/3.

Albicéleste


février 2026

J’aime beaucoup le Tarn, et pour tout dire j’y ai des attaches familiales. J’aime encore plus son chef-lieu, mais contrairement à ce que ce titre pourrait suggérer, il n’en sera pas question ici. Il s’agit plutôt d’une référence au drapeau argentin, bleu ciel rayé de blanc, et plus précisément à son équipe nationale qui nous fit bien des misères récemment. Mais foin de seum, il faut reconnaître que sous ce maillot s’épanouirent d’immenses joueurs tels que Mario Kempes, Gabriel Batistuta ou encore Diego Maradona. Je vous invite donc, pour ce numéro 172 d’Arcanes, à un voyage au cœur des petits noms des sélections nationales du ballon rond où vous pourrez constater que les cieux tiennent une large place. 

Car s’il existe une Albicéleste il existe aussi une Céleste, sélection uruguayenne, dans laquelle auraient pu se retrouver l’aviateur Roger Morin, le funambule Robert Dolnay et les dames de la carte, tant ils furent attirés par le ciel. 

Bien sûr les Bleus se rangeraient derrière la bannière du combatif Louis XIII. Même si, après son échec devant les portes de Montauban, il fit une entrée pas si triomphale à Toulouse en 1621. Cela arrive même aux meilleurs, souvenez-vous Knysna en 2010. 

Quant à la Squadra Azzurra italienne, elle incarnerait parfaitement les peintres et enlumineurs du 16e siècle qui, par leurs techniques et savoir-faire, agrémentèrent de pigments bleus nombre de tableaux et manuscrits.  

La Seleção brésilienne pourrait, de son côté, renvoyer aux 300 pièces d’Henri-Georges Adam sélectionnées par le galeriste Alain Inard afin de créer un musée à Toulouse qui se transforma, finalement, en Cité de l’Espace. 

Comme leur nom l’indique les Samouraïs Bleus nous viennent du pays du soleil levant, astre que le père Emmanuel Maignan utilisa à bon escient pour créer un astrolabe dans le monastère des Minimes de Toulouse au 17e siècle. 

Plus proche de nous, l’Observatoire de Jolimont, fut un autre site majeur de l’observation céleste à Toulouse qui a dûment été recensé dans Urban-Hist. Quel meilleur point de vue pour les rêveurs et astronomes en herbe ? En écarquillant les yeux, ils pourraient y apercevoir les fameuses Etoiles Noires du Ghana. 

Les coureurs du Tour de France entrent dans le Stadium, 24 juillet 1955. Emile Godefroy – Mairie de Toulouse, Archives municipales, 19Fi1899.

Lanterne rouge


janvier 2026

A la différence d’un fanal, Arsène Millocheau n’a jamais brillé. Classé en 12e position de la course Bordeaux-Paris en 1896, il est 24e du classique Paris-Roubaix l’année suivante. Mais l’histoire a néanmoins retenu son nom. Il est, et demeure pour l’éternité sportive, la première lanterne rouge du premier Tour de France cycliste en 1903. Il rejoint ainsi la cohorte des perdants magnifiques qui ont marqué les esprits par leurs échecs et, de ce fait, ont souvent suscité la sympathie de leurs contemporains. Songez à son collègue de pédale, Raymond Poulidor, éternel second que la France adorait. En hommage donc, à Arsène, je vous propose un 171e tour d’Arcanes

La première étape sera pyrénéenne et nous devrions assister à une échappée tonitruante d’Eugène « magic » Trutat grâce à ses plaques diapositives. 

Plus urbaine, la deuxième étape, n’en sera pas moins explosive et devrait voir, ledit Roux de Montbel, mettre littéralement le feu à la rue des Couteliers. 

Pour la troisième, nos forçats de la petite reine traverseront les zones brumeuses du passé. Dans ce contexte périlleux, les phares archivistiques leur seront d’une grande aide. 

Après un check-out santé au sein de la commanderie des hospitaliers de Saint-Antoine, les coureurs prendront le départ de la 4e étape depuis la rue du Lieutenant-Colonel-Pélissier qui longe le bâtiment.  

Le peloton s’engouffrera ensuite dans l’étroite rue Tripière où des lumières, même antiques, ne seront pas superflues tant le soleil peine à y pénétrer. 

Après des tours et détours dans la Ville Rose, se ravitaillant au passage de toutes sortes d’histoires et légendes urbaines, les coureurs-lecteurs franchiront la ligne d’arrivée sur les hauteurs du quartier Bonnefoy, aux Archives de Toulouse. Là, ils pourront à loisir passer au crible les fables et anecdotes toulousaines. Et ce ne seront pas les derniers à le faire. 

Salon d’une maison, années 1980. Gril – Mairie de Toulouse, Archives municipales, 34Fi745.

Ça te barbera


décembre 2025

“Tu ne peux pas être Channing ! Channing est mort dans un accident de cheval au Red Rocks Park il y a dix ans !
-  Ce n’était pas moi mais mon frère jumeau, Adam, qui a pris ma place lorsque mon père m’a renié.
-  Mais alors, si tu es le fils de Blake, tu es mon demi-frère et nous ne pouvons nous aimer.” 

Le tragique n’est jamais très loin dans les “soaps”, il est même au coin du couloir, dans un salon cossu, sous des lustres scintillant comme des diamants. L’histoire de Barbe d’Héliopolis n’est pas moins tragique, elle qui fut humiliée et égorgée par son propre père. D’ailleurs, le nom de l’un des feuilletons les plus célèbres de ce genre, Santa Barbara, lui rend plus ou moins volontairement hommage. Il sera donc question de barbe dans cette 170e saison d’Arcanes qui se déclinera en 6 épisodes.

Episode 1 : Clarence se souvient avec émotion de ses années de jeunesse dans sa ville natale. Elle regarde de vieilles photos couleur qui ravivent des moments heureux passés à la fête foraine, fleurant bon la barbe à papa. 
Episode 2 : Pendant ce temps, seule dans sa chambre, la jeune Mathilda scrute des portraits-carte de visite du siècle dernier où de sévères gentlemen arborent fièrement barbes et moustaches. Quels mystères y découvrira-t-elle ?  
Episode 3 : Alors que tout le monde dort, Brenda s’est installée dans son atelier où elle nettoie méthodiquement des documents d’archives à l’aide de gommes et de brosses en poil de chèvre. Dans quel but ? 
Episode 4 : Lauralyn, Emily-Lou et leurs amies sillonnent la région en collectant toutes sortes d’informations qu’elles répertorient sur la carte numérique Urban-Hist. Leur attention s’est portée récemment sur Fonbeauzard. Pour quelle raison ? 
Episode 5 : Depuis un lieu tenu secret, Mark enquête sur la disparition du roi barbu Henry, 4e du nom. Il semble que l’effigie le représentant dans la cour du Capitole en garde certains stigmates. 
Episode 6 : Pris dans leur routine quotidienne, John et Joan mènent une vie rangée, mais celle-ci est bouleversée par une publication des Archives de Toulouse. Comment vont-ils réagir ? 
Autant de questions dont vous trouverez, peut-être, la réponse dans cette saison d’Arcanes. La suite au prochain épisode... 

Affiche publicitaire illustrée pour les pastilles aux sels naturels d'Aulus (dépôt général chez Mr E. Gély pharmacien chimiste, 11 rue Lapeyrouse), 1890-1894. Mairie de Toulouse, Archives municipales, 12Fi2854 (détail).

Sel que j'aime


novembre 2025

Dans une version à peine parodique d’une célèbre émission de rencontre des années 80 animée depuis une attraction foraine tournante, l’un des candidats masculins interrogeait la potentielle élue de son cœur dans les termes suivants : « Est-ce que tu resales le manger avant de le goûter pour voir si c’est plus salé ? ». La question avait de quoi déstabiliser, mais n’était pas totalement dénuée de fondement tant il est vrai que saler un plat est quasiment un réflexe conditionné chez certains ; réflexe, par ailleurs, souvent préjudiciable à la santé. Mais qu’y faire lorsque « le sel de la vie » représente ce qu’il y a de plus vibrant en elle. Vous l’aurez compris, ce numéro 169 d’Arcanes se place sous le signe de l’« or blanc » dans toutes ses acceptions thématiques et phonétiques.  

Et pour commencer, quoi de plus essentiel que les sels d’argent pour révéler les ombres et lumières de la photographie en noir et blanc. Un de ses maîtres incontesté, Sebastião Salgado (1944-2025), vint présenter ses œuvres, magnifiant l’humanité des plus humbles, à la Galerie du Château d’Eau de Toulouse en 1986. 

Deux cents ans avant la naissance du célèbre photographe, une bande aussi modeste que « dessalée » essaya, en vain, de s’évader des prisons du Sénéchal par les voies les moins ragoûtantes. Le même projet fût tenté, quelques années plus tard, depuis les geôles de l’hôtel de ville en déplaçant la pierre à selles des latrines féminines. 

Rien à voir avec les pierres à sel que l’on trouve dans les champs et écuries compensant les carences en sodium de l’alimentation du cheval. Et ce dernier en a bien besoin lorsqu’il faut suer en portant, sur son dos, l’avenir de la France, en la personne du futur François Ier, comme figuré sur une enluminure des Annales récemment prêtée au Musée National de la Renaissance. 

Il faut dire que la Renaissance est à Toulouse ce que le sel est à Guérande, essentiel. Et quoi de plus normal alors que la ville soit émaillée d’hôtels particuliers contemporains de cette époque. Parmi eux l’hôtel de Brucelles, célèbre pour sa galerie, sa tour et son nom rigolo.  

Il est un peu moins drôle d’être frappé par la mort, et encore moins dans une position peu avantageuse. Du moins pour l’intéressé ; pour les archéologues, c’est une autre histoire qui ne manque pas de selles. 

A vélo aussi, il est recommandé d’être pourvu d’une selle. Et pour éviter les pièges du trafic, le cycliste averti peut consulter les ressources vélocipédiques d’Urban-Hist. A bon entendeur, salé ! 

Villa à Hossegor (Landes), 2 octobre 1929. Armand Courtois de Viçose - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 16Fi91/61.

Le signe de Zéro


octobre 2025

Moins que zéro est un roman de Bret Easton Ellis publié en 1985 où l’on suit la jeunesse dorée californienne expérimentant le triptyque « sexe, drogue et rock’n roll » dans ses aspects les plus troubles. De ces adolescents blasés, évoluant dans un état second au bord des piscines de villas luxueuses, émane une sensation de vide intense, corollaire de l’ennui. L’ennui, cet état d’aphasie, qui nous paraît aujourd’hui bien étrange tant il a déserté nos vies bombardées vingt-quatre heures sur vingt-quatre d’informations jusqu’au bout de nos doigts. Et malgré cela, une sensation de vacuité se fait jour. Car, en vérité, ces contenus numériques composés de 0 et 1 sont pleins de vide. C’est ce vertige qui en pousse certains à fuir le monde connecté, passant de community manager à berger en zone blanche. Mais ce ne sont pas quelques moutons et patous qui vous empêcheront de consulter le numéro 168 d’Arcanes, placé sous le signe du zéro, et dont le sommaire prendra en conséquence la forme d’un compte à rebours. 

Six suivi de zéro : soit les 60 ans de carrière de Jean Dieuzaide durant laquelle il produisit une œuvre considérable qui fut classée, organisée et numérotée selon les bons soins de Jacqueline, sa femme. 

Cinq degrés est une température correcte pour l’intérieur d’un réfrigérateur. On ne sait quelle atmosphère régnait dans les trois glacières toulousaines d’Ancien Régime mais elle permettait de conserver de la glace une grande partie de l’année. 

Quatre comme les quatre C de la devise des archivistes : collecter, classer, conserver, communiquer. Après s’être appliquée durant des décennies aux archives papier, elle concerne tout autant à présent les documents natifs numériques.  

Trois fois de suite un bâtiment emblématique du quartier de la Daurade fut réhabilité : d’abord monastère transformé en manufacture de coton, et ensuite de tabac, il finit en école des Beaux-Arts avec l’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui. On parlerait aujourd’hui d’appropriation architecturale, ce qui est toujours préférable à la table rase. 

Deux années, huit capitouls, une école de médecine. Autant d’éléments qui sont à l’origine d’une sculpture disparue (et heureusement photographiée) portant la marque de l’arrivée du zéro à Toulouse. 

Un accès momentanément impossible à notre base en ligne, l’occasion de venir nous rencontrer IRL, d’être conseillé dans vos recherches et accessoirement d’utiliser notre base intranet à disposition sur les postes informatiques de notre salle de lecture. 

Zéro. 

Les frères Durand du Toulouse-Vélo-Club, vers 1940. Mairie de Toulouse, Archives municipales, 9Fi5859.

Double trouble


septembre 2025

Ce week-end, nous espérons que vous serez nombreux à venir troubler la quiétude des Archives pour les Journées Européennes du Patrimoine. Vous aurez droit à un double programme, samedi et dimanche, à base de visites, d’ateliers et d’exposition. Mais que cela ne vous empêche pas de parcourir le délicieusement trouble 167e numéro d’Arcanes

C’est aux confins du septentrion, que commence votre voyage, vers la mythique Thulé. Dans ce paysage, théâtre des sagas nordiques, un groupe de savants, parmi lesquels Maurice Gourdon, se dirige vers le Spitzberg. L’aventure ne se passe pas comme prévu. Il faut croire qu’un Doppelgänger maléfique était sur leurs traces.   

On ne sait si ces explorateurs de l’extrême avaient consommé beaucoup d’aquavit, mais on espère qu’il était de meilleure qualité que les vins frelatés dont il est question dans les procédures judiciaires des 17e et 18e siècles. Certes, l’abus d’alcool fait parfois voir double, mais quand on y ajoute de la chaux, il fait surtout voir rouge. 

Au contraire, l’archiviste doit garder la tête froide en toute circonstance, notamment lors du traitement d’un fonds. Il se doit de prendre une certaine distance pour le contextualiser, et pour l’aider, il y a le RIC (Records in Context). D’autre part, je pense que nous devrions lancer un référendum sur le thème des acronymes “confusionnants”. 

De la confusion, il pourrait y en avoir autour des frères Bénézet. Tous les deux sont actifs à Toulouse dans les années 1860. L’un, Bernard, est un peintre célèbre dont les œuvres ornent de nombreuses églises toulousaines : Saint-Nicolas, Notre-Dame la Daurade, Saint-Etienne, Saint-Sernin et Notre-Dame du Taur. L’autre, Baptiste, est un photographe moins connu dont le studio était installé 5, rue Croix-Baragnon. 

On ne sait si les deux frangins s’entendaient bien, en revanche il est des frères ennemis qui s’affrontèrent violemment à Toulouse quelques siècles plus tôt. Huguenots et catholiques eurent en effet maille à partir au cours de l’année 1562, une porte de la ville en a longtemps gardé les stigmates. 

Mais vous pouvez aussi débusquer d’autres traces de faits divers plus ou moins brutaux dans les zones éloignées du centre urbain. Dans cette banlieue alors rurale, vous vous ferez l’effet d’avoir le don de double-vue, grâce à la couche « champs troubles » d’Urban-Hist. Un pied dans le passé et un autre sur votre trottinette. Attention ! Un accident est si vite arrivé... 

La fanfare des Beaux-Arts de Paris en concert à l’occasion de l’élection de la « Belle Gaillarde » à Noé (Haute-Garonne) le 9 juillet 1961. André Cros – Mairie de Toulouse, Archives municipales, 53Fi2349.

Le ratichon baigneur


juillet - août 2025

Je me souviens d’avoir aperçu ce titre intrigant jouxtant un autre ouvrage de Boris Vian qu’il fallait acheter pour le cours de français. S’il paraissait un peu obscur, l’intitulé railleur m’évoquait une sorte de grand échalas en costume de bain rayé. Mais un ratichon n’était pas, comme je l’avais cru, un être aussi rachitique que maigrichon, mais un prêtre familièrement assimilé à un surmulot d’église. Ainsi, au lieu d’un Stan Laurel dégingandé dans un burlesque film de plage, il évoquait plutôt un Paul Préboist concupiscent dans Mon curé chez les nudistes. Voilà qui fleure bon les vacances pour cet opus estival d’Arcanes n° 166 placé sous le signe thématique et phonétique du rat qui, en astrologie chinoise est rattaché au signe de l’eau. 

Boris Vian n’était pas un rongeur nyctalope, bien qu’habitué nocturne des caves de Saint-Germain, mais une sorte d’éternel adolescent touche à tout. On aimerait aussi redevenir parfois juvénile, vierge de tous préjugés, pour aborder une image comme si elle était la première.  

Vain rêve, tel celui de Colin voulant guérir sa dulcinée d’un cœur nénupharisé dans L’écume des jours. L’eau de farfara, dont la composition est détaillée dans les comptes du Trésorier de 1652 et qui guérit à peu près tout, était peut-être l’antidote de ce mal mystérieux. 

Remède miracle que l’on aurait pu acheter sur un stand de foire ou de fête foraine, vanté par un « Docteur Miracle », à côté d’un cire-godasse et d’un repasse-limace. Les archives de ces manifestations, versées par la direction des Marchés et Occupation du domaine public, sont actuellement en cours de traitement.  

Vous n’y trouverez probablement pas l’attraction « Branko, l’homme fox-terrier qui tue les rats à main nue » qui semble sortir des rêveries du poète à la trompette qui se produisit à Toulouse en mars 1949. Il aurait pu faire retentir son instrument entre les murs de la discothèque « Le Ramier », ouverte un an plus tôt sur cette île qui fût successivement et parallèlement un site industriel, un jardin public arboré et un parc des sports et des expositions.     

Dans une autre zone de loisir située sur les hauteurs à proximité du cours de la Garonne, les rongeurs font une nouvelle apparition, cette fois toponymique avant de devenir patronymique et nous faire redécouvrir une ruelle disparue du quartier de la Daurade à travers les cadastres anciens. Mais comme disait Boris : « Un chien vaut mieux que deux kilos de rats » et je commence en avoir un peu ras-le-bol de nos amis surmulots. 

Je vous invite donc, par ces jours d’intense chaleur, à naviguer sur le gazon de nos espaces verts via Urban-Hist et à vous laisser guider dans la ville vers ses jardins secrets. Et je laisserai le dernier mot à l’écrivain : « Aussi longtemps qu'il existe un endroit où il y a de l'air, du soleil et de l'herbe, on doit avoir regret de ne point y être. » (Boris Vian, L’Herbe rouge). 

Le Maréchal de Mac-Mahon, président de la République, visitant les inondés de Toulouse. Dessin d’Henri Meyer, pris d’après nature dans la rue de Bayonne et sur la place du Chairedon. Le Sifflet, Paris, 11 juillet 1875. Archives de Toulouse, 3D127/1.

“Si j’aurais Crue, j’aurais pas venu”


juin 2025

Telle sentence, ou cri du cœur, aurait pu être prononcée par Patrice de Mac Mahon, premier personnage de l’État, alors qu’il traversait les décombres du quartier Saint-Cyprien de Toulouse détruit par l’inondation des 23 et 24 juin 1875. Au lieu de cela, la légende veut qu’il s’écriât “Que d’eau, que d’eau !” Sans être un spécialiste du genre, il me semble avoir entendu meilleur aphorisme. Toutefois, le plus improbable dans cette histoire demeure qu’il fut prononcé par un Président de la République française qui avait un prénom de coiffeur et un patronyme irlandais. Vous l’aurez compris, l’opus 165 d’Arcanes célèbre à sa façon le 150e anniversaire de la crue de 1875 sous le signe de l’adage et de la citation. 

“J’y suis, j’y reste” du même maréchal-président aurait pu être le leitmotiv des photographes toulousains qui, malgré des conditions difficiles, immortalisèrent les désastres de l’inondation. Un atelier (En)quête d’images leur a été consacré au cours du mois de juin. 

“Il a coulé mon porte-avion !" ne fut jamais prononcé lors de ce qui fût pourtant une véritable bataille navale qui se déroula près de l’église Saint-Nicolas en 1781 alors que la Garonne était une nouvelle fois sortie de son lit. Il sera d’ailleurs question de ces débordements dans l’atelier “Au fil des chroniques des capitouls” du mois de juin. 

“Quand il n’y en a plus, il y en a encore” est de circonstance, car nous avons aussi conçu une exposition sur la même thématique mais en choisissant le point de vue du témoignage de la catastrophe. Les panneaux sont visibles sur le pont Saint-Pierre et des documents originaux sont présentés dans notre salle de lecture. 

Il ne faut jamais dire “fontaine, je ne boirai pas de ton eau”, d’autant moins lorsque l’on est habitant du quartier Saint-Cyprien, et que les points d’alimentation en eau sont rares. Il a fallu une calamité et un philanthrope pour qu’un monument fontaine apaise enfin leur soif.  

En écrivant Les Lettres de mon moulin, Alphonse Daudet n’avait certes pas pensé au moulin du Château Narbonnais qui pourtant arborait sur sa façade moultes inscriptions et repères relatifs aux différentes crues qu’il eut à subir. L’une d’entre elles est aujourd’hui conservée dans un musée de la ville. 

Et pour finir, comme “un tiens vaut mieux que deux tu l’auras”, vous pouvez déjà consulter sur notre base en ligne un index permettant d’accéder à toutes nos ressources sur l’inondation, mais vous pouvez aussi rêver à une cartographie numérique de la crue, qui verra le jour dans les mois à venir.

Hommes en costumes de gladiateurs lors des fêtes Gallo-Romaines de Vic-Fezensac (Gers), 6 et 7 juin 1937. Germaine Chaumel – Mairie de Toulouse, Archives municipales, fonds Martinez-Chaumel, 97Finc. 635/1/1.

Antique et toc


mai 2025

- Et nous reprenons le direct depuis les arènes de Tolosa où les gladiateurs s’apprêtent à saluer la foule pour la 164e édition des jeux du cirque d’Arcanes. Le silence se fait dans l’enceinte alors que retentissent les voix des héros du jour :  

« Ave Arcanus, ceux qui vont écrire te saluent ! »  

- Quelle ambiance ! Quelle atmosphère ! On ressent toute la ferveur des abonnés. 

- Tout à fait Therrix, le programme a de quoi allécher les plus exigeants des afficionados 

- En effet, le sol va trembler grâce aux terribles engins du Capitaine Ferran, immortalisé par Jean Dieuzaide lors d’une campagne de fouilles. 

- Viendront ensuite des dragons à deux têtes et autres créatures fantastiques sorties de l’imagination de scribes facétieux, qui végètent dans les marges de nombreux manuscrits.  

- Dites-moi Jean-Mixus, vous n’auriez pas forcé sur la cervoise ce midi ?  

- Pas du tout. Que je sois placé sous le sceau de l’infamie si je mens ! Et je vous signale au passage que la pratique sigillaire remonte à la plus haute antiquité. 

- Vraiment ? C’est passionnant. Néanmoins accrochez-vous à la balustrade, dont l’étymologie remonte elle aussi à la plus haute antiquité, et dont plusieurs exemples remarquables sont visibles dans des bâtiments toulousains, car le spectacle va continuer.  

- Serrez tout de même votre bourse cher Therrix, car il semble qu’un pickpocket ayant sévi dans un monastère de la Gaule narbonnaise circule actuellement dans les gradins en quête d’antiques monnaies d’argent.  

- Merci Jean-Mixus. On me dit à l’instant que plusieurs citoyens n’ont pas trouvé les arènes. Il y a pourtant un plan d’accès dans Urban-Hist où figurent tous les bâtiments de notre cité palladienne. Pour ceux qui viennent de loin en empruntant la via Domitia, prenez à droite au niveau de Narbonne, la via Aquitania, jusqu’à la sortie XV, et ensuite Omnibus viis Tolosam pervenitur [tous les chemins mènent à Toulouse], si j’ose dire. 

Enfant déguisé en Indien lors de la matinée Travesty, Palais des Sports, 5 mars 1959. Emile Godefroy - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 19Fi5417.

Or de "sauvage"


avril 2025

Lors de leur arrivée en Amérique, les conquistadors furent fascinés par les parures dorées qu’arboraient les dignitaires natifs. Il faut dire que leur voyage était principalement motivé par la découverte de nouvelles richesses, au premier rang desquelles figurait l’or. Ainsi, de véritables hordes sauvages déferlèrent sur ces territoires « inconnus » en quête d’un hypothétique Eldorado provoquant directement ou indirectement la destruction des populations autochtones, tant dans le sud que le nord.  

Mais si les Amérindiens ont été largement décimés, ils ont été - comme c’est souvent le cas - également mythifiés par la littérature et le cinéma. A tel point que l’Indien a longtemps été un incontournable des panoplies pour bambins. Je vous invite donc à enfiler vos mocassins en peau de daim et votre coiffe en plumes d’aigles pour suivre la piste n°163 d’Arcanes et y découvrir moult trésors.  

  

Tout d’abord des portraits carte-de-visite, typiques du 19e siècle, réalisés par des photographes toulousains. Ces « attrapeurs d’ombres » font apparaître quelque chose comme l’âme de leurs sujets.    

  

Ensuite des hommes-médecine d’Ancien Régime dans leur quête éperdue du métal jaune : alchimie, magie, nécromancie. Ils se révèlent essentiellement des charlatans qui devront rendre des comptes à la justice. Rien à voir avec Sitting Bull. 

  

En matière de peinture sur peau, les congénères des Sioux, Kiowas et autres Iroquois ont des leçons à nous donner. Mais concernant les dorures sur cuir ou parchemin, les Archives pourraient leur en remontrer. 

  

En revanche, nul besoin de remonter l’étonnante pendule qui orne la façade d’un bâtiment de la rue Rivals. Les occidentaux ont un temps linéaire et des horloges circulaires, les natifs Américains ont un temps cyclique, et pour cadran la terre sur laquelle ils marchent. 

  

Sur laquelle ils marchent, et dont ils sont issus, si l’on en croit les cosmogonies de la Terre-Mère. Il en est de même d’une certaine monnaie d’or découverte lors des travaux de percement du métro et qui disparut quelques mois plus tard. 

  

Enfin, si vous souhaitez explorer de nouveaux territoires toulousains et partir à la chasse aux trésors patrimoniaux, nul besoin d’être un fin pisteur. Tout est à disposition sur Urban-Hist. J’ai dit ! 

La sculptrice Paqui Chaumel jeune, photographiée par sa mère Germaine, années 1940. Germaine Chaumel - Mairie de Toulouse, Archives municipales, Fonds Martinez-Chaumel, 97Fi, nc.

Archi-femmes


mars 2025

Il y a bientôt trente ans, j’entrais en salle de cours du Département Archives et Médiathèque de l’Université de Toulouse Le Mirail et constatais avec surprise que l’assemblée était à 99 % composée de femmes. M’apparaissait alors les membres d’un ordre archivistique, presque exclusivement féminin, au vocabulaire ésotérique émaillé de « versement », « récolement » et autre « diplomatique ». Je compris que la vocation de cette communauté était la préservation du Patrimoine qui portait bien son nom, tant il émanait principalement d’hommes. Ce statut de gardiennes du temple patriarcal ne pouvait que révolter les intéressées qui se mobilisèrent. Ainsi, de nombreux fonds d’archives féminines ont depuis intégré nos institutions ; une grande collecte sur cette thématique a d’ailleurs été organisée en 2018. Mais comme un combat n’est jamais gagné le n°162 d’Arcanes, se devait, en ce mois de mars, de rendre hommage à ces femmes.

« Être une femme libérée, tu sais, c’est pas si facile » aurait pu dire la photographe Germaine Chaumel (dont nous conservons les clichés depuis 2012), elle qui a toujours suivi ses passions. Divorcée à l’âge de 28 ans, elle se lance dans une carrière de chanteuse lyrique puis bifurque vers la photographie au mitan des années 1930. Etoile montante du photojournalisme local, participant à la fondation du Cercle photographique des XII, elle a laissé une marque indélébile sur la scène toulousaine.

Pour continuer sur la lancée des tubes des années 1980, on pourrait résumer le parcours de la nommée Varenne par « Je suis libre, je suis Catin ». C’est en effet le surnom que se donna Catherine-Elisabeth, femme de tête, qui vécut à la fin du 18e siècle et qui ne s’en laissait conter par personne. Les démêlés qu’elle eut avec la loi et qui figurent dans les procédures judiciaires des capitouls nous ont permis de la connaître.

Comme elle, nombreuses sont les féministes qui se sont mises hors la loi, et longtemps leurs archives sont restées hors les murs. A présent, nous conservons dans nos fonds pas moins de six ensembles provenant d’associations (MLF Toulouse, collectif Midi-Pyrénées pour les droits des femmes, Badgam Espace Lesbien) ou de personnalités (Monique-Lise Cohen, Irène Corradin, Marie-France Brive) illustrant ce mouvement politique et sociétal.

Archi-femmes ce pourrait-être aussi le nom de ces femmes architectes qui, au cours du 20e siècle, ont conçu nombre de bâtiments de notre ville : la Cité Bagatelle, l’Hôtel du département, le Théâtre Garonne, etc. Longtemps invisibilisées ou dans l’ombre d’un mari exerçant la même profession, les Marguerite Moinault, Marie-Louise Cordier ou Denise Scott-Brown sortent enfin de l’ombre.

De l’ombre à la lumière, c’était également le chemin promis aux prostituées qui intégraient, sous l’Ancien Régime, le couvent des Repenties situé rue des Couteliers. Hélas, il s’agissait simplement d’un transfert d’une prison vers une autre.

En revanche, c’est vers de nouveaux horizons, et surtout de nouvelles ressources en ligne, que nous vous invitons. Elles concernent toutes les femmes, productrices, donatrices, sujettes et actrices, de l’Ancien Régime à nos jours, et sont disponibles sur notre site.